Liban: les lycéens ratent les cours pour continuer à manifester

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Des lycéens libanais manifestent devant le ministère de l'Education, à Beyrouth, le 8 novembre 2019
Des lycéens libanais manifestent devant le ministère de l'Education, à Beyrouth, le 8 novembre 2019
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© AFP, ANWAR AMRO

AFP, publié le vendredi 08 novembre 2019 à 12h40

Des milliers de lycéens libanais ont raté les cours vendredi, se mobilisant pour le troisième jour consécutif afin de garder intacte la contestation qui secoue le pays depuis plusieurs semaines et accuse la classe politique d'être corrompue et incompétente.

A Beyrouth, plusieurs milliers de lycéens se sont rassemblés devant le ministère de l'Education, brandissant des drapeaux libanais et allumant des fumigènes de toutes les couleurs, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Vous êtes l'imparfait, nous sommes le futur", pouvait-on lire sur une pancarte tenue par plusieurs jeunes filles.

"Quel est le problème si on perd une année scolaire au lieu de perdre tout notre avenir ?", s'insurge Qamar, une jeune adolescente. "Je ne veux pas étudier au Liban pour ensuite devoir partir à l'étranger."

L'émigration est un phénomène que connaissent toutes les familles libanaises dans un pays où selon la Banque mondiale plus de 30% des jeunes sont au chômage.

Vendredi, les jeunes sont également descendus dans les rues à Tripoli, deuxième ville du pays dans le nord, mais aussi à Saïda, ville côtière dans le sud, ou encore à Baalbek dans l'est, bastion du mouvement chiite du Hezbollah.

Depuis le 17 octobre, des centaines de milliers de Libanais se sont mobilisés à travers le pays, dénonçant des services publics inexistants et les politiques d'austérité que les dirigeants ont tenté de faire adopter dans un pays en proie à une grave crise économique.

A Beyrouth et dans les autres villes du pays, les manifestants s'organisent de mieux en mieux, ralliant de nouvelles catégories sociales avec des initiatives visant à préserver l'ampleur de la mobilisation.

Vendredi matin, plusieurs dizaines de manifestants, dont des officiers de l'armée à la retraite, ont marché jusqu'au port de Beyrouth, entravant brièvement son entrée.

Zeid Hamdan dénonce des taxes douanières élevées mais aussi les "pots-de-vin" qui doivent être payés pour réussir à faire sortir toute cargaison du port. "Ca reste bloqué pendant plusieurs semaines. Il faut des connexions", assure-t-il.

Le soulèvement a entraîné la démission le 29 octobre du Premier ministre Saad Hariri et de son gouvernement --qui continue toutefois de gérer les affaires courantes.

Mercredi, la Banque mondiale a estimé que le plus "urgent" était "la formation rapide d'un gouvernement correspondant aux attentes de tous les Libanais".

En cas d'impasse persistante, la moitié de la population pourrait sombrer dans la pauvreté et le chômage "augmenter fortement", a averti l'institution. Environ un tiers des Libanais vit déjà sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.

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