Le petit Albanais fils d'une jihadiste partie en Syrie arrive à Rome

Le petit Albanais fils d'une jihadiste partie en Syrie arrive à Rome
Le petit Alvin remis le 7 novembre à Damas aux représentants de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

AFP, publié le vendredi 08 novembre 2019 à 16h02

Un enfant albanais emmené en Syrie par sa mère qui avait rejoint l'organisation Etat islamique (IS) est revenu vendredi chez lui en Italie, premier rapatriement connu d'un enfant de jihadiste vers un pays de l'Union européenne mené à bien en coordination avec Damas.

"Le petit Alvin Berisha est arrivé à l'aéroport de Fiumicino (à Rome) où il a retrouvé son père et sa soeur", a annoncé la police italienne dans un communiqué.

Agé de 11 ans, Alvin est né en Italie de parents albanais et a vécu ces derniers mois dans le camp d'Al-Hol, tenu par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie en guerre, selon les médias italiens. Sa mère a trouvé la mort dans les combats, selon la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC).

Un reportage diffusé en octobre par la télévision italienne avait montré ses retrouvailles dans le camp d'Al-Hol avec son père venu d'Italie pour le chercher. L'histoire du petit garçon avait profondément ému l'opinion publique albanaise.

Jeudi, le porte-parole de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), Tommaso Della Longa, avait indiqué à l'AFP que l'enfant était en route pour retrouver son père en Italie.

"Tout a commencé il y a cinq ans, lorsque la mère a kidnappé l'enfant et a décidé de partir se battre pour l'EI" en Syrie, a raconté M. Della Longa. Après le décès de la mère, "nous avons (...) découvert grâce à un message venant du camp d'Al-Hol que l'enfant était toujours vivant", a-t-il expliqué.

Avec le soutien des autorités italiennes et albanaises, et à la suite de négociations à Damas, l'enfant a été remis mercredi à l'IFRC. 

"Une fois le feu vert donné par les autorités (albanaises et italiennes), nous avons commencé à coopérer avec le Croissant-Rouge syrien, les autorités syriennes et les autorités (kurdes) du camp" d'Al-Hol, a ajouté M. Della Longa.

Puis "nos volontaires du Croissant-rouge syrien ont accompagné le garçon d'Al-Hol à Damas", a-t-il indiqué. "Nous sommes arrivés aujourd'hui (jeudi) à Beyrouth."

Il s'agit du premier rapatriement connu vers un pays de l'Union européenne d'un enfant de jihadiste depuis le lancement le 9 octobre d'une offensive de la Turquie contre les forces kurdes, suspendue depuis mi-octobre.

Le camp d'Al-Hol, où s'entassent près de 70.000 personnes, accueille des milliers de femmes affiliées à l'EI, des Syriennes et des Irakiennes, mais aussi des Occidentales venues de France, de Belgique ou d'Allemagne, ainsi que leurs enfants.

Les pays occidentaux sont très réticents à l'idée de rapatrier les jihadistes et leurs enfants. L'Autriche, l'Allemagne, la France et la Belgique ont rapatrié une poignée d'enfants orphelins, et les Etats-Unis, quelques femmes et leurs enfants.

Le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et le Kosovo ont rapatrié des dizaines de femmes et d'enfants.

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