La Ghouta orientale, "talon d'Achille" du régime syrien, dans le viseur de Damas

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 De la fumée s'élève sur la ville rebelle de Erbine, dans la Ghouta orientale assiégée, après une frappe, le 2 janvier 2018

De la fumée s'élève sur la ville rebelle de Erbine, dans la Ghouta orientale assiégée, après une frappe, le 2 janvier 2018

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© AFP, ABDULMONAM EASSA
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AFP, publié le dimanche 07 janvier 2018 à 10h05

Dans la Ghouta orientale, enclave rebelle aux portes de Damas, les insurgés syriens ont réussi à maintenir leur force de frappe, devenant le talon d'Achille du régime pour qui une offensive militaire semble inéluctable, estiment des experts.

Cette région à l'est de Damas, assiégée depuis 2013 par le régime, est le théâtre d'une grave crise humanitaire et de sanglants raids aériens de l'armée de Bachar al-Assad. Hautement stratégique, son contrôle permet aux rebelles de tirer pour leur part régulièrement roquettes et obus meurtriers sur la capitale.

"La résistance dans la Ghouta orientale est devenue une source d'embarras majeure pour le régime, qui se proclame comme le vainqueur en Syrie face à la rébellion", affirme à l'AFP Joshua Landis, spécialiste de la Syrie et professeur à l'Université d'Oklahoma (Etats-Unis).

Les forces du régime ont réussi à asseoir leur pouvoir sur plus de la moitié du pays, multipliant ces derniers mois les succès face aux insurgés et aux jihadistes, grâce en particulier au soutien militaire de l'allié russe.

Alors que des négociations de paix se déroulent hors du pays, "le régime veut convaincre la communauté internationale qu'il est désormais confronté à une opposition très limitée, si ce n'est dans quelques enclaves", souligne M. Landis.

Des groupes rebelles et jihadistes ont toutefois réussi il y a une semaine à assiéger une base militaire du régime, en périphérie de la Ghouta, poussant Damas à intensifier ses bombardements.

L'enclave reste le "talon d'Achille" du régime, explique Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Les groupes rebelles y sont puissants et représentent une menace directe pour la capitale."

- 'Assise populaire' -

Les combats dans la région n'ont jamais réellement cessé, même si elle fait partie des quatre zones de désescalade décidées par les parrains internationaux des belligérants pour instaurer des cessez-le-feu.

La Ghouta est ainsi visée quasi-quotidiennement par les frappes aériennes ou les tirs d'artillerie du régime, qui ont fait des milliers de morts et de blessés depuis 2011.

En représailles, les insurgés ont tiré obus et roquettes sur Damas, tuant des centaines de civils.

Dans le périmètre assiégé d'une centaine de km², les quelque 400.000 habitants souffrent de pénuries de nourritures et de médicaments, et connaissent des cas de malnutrition qui menacent particulièrement les enfants.

Malgré ces conditions difficiles, les groupes rebelles islamistes jouissent toujours d'une "assise populaire", puisque "des milliers de combattants sont originaires de la région", relève M. Abdel Rahmane.

Jaich al-Islam, puissant groupe rebelle islamiste qui reconnaît l'accord de désescalade et participe aux négociations sous l'égide de l'ONU, domine notamment la Ghouta orientale, où il contrôle Douma, la plus grande ville.

Il partage le pouvoir avec Failaq al-Rahmane, autre groupe d'insurgés islamistes qui contrôle notamment les localités d'Erbine et de Hamouria.

Mais ce sont les rebelles d'Ahrar al-Cham et les jihadistes de Fateh al-Cham, l'ex-branche d'Al-Qaïda, qui ont lancé l'offensive il y a une semaine contre la base militaire du régime.

- Issue militaire -

"Le régime va intensifier ses opérations pour (...) récupérer cette position, quel qu'en soit le prix", assure Sam Heller, du centre de réflexion Century Foundation.

Ces derniers jours, les médias syriens proches du régime avaient confirmé l'envoi de renforts sur ce front.

Pour M. Heller, on se dirige vers "une résolution militaire en faveur du régime", dans les zones de la Ghouta contrôlées par Failaq al-Rahmane, Ahrar al-Cham, ou encore Fateh al-Cham.

