Liban : un an après l'explosion de Beyrouth, Emmanuel Macron espère réunir 350 millions de dollars d'aide

Liban : un an après l'explosion de Beyrouth, Emmanuel Macron espère réunir 350 millions de dollars d'aide
Le port de Beyrouth, Liban, le 27 juillet 2021.

publié le mercredi 04 août 2021 à 08h38

Le président français réunit mercredi 4 août les principaux acteurs de la communauté internationale, un an jour pour jour après l'explosion du port de Beyrouth, pour apporter une nouvelle aide d'urgence aux Libanais alors que le pays s'enfonce dans la pire crise économique de son histoire.

Un an jour jour après l'explosion de Beyrouth, il est urgent d'agir. La France et l'ONU organisent mercredi 4 août une nouvelle conférence internationale de "soutien à la population libanaise", qui réunira, sous l'égide d'Emmanuel Macron et de la vice-Secrétaire générale de l'ONU Amina Mohammed, les représentants d'une quarantaine d'Etats et d'organisations internationales dont le président américain, Joe Biden, le chef de l'Etat égyptien, Abdel Fatah al-Sissi, le roi de Jordanie, Abdallah II, et le président libanais, Michel Aoun en visioconférence.




Cette conférence vise à répondre aux "nouveaux besoins" d'urgence de la population, estimés à 350 millions de dollars par les Nations unies, dans les domaines alimentaire, de la santé, de l'éducation et de l'assainissement de l'eau, explique-t-on à l'Elysée.

Une aide de 280 millions d'euros a déjà été mobilisée en 2020 lors des deux premières conférences internationales organisées par la France, ex-puissance mandataire, au lendemain de la tragédie du port. 

"Un an après le drame, le Liban peut continuer à compter sur la solidarité de la France", a twitté le président français. 




Triple crise politique, économique et sanitaire

Le pays est à genoux un an après l'explosion - classée parmi les plus grandes déflagrations non nucléaires - qui a tué plus de 200 personnes, défiguré une partie de la capitale et traumatisé durablement les Libanais. Il est pris au piège d'une triple crise politique, économique - l'une des pires à l'échelle mondiale depuis 1850, selon la Banque Mondiale, avec des pénuries de carburant, médicaments et des coupures d'électricité jusqu'à 22 heures par jour en pleine chaleur estivale- et sanitaire liée au Covid-19.

L'aide structurelle nécessaire à la sortie de crise reste pour sa part subordonnée à la formation d'un gouvernement et à la mise en oeuvre de réformes, que la communauté internationale réclame en vain depuis des mois. Le pays est sans gouvernement depuis la démission de Hassan Diab et de son équipe au lendemain de l'explosion. Les dirigeants libanais, enfermés dans d'interminables marchandages politiques, sont restés depuis sourds à toutes les menaces de sanctions, notamment de Paris.

Le nouveau Premier ministre désigné le 26 juillet, Najib Mikati, a promis de former sans délai un gouvernement. Mais il n'a pas réussi à le faire avant la date anniversaire de l'explosion, le 4 août, comme il l'aurait "souhaité".

Macron exaspéré

Le président Macron, qui s'est rendu à deux reprises en un mois au Liban après l'explosion pour tenter d'arracher un compromis aux responsables politiques, ne cache plus son exaspération. "J'ai honte" pour les dirigeants libanais, a-t-il lancé. Joignant le geste à la parole, Paris a restreint l'accès au territoire français de plusieurs personnalités libanaises, sans toutefois dévoiler lesquelles. "C'est une première étape, ceux qui sont visés le savent et la pression va continuer à monter", assure la présidence française, se disant prête à aller plus loin.

La conférence "sera l'occasion de mettre une fois de plus les leaders politiqus libanais devant leurs responsabilités", souligne-t-elle encore. L'Union européenne a annoncé vendredi être en mesure d'imposer des sanctions ciblées aux dirigeants responsables du blocage politique. La France et les Etats-Unis ont promis de "faire pression" ensemble. "S'ils le veulent, ils peuvent le faire", martèle Paris.

"Il n'y a toujours aucun progrès dans la formation d'un gouvernement ou dans la mise en œuvre de réformes urgentes. Compte tenu de la détérioration dramatique de la situation économique, c'est irresponsable", regrette également le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

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