Washington prêt à parler à Pyongyang "sans condition préalable", selon Tillerson

Washington prêt à parler à Pyongyang "sans condition préalable", selon Tillerson

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson à Washington le 12 décembre 2017

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AFP, publié le mercredi 13 décembre 2017 à 12h08

Les Etats-Unis sont prêts à entamer des discussions avec la Corée du Nord "sans condition préalable", même s'ils restent déterminés à obtenir par tous les moyens, y compris militaires, que Pyongyang renonce à l'arme nucléaire, a déclaré mardi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.

La Russie et la Chine ont salué mercredi ses déclarations qui semblent assouplir la position de Washington, même si la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Huckabee Sanders a assuré mardi que le président Donald Trump "n'a pas changé de position sur la Corée du Nord".

Elle n'a pas précisé cette position. Par le passé M. Tillerson s'était fait publiquement rabrouer par M. Trump pour avoir évoqué l'existence de "canaux de communication" pour "sonder" les intentions du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un en vue d'un éventuel dialogue. "Il perd son temps à négocier", avait tweeté M. Trump début octobre.

Le Kremlin a salué un changement de ton "constructif" de Washington avec des déclarations "beaucoup plus satisfaisantes que la rhétorique de confrontation que nous entendions jusque là", selon son porte-parole Dmitri Peskov.

La Chine, en termes toutefois plus mesurés que Moscou, a pris note des déclarations de M. Tillerson et espéré que les Etats-Unis et la Corée du Nord vont entreprendre "des pas significatifs vers le dialogue", selon le porte-parole des Affaires étrangères Lu Kang. 

Au moment-même où M. Tillerson faisait cette annonce, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a, lui, alimenté la guerre des mots de ces derniers mois en assurant vouloir faire de son pays "la puissance nucléaire et militaire la plus forte au monde".

Cela n'empêche pas Pyongyang d'être "d'accord pour considérer qu'il est important d'éviter une guerre avec les Etats-Unis", selon le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires politiques, l'Américain Jeffrey Feltman.

Le responsable de l'ONU a rendu compte mardi à huis clos au Conseil de sécurité de l'ONU de son séjour la semaine dernière en Corée du Nord, à l'issue duquel Pyongyang avait accusé les Etats-Unis de "chantage nucléaire".

Jusqu'ici, l'administration de Donald Trump avait toujours affirmé que d'éventuelles négociations avec la Corée du Nord ne pourraient se tenir, à terme, qu'à condition d'avoir comme objectif la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

"Il n'est pas réaliste de dire +nous allons discuter avec vous seulement si vous venez à la table des négociations prêts à abandonner votre programme+" nucléaire, a nuancé mardi Rex Tillerson lors d'une conférence à Washington. "Ils ont bien trop investi là-dedans", a-t-il estimé au sujet du développement de missiles intercontinentaux et d'armes nucléaires par le régime de Pyongyang.

- 'Sans condition préalable' -

"Nous sommes prêts à discuter dès que la Corée du Nord voudra discuter", a-t-il poursuivi. "Nous sommes prêts à tenir une première réunion sans condition préalable".

M. Tillerson, qui s'exprimait lors d'une séance de questions-réponses, n'avait pas fait référence à l'absence de condition préalable dans son discours préparé à l'avance. Mais il avait rappelé que l'objectif américain restait bien d'obtenir, coûte que coûte, l'abandon "vérifiable" des armes nucléaires par la Corée du Nord.

"Rencontrons-nous, parlons de la météo si vous voulez, ou discutons pour savoir s'il faut une table carrée ou ronde si c'est ce qui vous fait plaisir. Mais au moins voyons-nous face à face et ensuite on pourra commencer à établir une feuille de route de ce vers quoi nous voudrions aller", a-t-il encore détaillé.

"Je vais poursuivre nos efforts diplomatiques jusqu'à ce que la première bombe soit lâchée", a par ailleurs lancé M. Tillerson tout en se disant "confiant" dans la réussite de la "campagne de pression" internationale visant à sanctionner et isoler Pyongyang. 

"Comme toujours dans la diplomatie", "nous avons une présence militaire forte derrière nous": "si la Corée du Nord fait de mauvais choix, nous sommes prêts militairement", a-t-il aussi prévenu, estimant que les Etats-Unis ne pouvaient "simplement pas accepter une Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire".

Donald Trump a plusieurs fois menacé de "détruire totalement" la Corée du Nord en cas d'attaque de la part du régime de Kim Jong-Un.

Selon le chef de la diplomatie américaine, si les Nord-Coréens ne renoncent pas à leurs ambitions nucléaires, "ils risquent de franchir un seuil à partir duquel nous, les diplomates, ne pourrons plus rien faire". "Si nous franchissons ce seuil, j'aurais échoué. Et je ne veux pas échouer", a insisté Rex Tillerson.

