La poétesse Liu Xia, veuve du dissident chinois Liu Xiaobo, a quitté la Chine

La poétesse Liu Xia, veuve du dissident chinois Liu Xiaobo, a quitté la Chine
Liu Xiaobo et Liu Xia à Pékin en Chine, le 23 avril 2013

AFP, publié le mardi 10 juillet 2018 à 07h53

La veuve du dissident chinois et prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, qui était maintenue de facto en résidence surveillée à Pékin, a embarqué à bord d'un avion et a quitté la Chine, a indiqué mardi à l'AFP un de ses proches.

La poétesse Liu Xia, 57 ans, n'était plus libre de ses mouvements depuis que son mari avait obtenu le prix Nobel en 2010, une situation qui n'avait pas changé depuis le décès de ce dernier en juillet 2017 d'un cancer du foie. 

"Aujourd'hui vers 11H00 heure locale (03H00 GMT), Liu Xia a pris un vol de (la compagnie aérienne) Finnair et a quitté Pékin" a annoncé à l'AFP Ye Du, un ami du couple.

Le vol est à destination d'Helsinki, mais la destination finale de Mme Liu n'a pas été révélée.

Le dissident Liu Xiaobo avait été condamné en 2009 à 11 ans de prison pour "subversion" pour avoir cosigné un appel en faveur d'élections libres en Chine.

Mme Liu était sous très étroite surveillance du régime communiste, même si elle n'a jamais fait l'objet d'une quelconque condamnation. Les autorités chinoises assuraient cependant qu'elle était libre de ses mouvements. 

Cinq diplomates, dont un Allemand, un Britannique, un Canadien, un Français et un représentant de l'Union européenne, avaient été refoulés en mai de la résidence de Liu Xia à Pékin alors qu'ils tentaient de lui rendre visite.

Selon l'un de ses proches, l'écrivain dissident Liao Yiwu, qui vit en Allemagne, la poétesse lui a confié il y a quelques mois par téléphone qu'elle était prête à "se laisser mourir", les autorités chinoises lui interdisant de quitter le pays.

D'après l'association de défense des droits de l'homme Amnesty International, la veuve du dissident "va rejoindre l'Allemagne". 

Le départ de Liu Xia intervient au lendemain d'une rencontre entre le Premier ministre chinois Li Keqiang et la chancelière allemande Angela Merkel.

En mai, plusieurs dizaines d'artistes et d'écrivains, en France et aux Etats-Unis, avaient appelé publiquement les autorités chinoises à libérer la poétesse.

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