Les bombes du régime syrien tuent 400 civils en cinq jours dans un fief rebelle

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 Des médecins syriens examinent une enfant dans un hôpital de fortune après des bombardements du régime syrien sur la ville de Douma dans la Ghouta orientale, le 22 février 2018

Des médecins syriens examinent une enfant dans un hôpital de fortune après des bombardements du régime syrien sur la ville de Douma dans la Ghouta orientale, le 22 février 2018

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© AFP, Hamza AL-AJWEH

AFP, publié le jeudi 22 février 2018 à 22h15

Plus de 400 civils, dont une centaine d'enfants, ont été tués depuis dimanche dans l'enclave rebelle de la Ghouta orientale par d'intenses bombardements du régime syrien, protégé par son allié russe à l'ONU où le Conseil de sécurité tente de négocier une trêve.

Pour la cinquième journée consécutive, les forces du président Bachar al-Assad ont soumis jeudi à un déluge de feu cette région qu'elles assiègent aux portes de Damas, une campagne dévastatrice qui annonce une offensive terrestre pour la reconquérir.

Des ONG, organisations internationales et gouvernements se sont dits horrifiés par l'ampleur de ce pilonnage, d'une rare violence dans un pays pourtant ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340.000 morts.

Dans la Ghouta orientale, où quelque 400.000 habitants tentent de subsister, le coût humain et les destructions sont colossales.

Un correspondant de l'AFP a vu des mares de sang sur la route menant à un hôpital de la ville de Douma. A l'hôpital, des corps enveloppés de linceuls blancs, dont ceux de deux enfants, gisaient au sol.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH),  416 civils, dont 95 enfants, ont été tués depuis le début dimanche de cette campagne de bombardements.

- 'Situation insoutenable' -

Jeudi à New York, l'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia a annoncé qu'il n'y avait "pas d'accord" entre les membres du Conseil de sécurité pour imposer un cessez-le-feu humanitaire d'un mois, négocié depuis plus deux semaines.

Washington et Paris se sont élevés contre la position russe, l'ambassadeur français François Delattre évoquant une "situation insoutenable" pour les civils.

Son homologue suédois, Olof Skoog, a dit espérer une mise au vote vendredi du projet de résolution sur un cessez-le-feu, rédigé par son pays et le Koweït. 

Moscou, grand allié de Damas, utilise régulièrement son droit de veto pour protéger le régime syrien à l'ONU.

- 'Campagne d'annihilation' -

Les condamnations internationales se sont multipliées, en vain.

Le patron de l'ONU Antonio Guterres a dénoncé un "enfer sur Terre" et le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a appelé à la fin d'une "monstrueuse campagne d'annihilation".

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réclamé un accès à la Ghouta orientale pour porter secours aux blessés, qui meurent selon lui faute de soins immédiats et de matériel médical.

"Le régime prétend viser des groupes armés mais en vérité il ne vise que les civils!", s'est insurgé Ahmed Abdelghani, médecin dans les hôpitaux bombardés de Hammouriyé et Arbine. "C'est un hôpital civil, pourquoi le régime nous vise-t-il?"

Ces trois derniers jours, 13 hôpitaux de la Ghouta orientale où intervient l'ONG Médecins sans frontières ont été touchés, selon l'organisation.

Au moins 59 civils sont morts jeudi dans des raids aériens et des tirs de roquettes visant plusieurs localités, notamment Douma, la grande ville de la Ghouta, où 37 personnes ont péri, selon l'OSDH.

L'Observatoire a affirmé que l'aviation de la Russie, alliée du régime, avait participé aux raids.

Dans la localité de Hammouriyé, un autre correspondant de l'AFP a vu des habitants se presser devant un magasin pour acheter de la nourriture avant de prendre la fuite quand des obus ont explosé à proximité.

- Offensive 'd'envergure'  -

Le régime cherche à reprendre la Ghouta orientale, pour, dit-il, stopper les tirs de roquettes sur Damas. Selon le quotidien syrien Al-Watan, une offensive terrestre "d'envergure peut commencer à tout moment".

Depuis dimanche, 16 personnes ont été tuées à Damas, bastion du régime, par des tirs d'obus et de roquettes des rebelles depuis la Ghouta orientale, selon les médias d'Etat et l'OSDH.

Selon le représentant syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, "des centaines de roquettes et de mortiers" se sont ainsi abattus jeudi sur Damas.

Un enfant a été tué jeudi par un tel tir, selon l'agence officielle Sana.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a assuré que Moscou avait proposé aux combattants de la Ghouta orientale d'évacuer le secteur mais que des jihadistes et leurs alliés avaient "catégoriquement rejeté cette proposition".

Depuis le début en 2011 de la guerre en Syrie, plusieurs zones rebelles, comme la vieille ville de Homs en 2012 ou Alep en 2016, ont été écrasées par des bombardements et un siège étouffant pour forcer les combattants antirégime à déposer les armes.

