Le Labour veut évincer Boris Johnson pour contrecarrer un Brexit dur

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Le leader de l'opposition travailliste britannique, Jeremy Corbyn lors d'un rassemblement pour réclamer des élections générales, le 25 juillet 2019 à Londres
Le leader de l'opposition travailliste britannique, Jeremy Corbyn lors d'un rassemblement pour réclamer des élections générales, le 25 juillet 2019 à Londres
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© AFP, Niklas HALLE'N

AFP, publié le mercredi 14 août 2019 à 23h45

Le leader de l'opposition travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a dit mercredi vouloir contrecarrer un Brexit sans accord en faisant tomber le gouvernement de Boris Johnson puis en convoquant des élections générales en tant que chef d'un exécutif temporaire.

Pour ce faire, le patron du Labour veut obtenir un nouveau report du Brexit, actuellement fixé au 31 octobre, a-t-il détaillé dans une lettre adressée aux principaux leaders des partis d'opposition au Parlement ainsi qu'à des députés conservateurs rebelles, opposés à un Brexit dur. 

"Ce gouvernement n'a pas de mandat pour une sortie sans accord, et le référendum de 2016 n'a pas fourni de mandat pour une sortie sans accord", écrit M. Corbyn. 

"C'est pourquoi j'ai l'intention de déposer une motion de censure dès que possible, quand nous sommes assurés de gagner", poursuit-il. 

Jeremy Corbyn chercherait alors à obtenir la confiance du Parlement en tant que dirigeant d'un "gouvernement temporaire strictement limité dans le temps, avec l'objectif de convoquer des élections générales", après avoir obtenu une extension de l'article 50 du traité sur l'UE régissant la sortie de l'UE.

Le Labour ferait campagne pour un nouveau référendum sur l'appartenance à l'UE, qui mentionnerait la possibilité pour le Royaume-Uni de rester membre, selon le leader travailliste. 

Le Parlement britannique recommencera à siéger le 3 septembre, après une pause estivale. Un Premier ministre peut convoquer des élections législatives moyennant le soutien d'au moins deux tiers des députés. 

Jeremy Corbyn a dit espérer pouvoir discuter de ce plan avec les autres partis d'opposition. "Notre priorité devrait être de travailler ensemble au Parlement pour empêcher qu'une sortie sans accord profondément dommageable soit imposée au pays", a-t-il insisté. 

Boris Johnson, qui a succédé à Theresa May le 24 juillet, a assuré que le Royaume-Uni quitterait l'UE le 31 octobre, qu'il ait réussi ou non à renégocier l'accord conclu entre l'ancienne Première ministre et Bruxelles.

"Il y a un choix clair: soit Jeremy Corbyn comme Premier ministre, qui passera outre le référendum et détruira l'économie, ou Boris Johnson comme Premier ministre, qui respectera le référendum et dégagera plus d'argent pour le NHS (service public de santé) et déploiera plus de policiers dans nos rues", a réagi un porte-parole du 10 Downing Street.

Ian Blackford, du parti nationaliste écossais SNP, a apporté son soutien à une motion de censure et Liz Saville Roberts, du parti gallois Plaid Cymru, s'est dite ouverte à un gouvernement d'unité, mais a estimé que la priorité devait être de stopper le Brexit. 

Jo Swinson, cheffe des libéraux-démocrates, a réservé un accueil plus froid à M. Corbyn, estimant qu'il n'était "pas la personne pouvant bâtir une majorité, même temporaire, à la Chambre des Communes". 

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