Liban : le Hezbollah revendique la victoire aux législatives

Liban : le Hezbollah revendique la victoire aux législatives
Des partisans du Hezbollah célèbrent la victoire électorale du mouvement à Marjayoun.

leparisien.fr, publié le mardi 08 mai 2018 à 09h07

Le mouvement chiite, principal allié de l'Iran dans la région, a remporté le scrutin au détriment du Premier ministre sunnite, Saad Hariri. Il conforte ainsi sa mainmise sur le pays.

Le chef du puissant mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, a revendiqué lundi soir la victoire aux élections législatives de dimanche.

« C'est une grande victoire morale et politique pour la Résistance », a-t-il lancé lors d'un discours télévisé, désignant son mouvement par un surnom faisant référence à sa lutte contre Israël. « Nous pouvons dire aujourd'hui [...] que l'objectif a été réalisé », a-t-il ajouté, sans préciser combien des 128 sièges du Parlement son parti et ses alliés avaient remportés.

Des habitants de Marjayoun regardent le discours télévisé d'Hassan Nasrallah (Reuters/Aziz Taher).

Le discours triomphaliste du leader chiite contrastait avec celui de son grand rival, le Premier ministre sunnite Saad Hariri. Ce dernier a indiqué que son mouvement, Le Courant du Futur, avait perdu le tiers de ses sièges, passant de 33 à 21 députés. « Nous avions parié sur un meilleur résultat et un bloc plus large », a-t-il admis lors d'une conférence de presse.

Le revers du camp Hariri, soutenu par l'Arabie saoudite, intervient six mois après le feuilleton de sa démission surprise depuis Riyad, qui avait suscité une vaste mobilisation populaire et diplomatique. Mécontente des compromis du Premier ministre vis-à-vis du Hezbollah pro-iranien, l'Arabie saoudite l'avait finalement laissé rentrer sous les vivats au Liban.

La conférence de presse du Premier ministre Saad Hariri lundi à Beyrouth (AFP/Dalati et Nohra).

Vers un renouvellement des alliances

« Le Hezbollah est bien parti pour avoir une grande influence dans le processus décisionnel (au Liban. NDLR) », confirme le politologue Karim el-Mufti. Selon lui, « la reconduction de M. Hariri au poste de chef de gouvernement n'est pas menacée ».

Le Hezbollah devrait conforter sa position majoritaire en renouvelant son alliance avec le parti chrétien du président Michel Aoun et la formation chiite Amal. Il éviterait ainsi l'ouverture de certains dossiers sensibles, comme celui de son arsenal militaire, auquel il n'a jamais renoncé après la guerre civile (1975-1990).

La formation chrétienne du président Aoun dominerait une coalition de 29 sièges, selon un chiffre dévoilé par le parti, confortant son rôle d'arbitre. « Le plus grand acteur sera le groupe du président Aoun, qui évoluera parmi les blocs non alignés, et le Hezbollah bénéficiera de ce fait de l'absence d'une large coalition (face à lui) », explique le politologue Imad Salamey.

Liban : participation décevante aux législatives

Cette tendance semble confortée par des résultats dévoilés en soirée par le ministère de l'Intérieur en conférence de presse. Le dépouillement n'est toutefois pas terminé dans une circonscription.

Ces législatives, les premières depuis 2009, ont été marquées par un faible taux de participation (49,2 %), dans un climat de désenchantement au sein de la population confrontée à une classe politique accusée de corruption et de népotisme.

Pour l'Iran, une « victoire » contre Israël et Washington Un haut responsable iranien a salué la victoire du mouvement chiite Hezbollah aux législatives libanaises. « Cette victoire complète les succès militaires. Le peuple libanais et ses représentants, à savoir le Hezbollah et les autres groupes de la résistance, l'ont emporté dans la lutte face à Israël et à ses alliés, notamment les Etats-Unis », a déclaré Ali Akbar Velayati, conseiller pour les affaires internationales auprès de l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique, selon la télévision d'Eta iranienne.

Faisant référence à l'engagement militaire du Hezbollah en Syrie au côté du pouvoir de Bachar al-Assad, le responsable iranien a estimé que le résultat du scrutin libanais consacre également la « victoire [...] de l'aide déterminante à la Syrie face aux terroristes ». « Cette victoire du peuple libanais et de la résistance [...] est une approbation de la politique du gouvernement libanais pour préserver l'indépendance du Liban [...] face à Israël », a-t-il affirmé.

Il a affirmé que le « poids du Front de la résistance va être considérablement renforcé dans le monde » après cette élection et les législatives du 12 mai en Irak. Dans la terminologie de la République islamique, le « Front de la résistance » désigne l'Iran, la Syrie, l'Irak, le Hezbollah libanais et les groupes islamistes palestiniens proches de l'Iran. Le Hezbollah a été créé en 1982 avec l'appui des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran.

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