La coalition frappe "par erreur" des forces irakiennes: huit morts

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 Une colonne de fumée se dégage de la ville irakienne de Mossoul après un raid de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, en soutien aux forces irakiennes au sol face aux jihadistes, le 9 juillet 2017

Une colonne de fumée se dégage de la ville irakienne de Mossoul après un raid de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, en soutien aux forces irakiennes au sol face aux jihadistes, le 9 juillet 2017

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© AFP, Ahmad al-Rubaye

AFP, publié le samedi 27 janvier 2018 à 12h48

Huit personnes en majorité des policiers ont été tuées samedi en Irak dans un raid mené "par erreur" par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, en raison d'une faille dans la coordination militaire sur le terrain.

Cette frappe survenue lors d'une opération antijihadistes, a provoqué l'ire de leaders chiites irakiens anti-américains, dont l'influent Moqtada Sadr qui a appelé à punir "immédiatement" les auteurs du raid.

Elle a eu lieu dans la localité Al-Baghdadi, située à 250 km à l'ouest de Bagdad, dans la province sunnite d'Al-Anbar, où se trouvaient jusqu'à récemment les derniers bastions du groupe jihadiste Etat islamique (EI) que l'Irak a déclaré défait en décembre.

"Huit personnes, dont un haut-gradé du renseignement, cinq policiers et une femme, ont été tuées par une frappe américaine sur le centre d'Al-Baghdadi", a indiqué un responsable provincial.

"Il semble que la frappe ait été menée par erreur", a-t-il dit sous le couvert de l'anonymat.

Le raid a également fait une vingtaine de blessés, dont le chef de la police de la localité, touché grièvement, ainsi que le maire et d'autres responsables locaux, a-t-il poursuivi.

La localité est proche de la base d'Aïn al-Assad, où sont stationnés des avions américains de la coalition internationale qui a aidé les forces irakiennes à chasser l'EI de tous les centres urbains du pays.

- 'Absence de coordination' -

Le Commandement conjoint des opérations (JOC), qui rassemble l'ensemble des forces irakiennes impliquées dans la lutte anti-EI, a publié un communiqué détaillant l'opération de l'aube, sans faire mention de victimes.

Selon lui, les forces irakiennes avaient obtenu des informations sur "une réunion à Al-Baghdadi en présence du commandant terroriste Karim al-Soumarmad". Un raid a été ordonné "avec un appui aérien de la coalition" et le "terroriste" a été arrêté. Les forces irakiennes "ont été ensuite la cible d'une grenade tirée d'une maison voisine".

En prenant la route pour retourner à leur base, ces forces spéciales ont croisé un convoi de voitures se dirigeant vers la maison suspecte. Ignorant qu'il s'agissait de renforts de la police et des supplétifs du Hachd al-Chaabi à bord de pick-up, elles ont alerté la coalition qui a mené un raid aérien. Le texte du JOC dénonce une "absence de coordination".

Des vidéos amateurs montrent des véhicules de la police calcinés, ainsi que des traces de sang au sol.

"Une enquête a été ouverte", a précisé le JOC. 

Le porte-parole de la coalition, le colonel Ryan Dillon, a expliqué à l'AFP que "la coalition a été sollicitée pour apporter un soutien aux forces irakiennes, ce qui a été fait".

"Les forces irakiennes ont ouvert une enquête et la coalition enquête également sur toutes les allégations de pertes, en particulier civiles", a-t-il ajouté.

- Colère de chefs antiaméricains -

Des dignitaires irakiens anti-américains et proches de l'Iran, ennemi juré des Etats-Unis, ont dénoncé ce raid.

"Une nouvelle fois l'occupant américain démontre sa tyrannie et son arrogance en violant de façon flagrante l'indépendance et la souveraineté du gouvernement irakien", a écrit sur Twitter Moqtada Sadr, chef de milices ayant combattu la présence américaine en Irak.

Il a demandé à ce que les Etats-Unis rendent des comptes et à ce que les auteurs du raid soient "immédiatement" punis.

De son côté, Qaïs al-Khazali, fondateur et chef de la puissante milice irakienne Assaïb Ahl al-Haq (La ligue des vertueux), soutenue par l'Iran, a estimé que cette frappe "pose des questions importantes et dangereuses", également sur Twitter.

Ces questions portent "sur la présence militaire américaine en Irak et sa justification après que l'EI a été défait militairement", a-t-il poursuivi.

Les autorités irakiennes ont annoncé en décembre la victoire militaire contre l'EI qui a occupé pendant trois ans de vastes pans de territoire en Irak. 

Mais elles ont ensuite fait état de "cellules dormantes" jihadistes qu'elles continuent à traquer. Quelque 4.000  militaires et conseillers américains sont toujours basés en Irak.

Selon l'ONG Airwars, fondée à Londres en 2014 et composée de journalistes et de chercheurs, le nombre de civils tués par la coalition en Irak et en Syrie a triplé en 2017 -entre environ 4.000 et 6.000- en raison des assauts lancés contre des centres urbains très peuplés qui étaient tenus par l'EI.

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