Les juifs de Slovaquie espèrent que la visite du pape améliorera les relations avec les catholiques

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Une étoile de David au Mémorial de l'Holocauste, le 9 septembre 2021 à Bratislava, en Slovaquie
Une étoile de David au Mémorial de l'Holocauste, le 9 septembre 2021 à Bratislava, en Slovaquie
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© AFP, VLADIMIR SIMICEK

publié le samedi 11 septembre 2021 à 17h30

Les dirigeants juifs espèrent que la visite du pape François en Slovaquie cette semaine contribuera à améliorer les relations entre les catholiques et les juifs dans ce pays marqué par la collaboration avec les nazis, où l'antisémitisme reste présent.

Sous les ordres d'un régime fantoche nazi dirigé par un prêtre catholique Josef Tiso, des dizaines de milliers de juifs slovaques ont été déportés et tués pendant la Seconde Guerre mondiale et la communauté autrefois florissante ne compte plus aujourd'hui qu'environ 2.000 personnes.

Le pape François doit rencontrer des membres de cette communauté, y compris des survivants de l'Holocauste, lundi sur la place Rybne, dans un quartier traditionnel juif de Bratislava, où se trouvait autrefois une synagogue.

"Nous avons d'abord pensé que Sa Sainteté ne rencontrerait que les autorités juives les plus hautes, quelque part dans un bureau", a indiqué Richard Duda, président de l'Union centrale des communautés juives de Slovaquie.

"Nous avons été positivement surpris quand le Vatican a annoncé que le pape François se rendrait sur la place Rybne, un lieu très symbolique et émouvant pour notre communauté", a-t-il déclaré à l'AFP.

Selon lui, la place est un symbole de cohabitation pacifique des communautés catholique et juive. Pendant des siècles, il y avait deux lieux de culte - la cathédrale Saint-Martin et une synagogue, démolie par le gouvernement communiste en 1969 pour faire place à un pont. 

Un mémorial érigé sur cette place en 1996 commémore les 105.000 victimes de l'Holocauste en Slovaquie.

Moins de 300 survivants sont restés dans le pays, à l'issue de la guerre. 

"C'était notre priorité de donner une chance aux survivants de l'Holocauste de voir le pape François. Je pense que ce sera un moment symbolique et fort pour eux, car ces personnes ont souffert toute leur vie", a encore déclaré M. Duda.

"Nous nous attendons à ce que le pape pose une nouvelle brique dans la construction du dialogue judéo-catholique, pour le rendre plus intense", a-t-il dit.

Le niveau d'antisémitisme en Slovaquie reste élevé. 

Une étude publiée l'an dernier par Globsec, un groupe de réflexion slovaque, a révélé que 51% des Slovaques estiment que "les Juifs ont trop de pouvoir et contrôlent secrètement les gouvernements et les institutions du monde entier". 

Il s'agit du niveau le plus élevé des 10 pays d'Europe centrale et orientale étudiés. 

- 'Etape positive' -

Les juifs slovaques ont été persécutés pendant une grande partie du 20e siècle. 

Après la création en 1939 de la première République slovaque, un pays totalitaire satellite de l'Allemagne nazie, plusieurs lois antijuives ont été adoptées et ont servi de base aux déportations.

Le Président Jozef Tiso a accepté d'envoyer des dizaines de milliers de juifs dans les camps de la mort allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après la guerre, la plupart des survivants ont émigré ou ont caché leur identité juive. 

Sous le communisme, les juifs ont été poursuivis et emprisonnés pour des crimes sionistes présumés, et le régime a interdit de pratiquer leur religion. 

La Révolution de velours en 1989 a été une étape positive pour la communauté juive avec l'introduction de la liberté de culte.

Ce n'est que jeudi que Bratislava a présenté ses excuses officielles pour l'héritage sombre de l'époque Tiso. 

"Le gouvernement slovaque se sent en devoir moral d'exprimer publiquement ses regrets pour les crimes commis par le pouvoir en place à l'époque,", lit-on la déclaration officielle.

"Cette déclaration adoptée par le gouvernement est certainement une bonne nouvelle et une étape positive," a déclaré à l'AFP Ivica Bumova, historienne à l'Université Comenius de Bratislava.

"Chaque excuse est un pas en avant dans la condamnation des actes anti-juifs de notre histoire. Elle aurait peut-être dû venir plus tôt, mais l'important est qu'elle ait été formulée".

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