La candidate à la direction de la CIA promet de pas avoir recours à la torture

La candidate à la direction de la CIA promet de pas avoir recours à la torture
Washington, le 9 mai 2018. Gina Haspel lors de son audition devant la commission du renseignement du sénat américain.

leparisien.fr, publié le mercredi 09 mai 2018 à 18h57

Numéro 2 de la centrale de renseignement américaine, Gina Haspel avait dirigé en 2002 une prison secrète en Thaïlande où les détenus suspectés d'appartenir à Al-Qaïda étaient torturés.

C'est juré, les simulacres de noyade et autre tortures ne feront plus jamais partie de l'arsenal de la CIA. Gina Haspel, choisie par Donald Trump pour diriger l'agence américaine de renseignement, l'a promis lors de son audition devant la commission du Sénat chargée de confirmer sa nomination.

Et ce, même si le président le lui demandait. « Mon code moral est solide. Je ne permettrais pas à la CIA de poursuivre des activités que j'estimerais amorales, même si elles étaient techniquement légales. Je ne le permettrait pas du tout », a assuré Gina Haspel confrontée aux questions pressantes d'un sénateur. «La torture marche», avait de son côté lancé le candidat Donald Trump en pleine campagne pour décrocher la nomination républicaine mais son actuel secrétaire à la Défense, Jim Mattis, y est opposé.

Une prison secrète en Thaïlande

Jusqu'à présent numéro 2 de la CIA, Mme Haspel, 61 ans, qui a passé trente-trois ans au sein de l'agence de Langley, était attendue au tournant depuis qu'elle a été appelée à succéder à Mike Pompeo nommé secrétaire d'Etat (ministre des Affaires étrangères) par Donald Trump.

C'est que Gina Haspel a dirigé pendant au moins une partie de l'année 2002 une prison secrète de la CIA en Thaïlande, où les détenus suspectés d'appartenir à Al-Qaïda étaient fréquemment torturés dans le contexte de l'après-11-Septembre. Ginal Haspel est convenue mercredi que les pratiques utilisées à l'époque étaient déjà interdites par le code de conduite militaire mais que l'administration Bush avait autorisé ces interrogatoires poussés, une pratique bannie sous son successeur Barack Obama.

«Je sais faire la différence entre le bien et le mal»

Après les attentats du 11-Septembre, « nous étions chargés de nous assurer que le pays ne soit plus attaqué », a-t-elle souligné. « Mes collègues et moi au sein de l'antiterrorisme avons travaillé aussi dur que possible avec les outils à notre disposition pour nous assurer que notre mission serait couronnée de succès ». Gina Haspel a également défendu la décision de détruire une centaine de cassette vidéo montrant les interrogatoires poussés d'un suspect, en raison des risques pour la sécurité des agents qui pouvaient être identifiés sur les images. « Mes parents m'ont bien élevée, je sais faire la différence entre le bien et le mal », a par ailleurs souligné celle qui s'est présentée comme la fille d'un militaire de l'US Air Force née dans le Kentucky (sud) et issue de la classe moyenne américaine.

«La CIA n'était pas prête»

« Je peux vous assurer de mon engagement personnel et sans réserve, que sous ma direction la CIA ne reprendra pas un tel programme d'interrogatoire et de détention », a affirmé Gina Haspel devant la commission sénatoriale. « Avec le recul, a t-elle admis mercredi, il est clair (...) que la CIA n'était pas prête à conduire un programme de détention et d'interrogatoire ». Gina Haspel n'avait de toute façon pas le choix : les Républicains ne disposant que d'une voix d'avance sur les Démocrates à la commission du renseignement du Sénat, Donald Trump court toujours le risque de voir son choix pour la CIA repoussé, ce qui constituerait un camouflet. L'audition de Mme Haspel a d'ailleurs été plusieurs fois interrompue par des opposants à sa nomination, qui l'ont qualifié de « tortionnaire ». Elle devait reprendre à huis clos.

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