Le conflit en Syrie a d'abord opposé les rebelles au régime puis s'est complexifié avec l'implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères.

Avec l'intervention de la Russie en 2015, le régime d'Assad, qui était en mauvaise posture, a réussi à reprendre le contrôle de plus de la moitié du territoire.

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61 commentaires - Les bombes du régime syrien tuent 400 civils en cinq jours dans un fief rebelle
  • hello l'afp, si vous nous parliez des morts civils en Irak, Afghanistan, Pakistan Libye par vos amis usa et sa coalition, plus de trois millions (3 000 000) de civils pendant ces guerres, enfin ces crimes contre des pays souverains

  • avatar
    Steppenwolf  (privé) -

    Sergueï Lavrov a déclaré ce jeudi que la trêve en Syrie ne devait pas concerner les organisations terroristes Daech et Front al-Nosra, ainsi que leurs groupes affiliés. La libération de la Ghouta par l'armée gouvernementale syrienne à comme but de délivrer 400 000 citoyens syriens de la tyrannie terroriste de Jaysh al-Islam, mais aussi du Front al-Nosra, d'Ahrar al-Sham et de Faylaq al-Rahmane et sécuriser les centaines de milliers de citoyens syriens qui vivent la terreur au quotidien sous les bombes des terroristes qui bombardent Damas depuis des années. 400 morts civils victimes co-latérales (malheureusement) sur 400 000 habitants (retenus en otages comme boucliers humains) dans la Ghouta ça fait 1% de victimes. Pour libérer et sauver 399 600 civils de la tyrannie terroriste et ramener la paix et la sécurité aux habitants de Damas qui eux aussi sont bombardés par les terroristes au quotidien. Les militaires russes du Centre pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie avaient proposé aux terroristes de quitter la Ghouta orientale à l'instar de l'évacuation des combattants et de leurs familles depuis Alep -Est. Le Front al-Nosra et ceux qui coopèrent avec lui ont formellement rejeté cette proposition et continuent de pilonner la ville depuis leurs positions.

  • Oui sous avez raison,a Mossoul et a Raqqa des milliers de civils sont morts, mais personne a hurlé .
    Parce qu'a Mosoul et a Raqqa ce sont les américains et leurs Aliers Qui ont bombardé pour Tuer les terroristes et forcément des civils aussi ;

    Par contre a la Ghouta Est en Syrie, c'est L'armée Syrienne et leurs Aliers qui ont Bombardé pour la majorité des Terroriste, mais surement des Civils aussi.

    Alors selon certains journalistes Français, ils aurait pas du les bombarder ces terrorites , ils aurauient du accepter les obus qu'ils envoyaient sur Damas et ses environs, sans rien dire, n'y rien faire..
    Car une Cinquantaine d'Obus sont tombés sur la ville de Damas et ses environs, dans la seul journée de dimanche, faisant des morts et des blessé parmis les civils.

    Une remarque cependant: depuis le début de ce conflit les Journalistes français qui écrivent, écrivent dans un seul sens leurs articles, ils approuvent vraiment ce que font les Terroristes islamistes en Syrie,
    mais ils oublient les millions de Syriens,
    Probablement pour rester fidel aux gouvernement;et surtout ne pas se mettre a dos les riches marchands de pétrole qui ont organisée ce conflit, dans l'unique espoire de s'approprier le pétrole Syrien

  • Oui sous avez raison,a Mossoul et a Raqqa des milliers de civils sont morts, mais personne a hurlé .
    Parce qu'a Mosoul et a Raqqa ce sont les américains et leurs Aliers Qui ont bombardé pour Tuer les terroristes et forcément des civils aussi ;

    Par contre a la Ghouta Est en Syrie, c'est L'armée Syrienne et leurs Aliers qui ont Bombardé pour la majorité des Terroriste, mais surement des Civils aussi.

    Alors selon certains journalistes Français, ils aurait pas du les bombarder ces terrorites , ils aurauient du accepter les obus qu'ils envoyaient sur Damas et ses environs, sans rien dire, n'y rien faire..
    Car une Cinquantaine d'Obus sont tombés sur la ville de Damas et ses environs, dans la seul journée de dimanche, faisant des morts et des blessé parmis les civils.

    Une remarque cependant: depuis le début de ce conflit les Journalistes français qui écrivent, écrivent dans un seul sens leurs articles, ils approuvent vraiment ce que font les Terroristes islamistes en Syrie,
    mais ils oublient les millions de Syriens,
    Probablement pour rester fidel aux gouvernement;et surtout ne pas se mettre a dos les riches marchands de pétrole qui ont organisée ce conflit, dans l'unique espoire de s'approprier le pétrole Syrien

  • Qui attise quoi ?.. et pourquoi ?...