"Ce serait difficile de parler si au milieu de notre discussion vous décidez de tester un autre engin", a-t-il cependant dit à l'intention de Pyongyang, qui a tiré le 28 novembre son dernier missile capable selon des experts d'atteindre le territoire continental des Etats-Unis.

 
6 commentaires - Washington prêt à parler à Pyongyang "sans condition préalable", selon Tillerson
  • Pourquoi ce revirement de l'attitude américaine ? Pourquoi ces propositions d'ordre du jour futiles ?
    Pourquoi ? Pour ne pas dire que la cybercriminalité d'origine nord-coréenne met l'économie américaine à genou et humilie les pouvoirs publics américains. C'est à nouveau David et Goliath, c'est à nouveau le Vietnam, mais sur un autre terrain.
    Espérant à Washington que si le niveau d'agressivité et de sanctions américain baisse, le niveau de cybercriminalité nord-coréen baisserait en conséquence.

  • C'est cuit ou presque ! La guerre est quasiment inévitable, au regard du développement des supports balistiques non seulement sol-sol mais aussi mer-sol (pouvant être tirés à proximité des USA) par la Corée du Nord et son régime de tyrans psychopathes. Tillerson y met les dernières formes avant le cataclysme.

  • Les Etats-Unis "prêts" à parler à la Corée du Nord "sans condition préalable"…Pourquoi les Etats-Unis s’intéressent-ils tant à la Corée du Nord ?
    La Corée du Nord est assise sur un énorme trésor mais elle n'a pas les moyens d’exploiter ces richesses.
    La Corée du Nord est très riche en ressources naturelles, et notamment en minéraux, mais le pays n’a pas les moyens d’exploiter ces richesses. Les mines génèrent 14 % du PIB du pays, mais elles demeurent très sous-exploitées.
    Fer, or, magnésite, zinc, cuivre, molybdène, craie… ne sont que quelques-uns de ces minéraux dont le pays regorge. En tout, il y en aurait près de 200 sortes, dont des métaux rares, qui entrent comme composants dans les appareils électroniques de haute technologie.
    Selon deux évaluations de deux organisations sud-coréennes, la valeur totale de ces réserves serait comprise entre 6 000 milliards et 10 000 milliards de dollars.
    Dans les années septante du siècle dernier, la Corée du Nord avait beaucoup misé sur l’exploitation minière, et la production s’était développée jusque dans les années nonante, avant de commencer à décliner. Le pays manque des équipements, de l’expertise et de l’infrastructure pour exploiter correctement ses mines. Selon un rapport de Lloyd R. Vasey, un conseiller du Center for Strategic and International Studies, les 700 mines du pays ne sont plus exploitées qu’à 30 % de leur capacité.
    Le secteur des matières premières est également victime des sanctions internationales qui ont été émises pour réfréner les ambitions nucléaires du pays. Il n’est donc plus possible d’importer du matériel pour l’exploitation minière.
    La Chine et la Russie
    Les pays voisins comme la Russie et surtout la Chine sont les principaux clients pour les ressources minérales nord-coréennes. Les produits miniers ont représenté 54 % des exportations nord-coréennes vers la Chine au cours de la première moitié de 2016. Il y a deux ans, la Chine a importé 73 millions de dollars de minerai de fer, mais également plus de 1 milliard $ de charbon à la Corée du Nord.
    Le charbon est particulièrement prisé de la Chine, car il a été vendu pendant des années en dessous de son cours mondial. Pour cette raison, il a représenté à lui seul près de 40 % du total des exportations nord-coréennes. Mais le charbon est de moins en moins demandé au plan international, et depuis le début de cette année, les Chinois ont commencé à réduire leurs commandes en Corée du Nord.
    En 2012, l’empire du Milieu, qui convoite aussi les métaux rares nord-coréens, a réalisé d’importants investissements d’infrastructure à la frontière avec Corée du Nord, pour faciliter son approvisionnement en matières premières. La Russie a également envisagé d’investir en Corée du Nord, dans le fret ferroviaire cette fois-ci, en échange d’un accès aux ressources minières du pays.
    Les sanctions contournées
    Les sanctions internationales imposées à la Corée du Nord comprennent un boycott de l’or, du vanadium, du titane et des métaux rares du pays. Mais des interceptions de navires montrent que le pays continue de vendre ces minéraux sous le manteau.
    Source infos : Magazine Quartz.

  • jusqu'à présent c'est le dirigeant de la Corée du Nord qui aboie et menace,que veut il en échange?

  • Évidemment, depuis le début Trump et les USA ont les mains liées d'abord par la Corée du sud qui s'opposera autant que faire se peut à une guerre dans la péninsule. Ensuite la Chine et la Russie qui ne pourront pas rester neutres en cas de conflit dans la région, et bien sûr s'opposeront aux USA.

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