Le lanceur d'alerte et l'Ukraine: Trump dénonce une affaire "ridicule"

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Le président américain Donald Trump et le candidat à la primaire démocrate Joe Biden
Le président américain Donald Trump et le candidat à la primaire démocrate Joe Biden
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© AFP, Jim WATSON, Dominick Reuter

AFP, publié le samedi 21 septembre 2019 à 00h07

Donald Trump a vigoureusement contesté vendredi les accusations d'un lanceur d'alerte le visant, au moment ou des élus s'interrogent sur les pressions qu'il aurait exercées sur son homologue ukrainien pour le pousser à enquêter sur la famille du démocrate Joe Biden.

Le dossier, potentiellement explosif, reste encore entouré de nombreuses zones d'ombre. Selon le Washington Post et le New York Times la conversation avec un dirigeant étranger signalée par le lanceur d'alerte concernait l'Ukraine. 

Les élus du Congrès s'interrogent de leur côté sur un échange téléphonique en juillet entre le président américain avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Selon le Wall Street Journal, M. Trump a, lors de cet appel, encouragé "à environ huit reprises" M. Zelensky à enquêter sur le fils de Joe Biden et à collaborer pour ce faire avec son avocat personnel Rudy Giuliani.

Deuxième fils de l'ancien sénateur, Hunter Biden a travaillé pour un groupe gazier ukrainien à partir de 2014, lorsque son père était vice-président de Barack Obama.

"C'est ridicule! C'est un lanceur d'alerte partial", a lancé M. Trump depuis le Bureau ovale, tout en assurant ne pas connaître son identité. "J'ai eu des conversations avec de nombreux dirigeants, elles sont toujours irréprochables", a-t-il poursuivi, très remonté.

A-t-il spécifiquement parlé de Joe Biden avec le président ukrainien ? "Ce dont j'ai parlé n'a pas d'importance", a-t-il rétorqué, avant cependant d'ajouter que "quelqu'un devrait se pencher sur Joe Biden", qui pourrait être son grand rival à la présidentielle 2020.

Le favori de la primaire démocrate a rejeté tout soupçon entourant les affaires de sa famille en Ukraine, en insistant qu'"aucun média crédible n'a(vait) jugé crédible cette affirmation".

- "Tentative éhontée" d'intimidation -

Les déclarations de Donald Trump contre le lanceur d'alerte ont indigné les chefs démocrates de quatre puissantes commissions du Congrès, qui ont dénoncé une "tentative éhontée" d'intimidation risquant "d'avoir un effet dissuasif sur de futurs lanceurs d'alerte, avec de graves conséquences pour notre démocratie et la sécurité nationale". 

Ils ont appelé la Maison Blanche à livrer "immédiatement" le contenu du signalement fait par le lanceur d'alerte à la commission du Renseignement.

Trouvant particulièrement préoccupante une "promesse" faite par le locataire de la Maison Blanche à un dirigeant étranger, un lanceur d'alerte, lui-même membre des services de renseignement, a effectué le 12 août un signalement auprès de l'inspecteur général des services de renseignement, Michael Atkinson.

Mais l'information n'a pas été transmise au Congrès dans les délais prévus, suscitant des interrogations sur d'éventuelles interventions.

"Nous n'avons pas le signalement, nous ne savons pas si les informations de presse sont exactes ou inexactes", a déploré Adam Schiff, président démocrate de la puissante commission du Renseignement de la Chambre des représentants.

L'Ukraine a élu en avril à la présidence un comédien jusqu'ici novice en politique, Volodymyr Zelensky.

Le tête-à-tête entre ce dernier et Donald Trump, prévu mercredi à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, sera, dans le contexte de ces révélations, scruté avec une attention particulière.

Quelle sera la teneur de la discussion ? "Le président félicitera de nouveau M. Zelensky (...) et saluera ses efforts dans la lutte anti-corruption", a simplement indiqué un responsable américain s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Pour Nancy Pelosi, présidente démocrate de la chambre basse du Congrès, les informations concernant "un lanceur d'alerte fiable" à propos des communications du président avec un dirigeant étranger "soulèvent des questions graves et urgentes pour notre sécurité nationale".

Jeudi soir, l'avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, a, un temps, reconnu qu'il avait demandé à Kiev d'enquêter sur le fils de Joe Biden.

Hillary Clinton, rivale malheureuse de Donald Trump à la présidentielle de 2016, a retweeté vendredi cet entretien avec un message accusateur: "Le président a demandé à un pouvoir étranger de l'aider à gagner une élection. Encore une fois".

Une allusion claire aux soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou en 2016, qui ont empoisonné les deux premières années de mandat du républicain.

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