Le virus du Covid-19 transmis à l'homme par un animal infecté par une chauve-souris, selon l'OMS et la Chine

Le virus du Covid-19 transmis à l'homme par un animal infecté par une chauve-souris, selon l'OMS et la Chine
Des chauves-souris

publié le lundi 29 mars 2021 à 12h15

L'hypothèse d'un incident de laboratoire reste "extrêmement improbable", souligne le rapport des experts de l'OMS et de la Chine sur l'origine de la pandémie.

Comment le virus du Covid-19 s'est-il propagé à l'homme ? Très attendues, les conclusions du rapport conjoint des experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de Chine n'ont pas créé la surprise : l'hypothèse d'une transmission du virus à l'homme par l'intermédiaire d'un animal infecté par une chauve-souris est privilégiée et la thèse d'une fuite d'un laboratoire chinois jugée "extrêmement improbable". 



S'il ne résout pas le mystère des origines du SARS-CoV-2, le virus qui provoque le Covid-19, le rapport, publié quinze mois après l'apparition des premiers cas fin décembre 2019 à Wuhan, juge la transmission à l'homme du virus par un animal intermédiaire "probable à très probable". Le rapport privilégie ainsi la théorie généralement admise, celle de la transmission naturelle du virus d'un animal réservoir - probablement la chauve-souris - à l'homme, par l'intermédiaire d'un autre animal qui n'a pas encore été identifié, confirmant les premières conclusions des experts présentées lors d'une conférence de presse le 9 février à Wuhan, l'agglomération chinoise considérée comme l'épicentre de la nouvelle maladie.

Dans leur rapport, les experts évoquent une liste d'animaux qui auraient pu jouer ce rôle d'intermédiaire : le simple chat domestique, le lapin ou le vison, mais aussi des espèces plus rares comme le pangolin ou le chien viverrin (un canidé qui ressemble au raton laveur) qui peuvent être infectées par le coronavirus. Le rapport cite aussi la civette et le blaireau-furet, deux espèces qui avaient été trouvées porteuses du Sras au début des années 2000 dans la province chinoise du Guangdong (sud).

La transmission directe du virus via l'animal réservoir est toutefois jugée "possible à probable", par les experts qui n'écartent par ailleurs pas l'hypothèse d'une transmission par de la viande surgelée - piste privilégiée par Pékin - jugeant que ce scénario est "possible". Le rapport recommande de poursuivre des études sur la base de ces trois hypothèses, mais il balaie en revanche la possibilité que le virus ait été transmis à l'homme en raison d'un accident de laboratoire.

L'administration de l'ancien président américain Donald Trump avait accusé l'Institut de virologie de Wuhan, qui mène des recherches sur des pathogènes très dangereux, d'avoir laissé s'échapper le coronavirus, volontairement ou non. Dans leur rapport, les experts indiquent ne pas avoir étudié le cas d'une fuite volontaire, et jugent "extrêmement improbable" un accident.

Dans ses conclusions, le rapport indique que les études de la chaîne d'approvisionnement du marché de Huanan et d'autres marchés de Wuhan n'ont pas permis de trouver "des éléments de preuves de la présence d'animaux infectés, mais l'analyse des chaînes d'approvisionnement a fourni des informations" utiles pour des études de suivi ciblées, notamment dans des régions voisines. Les experts appellent également à "ne pas négliger les produits d'origine animale provenant de régions situées en dehors de l'Asie du sud-est". Et de conclure : "Les enquêtes doivent être conçues (...) dans des zones plus vastes et dans un plus grand nombre de pays". 

Les conclusions du rapport ne manqueront pas de faire rejaillir les accusations de complaisance de l'OMS à l'égard de la Chine, certains estimant notamment que la douzaine de spécialistes internationaux a manqué de latitude pour travailler librement lors de son séjour de quatre semaines dans la ville chinoise en janvier et février.

La mission sur les origines de la transmission du virus à l'homme, jugée extrêmement importante pour tenter de mieux lutter contre une possible prochaine épidémie, a eu du mal à se mettre en place, la Chine semblant très réticente à laisser venir ces spécialistes mondiaux de diverses disciplines comme l'épidémiologie mais aussi la zoologie. Les experts ont été autorisés à mener l'enquête sur le terrain seulement un an après le début de l'épidémie par les autorités chinoises, du 14 janvier au 9 février.

Depuis son origine, la pandémie a fait au moins 2,7 millions de morts dans le monde et ravagé l'économie. Plus d'un an après son apparition, la croissance des contaminations, dopée par les variants plus contagieux et peut être plus mortels, se poursuit malgré la course à la vaccination, obligeant les pays à alterner les phases de confinement et déconfinement. 

 

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