La Belgique suspend la demande de remise à l'Espagne du Catalan Puigdemont

La Belgique suspend la demande de remise à l'Espagne du Catalan Puigdemont
Carles Puigdemont lors d'une session du Parlement européen, le 29 janvier 2020.

, publié le lundi 17 février 2020 à 14h58

La Belgique ne livrera pas à l'Espagne les responsables indépendantistes catalans Carles Puigdemont et Toni Comin avant que le Parlement européen se soit prononcé sur une demande de levée de l'immunité de ces deux eurodéputés, a tranché lundi la justice belge.

Joint par l'AFP, un des avocats des Catalans, Me Simon Bekaert, a confirmé la décision rendue par la chambre du conseil du tribunal néerlandophone de Bruxelles.

"Le juge a décidé de reporter sine die le traitement de la demande d'extradition (...), en attendant la décision du Parlement européen sur la demande de levée d'immunité", a déclaré l'avocat.

M. Puigdemont, ex-président de la région Catalogne, et M. Comin, un de ses anciens "ministres", avaient fui en Belgique fin octobre 2017 après une tentative de sécession.

Ils sont tous deux recherchés par la justice espagnole, qui les accuse notamment de "sédition" et a déjà émis plusieurs mandats d'arrêt européens pour obtenir leur remise par la Belgique.

Les derniers mandats d'arrêt en date remontent à l'automne 2019.

Le juge d'instruction belge ayant engagé la procédure avait décidé de la suspendre début janvier, en vertu de la qualité d'eurodéputé de MM. Puigdemont et Comin leur offrant une immunité.

Une décision que n'a fait que confirmer lundi la chambre du conseil, selon Me Bekaert. "Dans son raisonnement, le juge a dit qu'il était lié par la décision du mois de janvier", a expliqué l'avocat.

Quant à la demande de levée de l'immunité de MM. Puigdemont et Comin, formulée le mois dernier par un juge espagnol, le Parlement européen n'a pas encore tranché. La décision finale n'est pas attendue avant juin, selon des sources parlementaires.

Outre Carles Puigdemont et Toni Comin, d'autres responsables indépendantistes catalans ont été élus en mai 2019 au Parlement de Strasbourg.

L'un d'eux, Oriol Junqueras, ancien numéro deux du gouvernement catalan, emprisonné en Espagne, s'est vu retirer son mandat après sa condamnation à 13 ans de prison et d'inéligibilité par la justice espagnole.

Une autre, Clara Ponsati, qui s'est réfugiée en Ecosse, est également sous le coup d'une demande de levée de son immunité. La procédure a été engagée la semaine dernière par le Parlement européen.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.