Les Palestiniens annoncent le gel des rencontres avec les Etats-Unis, Washington minimise

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 Une photo du bureau de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) à Washington, le 21 novembre 2017

Une photo du bureau de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) à Washington, le 21 novembre 2017

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© AFP, SAUL LOEB
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AFP, publié le mardi 21 novembre 2017 à 23h47

Des responsables palestiniens ont annoncé mardi le gel des rencontres avec les officiels américains à la suite d'une querelle avec l'administration Trump sur l'avenir de la représentation palestinienne à Washington, que les Etats-Unis ont tenté de minimiser.

Au même moment, les principaux groupes palestiniens se sont réunis au Caire pour prolonger la dynamique de leur projet de réconciliation malgré la persistance de différends fondamentaux, sans qu'apparaisse clairement l'impact que pourrait avoir la dispute avec Washington sur cette entreprise de rapprochement.

La réalité du gel des contacts avec les responsables américains reste à confirmer.

La porte-parole du département d'Etat américain Heather Nauert a présenté comme "très technique" la décision de fermer le bureau de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), sorte d'ambassade palestinienne aux Etats-Unis. "Nous sommes en contact avec les responsables palestiniens au sujet du statut du bureau de l'OLP" et, "au-delà, au sujet de nos efforts en faveur d'un processus de paix global et durable", a-t-elle assuré à Washington.

"Des discussions sont en cours", "de notre point de vue les contacts ne sont pas gelés", a-t-elle insisté.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a pourtant évoqué un gel des rencontres. Et, selon un porte-parole de l'OLP, Achraf Khatib, le président palestinien Mahmoud Abbas a donné pour instruction de "couper les lignes de communication avec les Américains".

Mais au même moment, le président Abbas lui-même évoquait en Espagne, sur un ton plus conciliant, les "efforts américains continus" en faveur de la paix et affirmait sa volonté de parvenir à un accord avec Israël "sous les auspices du président Donald Trump".

- Efforts de paix enlisés -

L'administration américaine a invoqué un texte du Congrès américain pour justifier la fermeture, tout en soulignant que la loi permet à Donald Trump de passer outre sous 90 jours si les dirigeants palestiniens s'engagent dans des "négociations directes et sérieuses avec Israël". Le département d'Etat a toutefois démenti l'interprétation selon laquelle sa décision était vouée à faire pression sur les Palestiniens en ce sens.

Laissant libre cours à son dépit, le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina, a lui estimé que Washington se "disqualifiait du rôle de médiateur".

L'entreprise de paix est enlisée depuis plus de trois ans. M. Trump est arrivé à la Maison Blanche en proclamant haut son rêve de présider à l'accord "ultime" entre Israéliens et Palestiniens. Depuis janvier, il laisse quelques émissaires très proches, dont son gendre Jared Kushner, opérer dans le plus grand secret, sans qu'on sache quand un plan pourrait être présenté.

En parallèle et après une décennie de dissensions délétères, les anciens frères ennemis palestiniens ont conclu le 12 octobre un accord de réconciliation remarqué.

Le mouvement islamiste Hamas doit transférer d'ici au 1er décembre à l'Autorité palestinienne, dominée par le Fatah laïc, les pouvoirs dans la bande de Gaza.

Le Hamas a évincé le Fatah de Gaza par les armes en 2007. Depuis, l'Autorité ne gouverne plus, avec les restrictions imposées par l'occupation israélienne, que sur des fragments de la Cisjordanie, distante de Gaza de quelques dizaines de kilomètres.

La passation de pouvoirs verrait le Hamas, considéré comme "terroriste" par Israël et les Etats-Unis et infréquentable par une partie de la communauté internationale, céder la place à une entité reconnue internationalement et censée préfigurer un Etat indépendant.

L'ONU veut croire que cela favorisera la réapparition d'une perspective de règlement avec Israël. Quelque deux millions de Gazaouis affligés par les guerres, la pauvreté et l'enfermement espèrent un desserrement des blocus israélien et égyptien.

- Discussions au Caire -

"On n'a pas le droit de laisser ce processus échouer. Si tel est le cas, cela aura très probablement pour résultat un autre conflit dévastateur", a prévenu l'envoyé spécial de l'ONU Nickolay Mladenov.

Gaza a connu trois guerres avec Israël depuis 2008.

Au Caire, les délégations du Hamas, du Fatah et de onze autres groupes devaient se retrouver pour poursuivre les discussions et préserver l'élan de la réconciliation.

Sur le terrain, les Gazaouis attendent toujours des progrès tangibles. M. Abbas n'a pas levé les sanctions financières infligées en 2017 pour forcer le Hamas à passer la main.

La question cruciale du sort de la branche armée du Hamas, réputée forte de 25.000 hommes avec plusieurs milliers de roquettes, reste en suspens.

Or, l'Autorité exclut d'assumer les responsabilités civiles à Gaza sans tenir les leviers sécuritaires. Hors de question de rendre les armes, répète le Hamas, qui se pose en champion de la résistance contre Israël.

Différents experts s'attendent à ce que les délégués au Caire contournent les motifs de discorde pour garder la réconciliation sur les rails. 

Israël et les Etats-Unis ont énoncé leurs conditions pour traiter avec un éventuel gouvernement d'union Fatah-Hamas: reconnaissance d'Israël, renoncement à la violence, désarmement du Hamas. 

 
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