Crash près de Moscou: les sondes Pitot mises en cause par une boîte noire

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 Des équipes de secours sur les lieux du crash d'un avion de ligne, le 12 février 2018 près de Moscou

Des équipes de secours sur les lieux du crash d'un avion de ligne, le 12 février 2018 près de Moscou

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© AFP, Dmitry SEREBRYAKOV
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AFP, publié le mardi 13 février 2018 à 18h09

Deux jours après le crash d'un Antonov russe près de Moscou, ses boîtes noires ont commencé à parler mardi, révélant un possible givrage de sondes de vitesse Pitot, déjà en cause dans l'accident du Rio-Paris en 2009, qui aurait désorienté les pilotes.

L'avion de ligne, un biréacteur An-148 de la compagnie Saratov Airlines, s'est écrasé près de Moscou dimanche peu après avoir décollé de l'aéroport de Domodedovo en direction d'Orsk, dans l'Oural.

Les 65 passagers et six membres d'équipage sont morts.

Retrouvées lors de recherches rendues fastidieuses par une épaisse couche de neige, les boîtes noires ont commencé à délivrer leurs premières informations aux enquêteurs du Comité intergouvernemental d'aviation (MAK).

Si l'enregistreur contenant les échanges vocaux doit encore être déchiffré, celui contenant les paramètres techniques du vol fait état de "données incorrectes sur la vitesse du vol (...) apparemment liées au givrage de sondes Pitot dont le système de chauffage était éteint", a affirmé dans un communiqué le MAK.

Le MAK n'a pas précisé si la raison de l'absence de système de chauffage était une erreur d'origine mécanique ou humaine.

Appelées aussi "tubes de Pitot", ces sondes permettent aux pilotes de contrôler la vitesse de leur appareil, un élément crucial pour son équilibre en vol.

Si ces sondes sont encrassées par du givre ou des débris, une mesure incorrecte de vitesse peut être fournie aux pilotes, ce qui risque d'entraîner un décrochage de l'appareil si celui-ci vole trop lentement ou une déformation de l'avion si celui-ci va trop vite.

Elles ont été pointées du doigt dans l'accident de l'Airbus A330 d'Air France assurant la liaison Paris-Rio (vol AF447) et qui s'était abîmé dans l'océan Atlantique le 1er juin 2009 avec ses 228 occupants.

Une nouvelle contre-expertise judiciaire, consultée par l'AFP en janvier, avait désigné le givrage de ces sondes comme point de départ de la catastrophe mais avait montré du doigt la réaction de l'équipage comme sa "cause directe".

 - Divergences -

Dans le cas de l'An-148 de Saratov Airlines, l'enregistreur de vol a révélé des divergences de plus en plus importantes entre les vitesses mesurées par les différents capteurs au cours des quelques minutes du vol.

Ces informations contradictoires ont poussé les pilotes à couper le pilotage automatique pour revenir en mode manuel, à une altitude d'environ 2.000 mètres. Mais 34 secondes plus tard, l'une des sondes indiquait une vitesse nulle contre plus de 540 kilomètres par heure selon une autre.

L'appareil s'est alors mis à chuter.

Sur la base des données de la boîte noire, le MAK relève que le système de chauffage des sondes de vitesse était éteint alors qu'il fonctionnait pour les 15 vols précédents.

Citant une source parmi les enquêteurs, le quotidien russe RBK affirme que le commandant de bord aurait décidé de ne pas procéder au dégivrage des ailes de l'avion avant son décollage malgré des températures négatives.

Selon un pilote d'un An-148 de ligne cité par RBK, "l'équipage peut très bien prendre cette décision si, par exemple, la neige n'est pas humide" et ainsi éviter à la compagnie d'économiser 2.250 euros.

"En refusant un traitement avec du liquide antigel, l'équipage pouvait gagner du temps, puisque le vo létait déjà un peu en retard, mais aussi de l'argent: la procédure peut représenter le prix de 10 à 20 billets pour un vol", explique une source au sein de l'enquête au quotidien russe Kommersant.

Dans son communiqué, le MAK n'a pas indiqué si l'équipage a procédé au dégivrage des ailes ou non et a précisé poursuivre l'analyse de la boîte noire.

