Le président catalan destitué Puigdemont "exige" la restauration de son gouvernement

Le président catalan destitué Puigdemont "exige" la restauration de son gouvernement

Le président catalan destitué Carles Puigdemont donne une conférence de presse à Bruxelles, le 22 décembre 2017

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AFP, publié le samedi 30 décembre 2017 à 21h43

L'indépendantiste catalan Carles Puigdemont a exigé samedi, dans ses voeux pour 2018 au "peuple" catalan, une négociation politique et la restauration par Madrid de son gouvernement, destitué après la déclaration d'indépendance du 27 octobre.

"Comme président, j'exige du gouvernement espagnol et de ceux qui le soutiennent (...) qu'ils restaurent tout ceux qu'ils ont destitué sans l'autorisation des Catalans", déclare Carles Puigdemont dans un discours enregistré à Bruxelles, dans lequel il demande aussi à Madrid de commencer à "négocier politiquement".

Dans ce message de sept minutes, Carles Puigdemont estime que les Catalans sont un "peuple démocratiquement mature, qui a gagné le droit de constituer une République d'hommes et de femmes libres", sans cependant préciser s'il encouragera à nouveau une tentative de rupture. 

Carles Puigdemont, qui se présente comme le dirigeant "légitime" de la Catalogne, a fui en Belgique peu avant son inculpation pour rébellion et sédition, en lien avec la tentative de rupture unilatérale du 27 octobre.

S'il rentre en Espagne, il sera placé en détention provisoire, au titre d'un mandat d'arrêt émis par la justice.

"Les urnes ont parlé (...) Qu'attend donc Monsieur (Mariano) Rajoy pour accepter les résultats?", s'interroge Carles Puigdemont dans cette allocution, faisant référence au chef du gouvernement conservateur espagnol.

Lors d'élections régionales le 21 décembre, les trois partis indépendantistes ont obtenu ensemble 47,5% des suffrages, ce qui leur permet, grâce à une pondération des voix profitant aux régions rurales, traditionnellement séparatistes, d'avoir la majorité absolue des sièges au Parlement régional et donc, en principe, de former un gouvernement.

Mais près de 52% des Catalans ont voté pour des partis qui défendent le maintien de la région en Espagne, compliquant davantage la sortie de crise.

M. Puigdemont dirige la liste qui a recueilli le plus de voix au sein du camp indépendantiste, "Ensemble pour la Catalogne", ce qui lui donne selon ses partisans le droit de retrouver son poste, quelle que soit sa situation judiciaire.

S'il reste en Belgique, une éventuelle investiture de M. Puigdemont devrait se faire à distance et impliquerait une modification du règlement du parlement régional.

"M. Puigdemont croit qu'il pourra être président de la Généralité (exécutif catalan) par internet et Whatsapp", depuis la Belgique, a ironisé samedi Inès Arrimadas, la chef en Catalogne du principal parti d'opposition aux indépendantistes, Ciudadanos.

M. Rajoy lui-même a estimé vendredi qu'une telle situation serait "absurde".

Sans évoquer son éventuel programme de gouvernement s'il revenait au pouvoir, le chef de file des séparatistes a dénoncé dans son message de voeux la répression du mouvement indépendantiste par Madrid et espéré que le résultat des élections permettra l'avènement de "l'ère du dialogue et de la négociation" qu'il dit réclamer "depuis des années".

Le gouvernement espagnol doit "commencer à négocier politiquement avec le gouvernement légitime de Catalogne, a-t-il dit.

 
23 commentaires - Le président catalan destitué Puigdemont "exige" la restauration de son gouvernement
  • Rajoy ne se grandit pas en voulant mettre en prison des élus du peuple. Il est étrange qu'il demande l'amnistie de tous les coupables de corruption de son parti et qu'il s'acharne par ailleurs sur les élus catalan. D'autre part un des arguments des indépendantistes catalans est leur demande de plus de démocratie, mais ils n'ont eu aucune parole envers les 52% d'électeurs contre l'indépendance, et le fait d'être majoritaires en sièges et minoritaires en voix ne les gêne pas plus que cela. c'est un amour de la démocratie à géométrie variable

  • Preuve de l'erreur politique, pour ne pas dire la bêtise de Mr Rajoy: s'il avait laissé faire le premier referendum, on ne parlerait plus aujourd'hui d'independance, les non indépendantistes étant majoritaires.

    que ce monsieur rentre si il a un peu de courage et exige à ce moment là le retour de son gouvernement !

  • Cette situation est insupportable. L'Europe subit de lien fouet cette jacquerie interne au détriment de sa crédibilité. L'Espagne fait partie des big fives et son plantage est inconcevable pour elle comme pour l'union.

  • Il exige, rien que cela ? Il se prend vraiment pour Napoléon, mais lui était en exil et non en fuite !

  • oh il exige , voyez vous cela..... en attendant savoure un marron glacé le Puigdemont car à mon avis ton exil va durer

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