La dénucléarisation, une promesse maintes fois trahie de la Corée du Nord

La dénucléarisation, une promesse maintes fois trahie de la Corée du Nord
Le dictateur nord-coréen Kim Jong-un et Donald Trump mardi 12 juin à Singapour.

leparisien.fr, publié le mardi 12 juin 2018 à 18h02

A l'issue de la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un les deux pays se sont engagés sur «une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne». Une promesse floue que la Corée du Nord avait déjà faite de nombreuses fois.

Mardi 12 juin, à l'issue d'une rencontre aussi médiatique qu'historique avec Donald Trump, le leader de la République populaire démocratique de Corée (le nom officiel de la Corée du Nord), s'est engagé en faveur « d'une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ».

Au-delà du symbole fort que cette rencontre envoie au monde entier, la déclaration commune signée par les deux pays ne contient finalement pas grand-chose, si ce n'est des engagements plutôt flous.

De quoi laisser encore une large part d'incertitude sur la poursuite de la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Car le régime de Kim Jong-un qui s'est engagé à plusieurs reprises à réduire son armement nucléaire a également brisé de nombreuses fois ses promesses. Retour sur ces épisodes ?

1994-2002 : une première promesse brisée

Dans les années 1990 le régime de Pyongyang est soupçonné par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de travailler à l'élaboration d'une bombe atomique sur le site de sa centrale nucléaire de Yongbyon (dans le centre ouest du pays). L'administration du président américain Bill Clinton envisage alors, en 1994, de frapper le site préventivement. Mais, par chance, l'ancien président Jimy Carter se trouve au même moment à Pyongyang pour négocier la libération d'un américain.

Carter parvient à décrocher, en octobre 1994, un accord-cadre entre les deux pays. Cet accord prévoit la mise en place d'un consortium international pour la construction de deux réacteurs nucléaires à usage civil. En échange, la Corée du Nord s'engage à un gel de son programme atomique.

Mais en octobre 2002, alors que James Kelly, le secrétaire adjoint américain est en visite à Pyongyang, des responsables nord coréens reconnaissent continuer à développer un programme d'armement nucléaire, en violation de l'accord d'octobre 1994. Ce dernier est donc considéré comme caduque. Quant aux deux réacteurs promis, ils ne verront pas le jour.

2003-2006 : le pari raté du multilatéralisme

La donne change un peu plus tard. En 2003, alors que la Corée du Nord a annoncé son retrait en début d'année du traité de non-prolifération nucléaire, les pays voisins de la Corée du Nord et les Etats-Unis se lancent dans une nouvelle stratégie : des négociations multilatérales.

Les délégations de six pays, Corée du Nord, Corée du Sud, Etats-Unis, Chine, Japon et Russie participent à des pourparlers sur la dénucléarisation de la Corée du Nord fin août. Et déjà le but affiché par le président américain George W Bush est « que M. Kim Jong-il (le père de Kim Jong-un et, alors, leader nord coréen), en entendant d'autres voix, décidera de démanteler complètement son programme d'armement nucléaire ».

Ces négociations aboutissent à une déclaration conjointe le 19 septembre 2005, dans laquelle la Corée du Nord s'engage à abandonner son armement nucléaire en échange de la possibilité d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins civiles. Elle s'engage également à réintégrer le TNP qu'elle avait quitté en 2003. Mais dès le lendemain le régime communiste demande de nouvelles conditions.

En octobre 2006, la Corée du Nord tourne une nouvelle fois le dos aux pourparlers et à ses engagements et procède à un essai nucléaire sous-terrain. Quelques jours après cet essai, l'ONU adopte une résolution mettant en place des sanctions financières contre la Corée du Nord.

2007-2009 : la troisième tentative

Enfin, en 2007 au terme d'un accord intervenu après les négociations à six, Pyongyang s'engage à « désactiver » son programme nucléaire en échange d'une aide énergétique et alimentaire et de garanties de sécurité par les Etats-Unis.

Mais les avancées sont fragiles et en dépit des aides - notamment un million de tonnes de pétrole accordé au régime en échange de la fin de son programme nucléaire - Pyongyang ferme la porte aux discussions et conduit un nouvel essai nucléaire en 2009.

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