Le procureur israélien Mandelblit, un proche de Netanyahu devenu son accusateur

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Le procureur général d'Israël (C), Avichaï Mandelblit, s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 21 novembre  2019
Le procureur général d'Israël (C), Avichaï Mandelblit, s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 21 novembre 2019
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© AFP, Menahem KAHANA

, publié le vendredi 22 novembre 2019 à 12h37

Ancien proche de Benjamin Netanyahu, homme discret mais influent et issu d'une famille de droite, Avichaï Mandelblit est le premier procureur de l'histoire d'Israël à inculper un Premier ministre en fonction.

Ce passage à l'histoire, l'homme de 56 ans au visage rond auréolé d'une kippa noire, et à la barbe rêche et grisonnante, ne semble pas l'avoir fait de gaieté de coeur. C'est un "jour triste" pour Israël et pour lui-même, a-t-il dit jeudi en présentant les chefs d'inculpation contre Benjamin Netanyahu.

"Je prends cette décision le coeur lourd mais sans hésitation", a-t-il déclaré devant les caméras de télévision avant de lire les principaux points de l'inculpation pour corruption, malversation et abus de confiance dans différentes affaires. 

Or, Avichaï Mandelblit a été nommé procureur général d'Israël en 2016 par Benjamin Netanyahu. Aujourd'hui, il pourrait précipiter la fin de son règne. 

Ce personnage de l'ombre, respecté, a servi pendant deux ans, de 2013 à 2015, sous Netanyahu, comme secrétaire général du gouvernement, haut fonctionnaire chargé d'organiser et de coordonner au quotidien le travail du Premier ministre.

Né à Tel-Aviv, M. Mandelblit, un juif orthodoxe, a fait carrière au sein du parquet de l'armée. En 2004, il est nommé procureur général de l'armée et reçoit cinq ans plus tard le grade de général.

Mais dans ce poste stratégique, il est la cible de critiques de la droite pour avoir mené des enquêtes contre des soldats israéliens soupçonnés de malversations ou violences à l'égard des Palestiniens durant une opération militaire en 2008 dans la bande de Gaza.

En 2014, après son départ de l'armée, il est sous le coup d'une enquête pour fraude et abus de confiance dans l'affaire Herpaz, du nom d'un officier condamné pour avoir produit de faux documents afin de faciliter la nomination d'un chef d'état-major. Les charges ont été abandonnées.

- Mystère -

Nommé il y a trois ans par Benjamin Netanyahu à titre de conseiller juridique du gouvernement, l'équivalent en Israël du poste de procureur général, Avichaï Mandelblit hérite d'une fonction sensible. 

Il doit à la fois défendre la position du gouvernement sur le plan juridique, et est en ce sens proche de Benjamin Netanyahu, mais est confronté dès 2017 à un dilemme de taille lorsqu'il doit décider d'inculper ou non son "patron".

Critiqué par la gauche qui le pressait d'inculper M. Netanyahu et par la droite qui lui reprochait de vouloir poursuivre le chef du gouvernement pour des motifs futiles, M. Mandelblit se retrouve entre le marteau et l'enclume.

Refusant en général les interviews, Avichaï Mandelblit reste une énigme pour beaucoup de commentateurs qui n'ont jamais su à quelle enseigne ce père de six enfants logeait politiquement. 

Ce qui est désormais clair pour tout le monde, c'est que ce juriste sans charisme particulier est devenu un des hommes les plus influents d'Israël, capable de décider du sort du Premier ministre le plus pérenne de l'histoire du pays.

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