La France fustige le comportement "inadmissible" de la Turquie et évoque un renforcement des sanctions

La France fustige le comportement "inadmissible" de la Turquie et évoque un renforcement des sanctions
Franck Riester, le 27 octobre, à l'Assemblée nationale

, publié le samedi 21 novembre 2020 à 12h20

Par la voix du ministre délégué au Commerce extérieur, le gouvernement appelle à un "discours de vérité" face au comportement d'Ankara, notamment dans la crise du Haut-Karabakh, qui oppose Arménie et Azerbaïdjan.

Le prochain Conseil européen se penchera sur la Turquie et pourrait la contraindre "beaucoup plus" à cause de son comportement "inadmissible" au Haut-Karabakh, a mis en garde le ministre français délégué au Commerce extérieur, Franck Riester, samedi 21 novembre.  A l'antenne de France Inter, le ministre a fustigé l'attitude d'Ankara autour des appels à boycott de produits français dans certains pays musulmans sur fond de controverse sur les caricatures du prophète Mahomet. 

"La Turquie joue un rôle condamnable en matière d'instrumentalisation du discours du président de la République ou des positions de la France afin de nuire à la France et de nuire aux valeurs que porte la France", a-t-il jugé. Il a rappelé les autres griefs de Paris envers Ankara: "On souhaite que la Turquie change, on souhaite que ce comportement change, ce comportement expansionniste en Méditerranée orientale avec ces forages qui portent atteinte à la souveraineté chypriote et grecque". 

Franck Riester a aussi appelé à ce que la Turquie "cesse ce comportement notamment en Afrique du Nord avec un certain nombre de trafics d'armes" et qu'elle "cesse d'instrumentaliser la question migratoire par rapport à l'Europe, on sait bien qu'ils jouent sur cette corde-là et ce n'est plus possible". 

Les éventuelles sanctions renvoyées à décembre

"La Turquie est un grand peuple, un grand pays avec lequel on a envie d'avoir des relations diplomatiques et économiques mais avec lequel on doit avoir un discours de vérité car on ne peut pas continuer comme ça", a-t-il dit. "C'est un discours que porte l'Europe, et pas simplement la France et c'est la raison pour laquelle une nouvelle fois au prochain Conseil européen, cette question turque sera abordée pour voir de quelle manière on contraint peut être un peu plus, voire beaucoup plus, la Turquie parce que son comportement notamment dans la crise du Haut-Karabakh est inadmissible", a-t-il ajouté.

Après une série de contentieux, l'Union européenne a condamné fin octobre les provocations "totalement inacceptables" d'Ankara mais renvoyé à son sommet de décembre toute prise de décision sur d'éventuelles sanctions.

Sur la question du Nagorny Karabakh, l'Azerbaïdjan et l'Arménie ont signé la semaine dernière un accord parrainé par la Russie qui a mis fin à plusieurs semaines d'affrontements meurtriers dans cette région séparatiste d'Azerbaïdjan à majorité arménienne. La France a depuis appelé la Russie à lever les "ambiguïtés" entourant ce cessez-le-feu, notamment sur le rôle de la Turquie, qui a armé et soutenu l'Azerbaïdjan et dont l'influence est croissante dans la région. 
 

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