Le prince héritier saoudien entame en Egypte sa première tournée à l'étranger

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 Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane participe à Ryad à une rencontre avec le patriarche maronite, le cardinal Bechara Raï, le 14 novembre 2017

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane participe à Ryad à une rencontre avec le patriarche maronite, le cardinal Bechara Raï, le 14 novembre 2017

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© AFP, Fayez Nureldine

AFP, publié le samedi 03 mars 2018 à 09h48

Mohammed ben Salmane entame dimanche en Egypte sa première tournée à l'étranger en tant que prince héritier d'Arabie saoudite, une entreprise de séduction diplomatique qui doit conforter son statut de nouvel homme fort du pays.

Sa visite de deux jours au Caire précèdera des déplacements chez deux autres grands alliés de Ryad: au Royaume-Uni à partir de mercredi et aux Etats-Unis du 19 au 22 mars.

Ces déplacements interviennent alors que, sur le plan domestique, Mohammed ben Salmane, nommé prince héritier en juin 2017 par son père, le roi Salmane, en écartant ses rivaux, cherche à consolider son pouvoir dans le royaume, premier exportateur mondial de pétrole.

Après une vaste purge inédite présentée comme une opération anticorruption et l'arrestation fin 2017 de dizaines de personnalités du régime, c'est la direction de l'institution militaire qui a été chamboulée cette semaine sur recommandation du prince héritier.

Dans le même temps, ce dernier âgé de 32 ans veut offrir un visage de modernisateur et cherche à façonner une image moins conservatrice pour son pays, qui applique une version rigoriste de l'islam.

Il compte attirer les investisseurs étrangers en leur présentant une Arabie saoudite moins fermée, notamment sur le plan sociétal, afin de bâtir une économie désormais moins dépendante du pétrole.

- 'Incertitude et turbulence' -

Mohammed ben Salmane arrive au Caire moins de trois semaines avant la réélection attendue du président Abdel Fattah al-Sissi, sans rival sérieux.

"Sa visite sera interprétée comme la preuve que Ryad continuera de soutenir Sissi pendant le prochain mandat", explique à l'AFP Mostafa Kamel al-Sayed, professeur de Sciences politiques à l'université du Caire.

Ryad et Le Caire collaborent sur d'importants dossiers régionaux, notamment la guerre au Yémen et le blocus du Qatar, dans le but notamment de contrer l'influence de l'Iran, grand rival de l'Arabie saoudite, au Moyen-Orient.

Selon une source gouvernementale saoudienne, les discussions porteront aussi sur la lutte contre le "terrorisme" et la coopération énergétique.

Cette première offensive de charme diplomatique de Mohammed ben Salmane, "est un moment symbolique pour le jeune prince qui va essayer de présenter le meilleur visage de son pays", assure à l'AFP Andrew Bowen, chercheur à l'American Enterprise Institute.

Ce déplacement "arrive à un moment d'incertitude et de turbulence sur le plan intérieur. Le prince héritier se trouve face au défi de démontrer aux investisseurs potentiels que l'Arabie est stable et qu'il a la haute main sur la politique étrangère malgré (les problèmes avec) le Qatar et le Yémen", ajoute M. Bowen.

"Ce ne sera certainement pas facile à leur vendre", prédit-il.

- Nucléaire, économie -

Des manifestations pourraient ainsi émailler son déplacement en Grande-Bretagne, au sujet des ventes d'armes par des pays européens à l'Arabie saoudite qui intervient militairement au Yémen pour aider le pouvoir face aux rebelles, selon Mohamed Abdelmeguid, expert à l'Economist Intelligence Unit.

Sa visite aux Etats-Unis s'inscrit principalement dans le cadre des efforts de l'administration de Donald Trump de signer avec l'Arabie saoudite un accord de coopération nucléaire.

Ryad doit annoncer cette année qui construira les deux premiers de ses possibles 16 réacteurs nucléaires et des négociations sont en cours avec les Américains pour un transfert de technologie.

Alliés historiques, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite se sont considérablement rapprochés depuis l'élection de Donald Trump dont la position ferme envers l'Iran plaît à Ryad.

M. Trump avait d'ailleurs choisi l'Arabie saoudite pour son premier voyage présidentiel à l'étranger.

Durant les visites du prince héritier, il devrait également être question de l'introduction en bourse d'une petite partie d'Aramco, le géant public saoudien du pétrole, prévue au deuxième semestre 2018.

"Le prince Mohammed pourrait chercher à mettre en compétition économique ses hôtes américains et britanniques, notamment sur cette introduction en bourse", analyse Kristian Ulrichsen, chercheur à l'université Rice aux Etats-Unis.

Présentée comme la plus importante de l'histoire, cette introduction devrait générer d'immenses revenus pour Ryad.

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8 commentaires - Le prince héritier saoudien entame en Egypte sa première tournée à l'étranger
  • il vient avec son sabre souriez ou vous etes sabré

  • comme chez nous, plus jeune, plus souriant, so what ?
    ne rêvons pas il ne reformera pas le wahhabisme (un des formes les plus obscurantistes de l'islam, n'abolira pas plus le quasi-esclavage des immigrés.
    Le meilleur moyens de lutter contre le terrorisme serai de sa part de cesser tout financement

  • çà s'appelle un nantis, et audelà

  • Des visites de chefs d'Etats uniquement pour parler armes ,guerres et leader ships ;pendant ce temps tous ces chefs du sud au nord et d'est en ouest ne veulent pas considérer les souffrances des peuples , la pauvreté, les manques dans les subsistances, la santé, dans l'éducation; on n'entendra pas parler de l'ouverture d'écoles, de cantines pour des enfants qui ont faim, de dispensaires pour les populations où les femmes pourraient obtenir des moyens contraceptifs de l'éducation et de la nourriture pour leurs enfants;sachant que dans ces pays la moyenne de renouvellement démographique est de sept enfants par femme, enfants de rues crève la faim sans éducation sans avenir

    le monde n'est pas prêt d'être exterminé...............

  • avatar
    Ajik  (privé) -

    Ce prince est bien avisé de se rapprocher de l'Union Européenne et notamment de la France car avec l'Arabie Saoudite il y a des intérêts économiques complémentaires qu'ils soient militaires , énergétiques et autres

    Les USA ont une politique et des intérêts antagonistes notamment en ce qui concerne le pétrole, dont ils ont essayé non seulement de faire chuter le prix pour faire fondre les réserves en devises de ce pays et déstabiliser l'économie d'autres pays producteurs dont c'est la seule ressource mais aussi de se substituer pour les approvisionnements énergétiques à l'Arabie saoudite en approvisionnant l'UE en gaz et pétrole de schiste et en essayant de créer et renforce une dépendance à leur endroit en déstabilisant politiquement les pays producteurs de pétrole du Proche et Moyen Orient

    Sans doute l'ouverture à la bourse de l'Aramco va éviter à 'Arabie Saoudite de subir le même sort que la Lybie, en permettant à des étrangers de prendre des participations dans cette société et en leur ôtant ainsi toute velléité de déstabilisation de ce pays