Le droit des Américaines à avorter réaffirmé par un vote symbolique au Congrès

Le droit des Américaines à avorter réaffirmé par un vote symbolique au Congrès
La cheffe de la Chambre des représentants Nancy Pelosi parle à la presse devant le Congrès des Etats-Unis le 24 septembre 2021

publié le vendredi 24 septembre 2021 à 18h15

La Chambre des représentants a adopté vendredi une proposition de loi garantissant le droit des Américaines à avorter lors d'un vote à la fois historique et essentiellement symbolique, le texte n'ayant quasi aucune chance d'aboutir au Sénat.

La "loi sur la protection de la santé des femmes" a reçu le soutien de 218 élus, tous démocrates, tandis que 210 républicains et un seul démocrate votaient contre.

C'est la première fois depuis que le droit à l'avortement a été reconnu en 1973 par la Cour suprême des Etats-Unis, qu'une des deux chambres du Congrès tente de l'inscrire dans la loi fédérale. 

Jusqu'ici, même dans les rangs démocrates, il existait de fortes réticences à s'engager en faveur de ce droit qui divise profondément les Américains. Mais la situation a évolué à gauche.

"Enfin, nous avons un groupe de démocrates pro-choix majoritaire à la Chambre", s'est réjouie la cheffe de la Chambre Nancy Pelosi dans une conférence de presse juste avant le débat. "...Et un président prêt à signer", a-t-elle ajouté, en référence au soutien apporté par Joe Biden à la proposition de loi.

Faisant part de ses "sentiments partagés", elle s'est dite "heureuse" de cette nouvelle donne et "triste d'en arriver là à cause d'une décision honteuse de la Cour suprême".

La haute Cour, profondément remaniée par l'ex-président Donald Trump, a refusé d'empêcher l'entrée en vigueur, le 1er septembre, d'une loi du Texas qui interdit quasi tous les avortements dans ce vaste Etat conservateur.

Cette décision, motivée par des questions de procédure, a été perçue comme le signe précurseur d'une évolution de la Cour suprême qui pourrait prochainement revenir en arrière sur son arrêt de 1973. Si cela se produisait, chaque Etat aurait le droit d'autoriser ou non les avortements.

La loi adoptée vendredi à la Chambre vise à éviter ce scénario. "Les professionnels de santé ont un droit garanti par cette loi à fournir des services d'avortement et leurs patients un droit équivalent à les recevoir, sans limite ou contrainte", précise le texte qui est censé s'imposer aux Etats.

Il risque toutefois d'achopper sur l'opposition toujours très nette à l'avortement des républicains, qui disposent d'une minorité de blocage au Sénat.

Même la sénatrice républicaine Susan Collins, l'une des rares dans son parti à défendre le droit des femmes à interrompre leur grossesse, a fait savoir qu'elle ne voterait pas pour ce texte qui, selon elle, ne donne pas assez d'options aux médecins opposés pour des raisons morales ou religieuses à l'avortement.

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