Les Texans se recueillent après le carnage dans un lycée

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Des personnes se recueillent au lendemain de la fusillade de Santa Fe (Texas) le 19 mai 2018
Des personnes se recueillent au lendemain de la fusillade de Santa Fe (Texas) le 19 mai 2018
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© AFP, Brendan Smialowski
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AFP, publié le dimanche 20 mai 2018 à 21h26

Recueillis à l'église, unis au stade de baseball, les Texans exprimaient leur tristesse et une forme de fatalisme dimanche, deux jours après la mort de huit élèves et deux enseignants sous les balles d'un tireur adolescent dont les motifs restent flous.

Alors que les enquêteurs cherchent à comprendre pourquoi Dimitrios Pagourtzis est passé à l'acte, les premières funérailles ont lieu dimanche après-midi près de Santa Fe, où s'est déroulé cet énième drame endeuillant une école américaine.

Il s'agit d'une cérémonie pour Sabika Sheikh, 17 ans comme le tireur, brillante élève Pakistanaise qui participait à un échange universitaire.

Au total, 10 personnes ont été tuées et 13 autres blessées vendredi sous les balles de leur camarade, qui s'est servi d'armes détenues légalement par son père.

"Nous sommes là pour vous soutenir", a déclaré le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, avant le début d'une messe rassemblant quelque 500 personnes à l'Arcadia First Baptist Church tout près du lycée où fleurs, messages et peluches ont été déposés.

"Quel que soit ce dont vous ayez besoin, faites-le nous savoir. Que Dieu vous bénisse", a-t-il poursuivi en échangeant avec des survivants, comme Joshua Stevens, 15 ans.

"Je suis juste content qu'il veuille qu'on prie ensemble. C'est important qu'après un évènement tragique comme celui-ci, on se réunisse et on prie", a-t-il expliqué à l'AFP.

La veille, c'est autour du baseball, autre religion du Texas, que s'était réunie la petite communauté rurale meurtrie. 

Environ un millier de personnes ont assisté à un match de l'équipe du lycée, les Santa Fe Indians, dont l'un des meilleurs joueurs, touché à la tête, a miraculeusement survécu à la fusillade. 

Face à la prouesse des jeunes joueurs capables de disputer leur match, moins de 48h après le drame, Emma Clark, en terminale, expliquait à l'AFP: "Je sens bien qu'ils sont affectés, mais ça les a rendus plus forts".

- Détecteur de métaux au lycée -

Greg Abbott, qui après des échanges avec les fidèles de plusieurs églises est allé déposer des fleurs devant le lycée, a affirmé s'être entretenu avec une centaine d'habitants de Santa Fe, région des Etats-Unis où les armes sont reines.

Ils veulent "qu'on améliore la sécurité dans nos écoles, qu'on contrôle mieux les entrés et les sorties dans les écoles", a-t-il dit évoquant des détecteurs de métaux. 

Cette option était justement appuyée par Oliver North, futur dirigeant du lobby pro-armes NRA sur la chaîne Fox News. "Si vous voulez stopper le carnage, vous n'allez pas le faire en privant des citoyens respectueux de la loi de leurs droits" de porter des armes, a-t-il martelé.

Le gouverneur-adjoint du Texas Dan Patrick, a lui repris à son compte une idée défendue par le président Trump après la fusillade du lycée de Parkland où 17 personnes ont péri dans des circonstances similaires il y a trois mois.

"Nous avons besoin de professeurs armés -- entraînés bien sûr, pas juste quelqu'un qui possède une arme, entraînés à faire face aux tireurs dans des écoles", a-t-il déclaré sur CNN.

"Il faut réduire le nombre de portes d'entrées à une ou deux dans nos écoles", a-t-il ajouté.

Monica Bracknell, lycéenne de 18 ans, partage l'idée de ces responsables politiques selon laquelle un accès plus restreint aux armes à feu n'aurait pas empêché le drame.

"Ce gamin était clairement instable et il savait qu'il y avait des défauts dans le système de l'école qui lui ont permis d'accéder (armé) aux salles de classe", a-t-elle expliqué à l'AFP.

- La famille "désorientée" -

On sait peu de choses de Dimitrios Pagourtzis, dont la famille elle-même a affirmé dans un communiqué être "aussi choquée et désorientée que tout le monde". Le massacre leur semble "incompatible avec le garçon qu'(ils) aiment".

La mère d'une des victimes a affirmé que sa fille Shana Fisher, tout juste 16 ans, repoussait depuis des mois les avances du tireur. Elle lui "a finalement tenu tête (...) et voilà le résultat", a raconté Sadie Baze en s'effondrant en larmes devant les caméras.

Le suspect encourt la peine de mort et selon le juge de comté de Galveston Mark Henry, "a affirmé dans un communiqué avoir agi seul". Il doit être présenté à un autre juge lundi.

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