Législatives en Israël: les principaux rivaux de Netanyahu font alliance

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Portraits montrant l'ancien chef d'Etat-major israélien Benny Gantz, le 29 janvier 2019 à Tel-Aviv, et le chef du parti centriste Yesh Atid, Yair Lapid, le 18 février 2019 près de Tel-Aviv
Portraits montrant l'ancien chef d'Etat-major israélien Benny Gantz, le 29 janvier 2019 à Tel-Aviv, et le chef du parti centriste Yesh Atid, Yair Lapid, le 18 février 2019 près de Tel-Aviv
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© AFP, Thomas COEX, JACK GUEZ

AFP, publié le jeudi 21 février 2019 à 20h51

Les deux principaux rivaux de Benjamin Netanyahu ont noué une alliance, à un mois et demi des législatives, qui doit leur permettre de menacer le long règne du Premier ministre, déjà confronté au risque d'inculpations pour corruption présumée.

Les sondages avaient jusqu'alors donné M. Netanyahu et le Likoud, son parti, vainqueurs des élections anticipées du 9 avril. Mais le pacte conclu par ses challengers centristes peut, au moins, secouer la campagne.

Les chances de cette alliance seraient a priori renforcées si le procureur général annonçait avant le scrutin son intention d'inculper le Premier ministre dans les affaires de corruption présumée qui le visent.

M. Netanyahu, en poste depuis une décennie, a mis le cap un peu plus à droite avant même l'annonce de l'accord passé entre Benny Gantz, ancien chef d'état-major à la tête du nouveau parti Résilience, et Yair Lapid, numéro un du parti centriste Yesh Atid (11 sièges sur 120 dans le Parlement sortant).

Mercredi, il a signé un accord poussant plusieurs formations tout à la droite du spectre politique à s'unir en vue des législatives, au risque d'être accusé d'avoir fait entrer une formation d'extrême droite "raciste" à la Knesset.

L'objectif est de ne pas laisser des voix de droite s'éparpiller sur de petites listes qui, au bout du compte, ne recueilleraient pas assez de votes pour être représentées au Parlement.

MM. Gantz et Lapid ont invoqué cette manoeuvre de M. Netanyahu ainsi que les enquêtes le visant pour justifier leur alliance, ainsi que "par leur sens profond des responsabilités nationales".

Lors d'un discours jeudi soir en compagnie de M. Lapid, M. Gantz a ainsi dénoncé le pouvoir de M. Netanyahu, l'accusant d'être responsable du "vent mauvais qui souffle dans nos rues".

"Au lieu des provocations, nous proposons une réconciliation nationale", a-t-il lancé.

M. Lapid s'en est pris pour sa part à l'alliance nouée entre le Likoud et des mouvements d'extrême droite, estimant que le Premier ministre souhaitait faire entrer au Parlement "le racisme et la violence".

Quelques minutes plus tard, M. Netanyahu a contre-attaqué lors d'une allocution télévisée. Il a accusé ses rivaux de vouloir constituer un bloc avec des députés arabes "qui ne reconnaissent pas Israël, et qui, au contraire, veulent le détruire".

"Un gouvernement Lapid-Gantz va créer très vite avec eux (les députés arabes, ndlr) un Etat palestinien qui s'étendra jusqu'à la banlieue de Tel-Aviv (...) Un Etat palestinien menacerait notre existence", a assuré le Premier ministre israélien.

Le 14 juin 2009, M. Netanyahu avait pourtant endossé publiquement l'idée d'un Etat palestinien coexistant avec Israël.

- "Bleu et blanc" -

Intitulée "Bleu et blanc", comme les couleurs du drapeau d'Israël, l'alliance Lapid-Gantz réunit aussi deux autres anciens chefs d'état-major: Moshe Yaalon, ancien ministre de la Défense de M. Netanyahu, et Gaby Ashkenazy, nouveau venu en politique.

Selon l'accord avec M. Lapid, en cas de victoire, M. Gantz sera Premier ministre pendant deux ans et demi. Yair Lapid, ancien journaliste de télévision ayant formé son parti en 2013, serait aux Affaires étrangères pendant ces années avant de prendre la succession de M. Gantz à la tête du gouvernement.

Le Likoud a réagi en répétant l'argument martelé ces dernières semaines: M. Gantz est un "gauchiste" et un "faible".

Un sondage de la chaîne de télévision privée "13", a crédité jeudi soir l'alliance Gantz-Lapid de 36 sièges sur 120, et attribué au Likoud 26 députés,contre 30 dans le Parlement sortant. 

Le bloc de l'opposition de gauche, du centre avec les députés des formations arabes ferait jeu égal avec le Likoud et ses alliés d'extrême droite et ultra-orthodoxes, selon ce même sondage.

- Le spectre de la gauche -

Le point de gravité politique s'est fortement déplacé vers la droite en Israël ces dernières années. Le coût de la vie et la sécurité sont annoncés comme les préoccupations primordiales des électeurs. Une grande partie de la population est lasse des appels à une solution dite à deux Etats vis-à-vis du conflit israélo-palestinien.

Le gouvernement de M. Netanyahu est déjà considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël.

En cas de réélection, M. Netanyahu, qui avait occupé une première fois la fonction de 1996 à 1999, battrait le record de longévité du père fondateur de l'Etat d'Israël, David Ben Gourion, au pouvoir durant 13 ans. Il n'est pas légalement tenu de démissionner s'il est inculpé et tant qu'une éventuelle condamnation n'est pas définitive.

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