Le défi est tout autre pour Jaich al-Islam: il représente "une force militaire non négligeable, et contrôle une masse démographique importante", selon cet expert.

Sans compter que ce groupe rebelle "est engagé dans des pourparlers sérieux avec la Russie, pouvant mener à une solution négociée qui permettrait le maintien de sa présence", précise-t-il.

"L'accord de désescalade va s'effriter dans les semaines à venir", ajoute M. Landis. "Jusqu'à présent, Assad a préféré affamer et bombarder l'enclave de la Ghouta plutôt que de lancer une coûteuse attaque frontale", souligne-t-il.

Par le passé, l'ONU avait dénoncé cette politique de l'état de siège, qui avait permis au régime de signer des accords de "réconciliation", obligeant les rebelles à être transférés vers la province d'Idleb, la seule dans le nord-ouest à échapper entièrement au pouvoir de Damas.

"On peut s'attendre à plus de pressions sur les milices de la Ghouta, pour les obliger à se rendre, accepter une réconciliation ou la déportation vers Idleb", pronostique Joshua Landis.

 
9 commentaires - La Ghouta orientale, "talon d'Achille" du régime syrien, dans le viseur de Damas
  • Bizarre la population crève de faim et les rebelles ont toujours des munitions ? il faudrait m'expliquer !

  • L'ennemi c'est Daech à cause des risques d'attentat,en dehors de cela ,les Occidentaux et les Russes auraient gagné à ne pas s'ingérer dans des conflits qui ne regardent que les Syriens.

  • Il faut surtout retenir à propos de cet article confus - mais qui fait l'article pour ce bon Bachar El Assad - que, "quel qu'en soit le prix" il va y avoir y avoir encore nombre de victimes civiles ce dont cet homme et son grand pote Vladimir s'en contrefichent royalement et .... despotiquement.
    Hein Mig21?
    PS : Cela ressemble tristement à ce qui se passe dans un pays voisin avec une population également opprimée : Gaza !
    Hein tamberg ?

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    STURMIIIG  (privé) -

    Mon cher, le fait que les dits rebelles et les djihadistes se servent des populations civiles sous leurs contrôles comme boucliers humains et que la souffrance de celles-ci leur est utile pour l'opinion internationale semble être comme a dit dans le passé un homme politique " détail" pour vous !

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    akronous  (privé) -

    " il va y avoir y avoir encore nombre de victimes civiles ce dont cet homme et son grand pote Vladimir s'en contrefichent royalement " ! Comment osez-vous écrire cela ?

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    STURMIIIG  (privé) -

    Mon cher akronous, et vous, comment pouvez-vous oublier que les dits rebelles et djihadistes se servent des populations civiles sous leurs contrôles et comme boucliers humains et se servent de la souffrance qu'ils occasionnent à ces populations pour influencer à leurs profit l'opinion internationale !

  • Quelle pétaudière !
    Quand on fait des recherches sur les groupes rebelles cités dans l'article, on a à peine compris ce qu'est un des rebelles qu'on a oublié tout du précédent.
    Ces groupes non seulement changent de nom mais sont aussi, entre eux, des acrobates de la fusion de mouvements, de scission , de renversements d'alliances et de retournements de veste.
    Par contre, ils sont au minimum islamistes, sinon salafistes et même terroristes.
    Et les soutiens habituels : Arabie Saoudite, Qatar, USA, Turquie et autres pays occidentaux.

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    humaminor  (privé) -

    Nos médias soutiennent beaucoup plus les rebelles islamiques syriens que le peuple syrien. Les bons rebelles cachés parmi la population pour faire un maximum de morts civils, les rebelles ne peuvent que détruire un peu plus le pays et sacrifier les populations. Cette révolution perdure grâce à l’aide de pays étrangers qui se moquent bien du peuple syrien et de ses droits de l’homme, pour preuve la participation de l ’Arabie Saoudite dans l’aide aux rebelles. Comment est-il possible qu’un régime présenté comme sanguinaire laisse partir les rebelles armés dans une autre région?

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