La Papouasie exige de l'Australie un calendrier pour évacuer les réfugiés

Chargement en cours
Manifestation pour mettre un terme à la crise des réfugiés sur l'île de Manus, le 4 novembre 2017 à Sydeney, en Australie
Manifestation pour mettre un terme à la crise des réfugiés sur l'île de Manus, le 4 novembre 2017 à Sydeney, en Australie
1/2
© AFP, PETER PARKS

AFP, publié le vendredi 19 juillet 2019 à 08h39

Le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée James Marape a appelé l'Australie vendredi à fixer une date-limite pour relocaliser des centaines de demandeurs d'asile bloqués sur l'île de Manus depuis des années.

M. Marape, qui rencontrera son homologue australien Scott Morrison à Canberra la semaine prochaine, a déclaré à la chaîne australienne ABC qu'il voulait "établir un calendrier" pour trouver un lieu d'habitation aux migrants détenus sur Manus.

"On parle d'êtres humains. On ne peut pas les laisser dans les limbes sans idée de leur avenir", a dit le Premier ministre, qui vient d'arriver au pouvoir.

L'Australie mène depuis 2013 une politique d'immigration draconienne. Elle n'accepte aucun boat people sur son sol, même ceux qui remplissent les critères du droit d'asile. Les migrants qui ne sont pas directement refoulés en mer sont envoyés dans des camps de rétention dans le Pacifique, comme Manus ou sur l'île de Nauru, avec interdiction de s'installer en Australie.

James Marape a déclaré qu'il avait déjà discuté de cette question avec Peter Dutton, le ministre australien de l'Intérieur tenant de la ligne dure contre les demandeurs d'asile.

"Je lui ai demandé d'accélérer la procédure d'élimination du problème des demandeurs d'asile", a-t-il déclaré. "Il y a de vrais réfugiés et il y a aussi de faux réfugiés. Que va-t-il se passer avec ceux qu'on a chez nous"?, a-t-il demandé.

Les conditions de vie des demandeurs d'asile relégués dans les camps du Pacifique sont dénoncées par l'ONU et les défenseurs des droits de l'Homme.

Beaucoup ont été relocalisés mais environ 450 hommes sont toujours à Manus. Ces dernières semaines, le nombre de tentatives de suicide parmi des migrants de plus en plus désespérés a augmenté.

Environ 350 demandeurs d'asile sont toujours à Nauru.

Canberra justifie sa politique par la nécessité de dissuader les migrants d'entreprendre un périlleux voyage en mer et de décourager les passeurs. 

Depuis qu'il est devenu Premier ministre il y a deux mois, M. Marape a déclaré la guerre à la corruption endémique dans son pays et promis de rééquilibrer ses relations avec ses alliés, ainsi qu'avec les multinationales qui exploitent les vastes ressources minières de la Papouasie.

Il est attendu dimanche en Australie, son premier voyage à l'étranger en tant que chef du gouvernement.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.