Les parents du petit Alfie à nouveau déboutés par la justice britannique

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Des soutiens de la famille du petit Alfie devant l'hôpital pour enfants Alder Hey à Liverpool dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 23 avril 2018
Des soutiens de la famille du petit Alfie devant l'hôpital pour enfants Alder Hey à Liverpool dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 23 avril 2018
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© AFP, Paul ELLIS

AFP, publié le mercredi 25 avril 2018 à 21h05

La justice britannique a rejeté mercredi un nouveau recours des parents du petit Alfie, demandant de pouvoir transférer en Italie leur bébé dans un état semi-végétatif et dont les médecins britanniques ont décidé l'arrêt du traitement.

Les appels introduits séparément par le père et la mère du bébé de 23 mois, qui bénéficient du soutien du pape et du gouvernement italien, "doivent être rejetés", a déclaré le juge Andrew McFarlane, de la Haute Cour de Londres.

"C'est affreux pour toutes les personnes concernées", a-t-il déploré. 

L'audience de mercredi constituait une nouvelle étape d'une longue bataille judiciaire opposant les parents du bébé de presque deux ans à l'équipe médicale de l'hôpital pour enfants Alder Hey à Liverpool (nord-ouest de l'Angleterre) où il est hospitalisé depuis décembre 2016. 

Selon cet établissement, l'enfant né le 9 mai 2016 est atteint d'une pathologie neurodégénérative rare et pour laquelle il n'existe pas de traitement. Il estime qu'il est dans son intérêt de ne pas poursuivre les soins.

Paul Diamond, l'avocat de Tom Evans, le papa d'Alfie, a indiqué durant l'audience que les parents ne recherchaient pas "un traitement miracle en Italie", mais "simplement les soins palliatifs nécessaires".

Lundi soir, l'assistance respiratoire avait été retirée à Alfie, avant d'être réinstallée vingt heures plus tard. Ce qui selon son père prouve qu'il peut respirer seul et que son état de santé est "significativement meilleur" qu'évalué.

Mardi, Paul Diamond, membre du Christian Legal Centre, un groupe qui vise à "protéger la liberté des chrétiens de vivre selon leurs croyances", avait demandé au juge de revoir sa position et de permettre aux parents d'emmener leur fils en Italie où des hôpitaux ont proposé de l'accueillir.

La requête a été rejetée par le juge Anthony Hayden de la Haute cour de Manchester (nord-ouest de l'Angleterre), qui a estimé que le dossier d'Alfie avait atteint son "chapitre final", malgré les meilleurs soins prodigués à l'enfant. 

Il a autorisé le placement du petit garçon dans un autre service hospitalier, dans un hospice ou son retour au domicile de ses parents. Mais ces derniers avaient décidé de faire une nouvelle fois appel, devant la Haute Cour de Londres.

La Haute Cour, la Cour d'appel et la Cour suprême britanniques ont à chaque fois statué en faveur de l'équipe médicale. La Cour européenne des droits de l'homme a également rejeté la requête des parents.

- "Très vulnérable" -

"Alfie est bien sûr très vulnérable maintenant et tout le monde est bouleversé", a réagi auprès de l'AFP Andrea Williams, directrice du Christian Legal Center qui a soutenu l'appel. "Ses parents sont d'une grande ténacité et croient passionnément en la vie et dans le fait de donner à Alfie la chance de vivre avec les soins appropriés le plus longtemps possible". 

Au-delà de l'aspect médical, le cas du petit Alfie pose des questions éthiques, comme, en France, l'affaire Vincent Lambert, ou au Royaume-Uni, l'affaire Charlie Gard, un petit garçon atteint d'une maladie génétique rare, décédé en juillet 2017. Il a provoqué de nombreuses réactions, notamment dans les cercles religieux.

Le pape François lui-même a manifesté à plusieurs reprises son soutien aux parents du petit Alfie.

"Emu par les prières et l'immense solidarité qui sont témoignées au petit Alfie Evans, je renouvelle mon appel à ce que les souffrances des parents soient entendues et que leur désir de chercher de nouvelles formes de traitement soit exaucé", a-t-il écrit lundi sur Twitter.

A Rome, la directrice de l'hôpital pour enfants Bambino Gesù a annoncé qu'un avion médicalisé fourni par le ministère italien de la Défense était prêt à décoller d'Italie pour aller chercher l'enfant, qui s'est vu attribuer la nationalité italienne.

L'hôpital Gaslini à Gênes s'est également dit prêt à l'accueillir.

"Il pourrait déjà être en Italie à l'heure qu'il est", a regretté mardi Tom Evans, ajoutant: "je n'abandonne pas car Alfie respire, il ne souffre pas".

Mais pour l'hôpital de Liverpool, "la priorité absolue de l'hôpital est de veiller à ce qu'Alfie reçoive les soins nécessaires au maintien de son bien-être, de sa dignité et de sa vie privée", a affirmé mardi un porte-parole de l'établissement.

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