Lundi, Saratov Airlines avait annoncé suspendre l'exploitation de ses An-148, un modèle relativement récent du constructeur Antonov qui a réalisé son premier vol en 2004. La compagnie aérienne a affirmé que l'An-148 en question, mise en service en 2010, avait subi un contrôle poussé en janvier, n'ayant révélé aucun défaut.

Les recherches des débris et restes des corps mobilisent un millier de personnes sur plusieurs dizaines d'hectares dans le district de Ramenski, à quelque 70 km au sud-est de Moscou, près du village de Stepanovskoïé.

Elles pourraient prendre "environ une semaine", a indiqué lundi le ministre des Transports Maxime Sokolov.

La majorité des passagers étaient originaires de la région d'Orenbourg, qui a observé une journée de deuil lundi. Parmi les victimes se trouvaient trois étrangers dont un Suisse.

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18 commentaires - Crash près de Moscou: les sondes Pitot mises en cause par une boîte noire
  • Qu'est ce qui est tout et n'importe quoi, et quelle est la version "made in cheval blanc" ?

  • Je viens de lire le premier rapport rédigé à partir de la lecture de la boîte noire ayant enregistré les données techniques et qui a été publié dans des journaux étrangers:
    il montre que les pilotes ont été très vite en difficulté suite aux informations contradictoires données par les sondes et ont eu peu de temps pour réagir et comprendre ce qui se passait: le crash a eu lieu 6 minutes après le décollage. A 130/150m d'altitude les pilotes ont enclenché le pilote automatique, 2min30 après le décollage altitude 1300m et vitesse donnée par les appareils 465/470 km/h, à partir de là les données des deux sondes deviennent contradictoires, 30 secondes plus tard il y a 30km d'écart puis cet écart augmente rapidement, l'avion atteint alors 2000m, pour la seconde fois l'équipage s'inquiète de la défaillance des appareils et reprend alors le pilotage manuel, les données fournies alors par les appareils varient entre 0 km/h et 540/560 alors que la vitesse réelle au sol n'est plus que de 200km/h, l'avion commence à décrocher avec une pente de 30/35°, les données des appareils donnent 0km alors que la vitesse estimée pendant la chute est 800km/h, 3 ou 4 secondes avant le crash l'avion vire de 25° sur la droite puis s'écrase.....A première vue un décrochage par manque de vitesse.

    Je laisse à plus compétent que moi (je me limite à traduire) d'en dire plus.

    Condoléances aux familles des 71 victimes.

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    ilfallaitledire  (privé) -

    Ce type d'accident n'est pas rare dans les pays en voie de développement ou le matériel utilisé est souvent vieux et obsolète.

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    Steppenwolf  (privé) -

    ce qui n'est pas le cas donc en Russie. d'autant que l'avion était neuf.

    Oui mais pas dans ce cas, c'est un modèle récent ( quoique controversé pour sa fiabilité). Mais ne pas mettre le tube pitot en dégivrage, c'est une faute de pilote, pas d'appareil.

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    Steppenwolf  (privé) -

    ben au moins voilà une info qui va clouer le bec à tous les russophobes qui nous affirmaient pompeusement du manque d'entretien, de la vodka et autre âneries et élucubrations des clichés russophobiques habituels........... donc encore un problème de sonde pitot et j'anticipe sur la réac russophobique en précisant que : le MAK n'a pas indiqué si l'équipage a procédé au dégivrage des ailes ou non.

    Ben si tu notes j'ai parlé d'erreur de check list ...

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    Steppenwolf  (privé) -

    alpha
    je note surtout que lorsque j'évoque les russophobes tu réagis.
    te sentirais tu inclus ?

  • Magnifique ! C'est plein de commandants de bord chevronnés, ici.

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    jaunedeuf  (privé) -

    Allez donc leur donner des cours......

    c'est ce que je vois !!!

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    Steppenwolf  (privé) -

    ouais en effet ! j'ai même localisé Satanas et Diabolo ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines..........

    13 brevets et qualifications diverses, p'tit gars...

    Je veux bien, p'tit gars... mais ça reste à prouver, ces 13 brevets et qualifications diverses. Et, sur le forum, c'est plutôt difficile.

    Oui p(tit gars mais remarque que je préfère mes brevets ( hélico) aux qualif du cheval blanc...

    Tant mieux, tant mieux, grand bien vous fasse. Mais ça n'a rien à voir avec le sujet. Complètement en dehors de la plaque.

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