L'ouragan Florence déferle sur la côte est américaine

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Un homme agite le drapeau américain face au vent et à la pluie quelques heures avant l'arrivée de l'ouragan Florence à Wilmington, en Caroline du Nord, le 13 septembre 2018
Un homme agite le drapeau américain face au vent et à la pluie quelques heures avant l'arrivée de l'ouragan Florence à Wilmington, en Caroline du Nord, le 13 septembre 2018
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© AFP, ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

AFP, publié le vendredi 14 septembre 2018 à 05h47

La côte atlantique américaine se préparait vendredi à subir de plein fouet l'impact de l'ouragan Florence qui, avec des pluies diluviennes poussées par des vents violents, menace de provoquer des inondations catastrophiques.

L'ouragan reste dangereux même s'il a été rétrogradé en catégorie 1, sur l'échelle Saffir-Simpson qui en compte cinq, a averti le Centre national des ouragans (NHC). Avec des vents calculés à 150 km/h, à des niveaux très proches de la deuxième catégorie, l'oeil du cyclone se trouvait à 95 km de Wilmington, en Caroline du Nord, à 23H00 locales (03H00 GMT vendredi) selon l'institut.

Dans cet Etat, plus de 150.000 foyers étaient privés d'électricité à la même heure, selon le service local de gestion des urgences.

Les premières rafales de vent accompagnées de fortes pluies se sont abattues jeudi après-midi la ville portuaire de Wilmington, faisant vaciller les arbres et les feux tricolores suspendus, selon un journaliste de l'AFP.

Presque une déception pour Matthew et Kevin Goricki, qui se promenaient torse nu dans les rues de la vieille ville où une poignée de bars sont restés ouverts dans la soirée. "Ce n'est pas aussi fort qu'annoncé", lance Matthew.

Florence se dirige vers la côte à 9 km/h et son oeil devrait atteindre le littoral vendredi où l'ouragan déchargera ses pluies torrentielles pendant de longues heures avant de s'enfoncer samedi à l'intérieur des terres, accentuant le risque d'inondations et de crues soudaines, selon le NHC.  

- "Pas trop gros" -

"L'eau charriée quand il était de catégorie 4 est déjà en approche, la montée des eaux de 1,8 m à 2,7 m va arriver", a affirmé jeudi Steve Goldstein, responsable de l'Agence fédérale océanique et atmosphérique (NOAA), alors que les vagues portées par la marée ont commencé à submerger le rivage en soirée.

"Le plus important, c'est l'eau, a-t-il souligné. La menace des vents s'est un peu éloignée mais cela reste un ouragan très dangereux et puissant".

Environ 1,7 million de personnes ont été sommées de se mettre à l'abri, loin du littoral. 

A plusieurs centaines de kilomètres au sud, la célèbre station balnéaire de Myrtle Beach, en Caroline du Sud, s'est aussi transformée jeudi en ville-fantôme: rues désertes, stations-essence fermées et fenêtres calfeutrées. Sur l'immense plage, certains avaient même défié les éléments en surfant sur les premières grosses vagues amenées par l'ouragan.

Mais des habitants ont ignoré les appels à évacuer la zone. Jeff Cunningham avait choisi de rester sur son bateau, amarré dans la marina de North Myrtle Beach.

"Je suis resté pour chaque ouragan depuis 20 ans, ça ne va pas être trop gros", a-t-il assuré à l'AFP jeudi soir. "J'ai tout le nécessaire, 200 gallons (750 litres) d'eau, un générateur... Et ici c'est le meilleur endroit", a-t-il dit.

Un couvre-feu a été instauré, comme dans plusieurs autres localités de la côte atlantique et les autorités avaient appelé la population à évacuer dès mardi. Pour ceux qui n'ont pas voulu ou pu partir, plusieurs centres d'accueil ont été mis en place.

- Des volontaires en renfort -

Dans un refuge près de Myrtle Beach, Rebecca Cheledlik, une retraitée de 71 ans, se dit heureuse de rencontrer ses nouveaux voisins. "Pour moi, c'est comme une fête, je vis seule alors ça ressemble à des vacances", sourit-elle.

Une équipe de volontaires a fait le voyage depuis la Louisiane, victime de graves inondations en 2016, pour participer aux opérations de secours. "Nous sommes venus pour aider, pour faire dans d'autres régions ce que nous avons appris à faire quand la majorité de l'Etat a été inondé", a expliqué à l'AFP Rob Gaudet, l'un des fondateurs de l'association Cajun Navy.

Selon le service national météorologique (NWS), environ 4,9 millions de personnes devraient subir des précipitations de plus de 25 cm dans les cinq prochains jours.  

"Les inondations à l'intérieur des terres sont très meurtrières et c'est ce qui va arriver", a averti Brock Long, chef de l'Agence fédérale des situations d'urgence (Fema).

"L'infrastructure va être endommagée, le courant va être coupé, a-t-il poursuivi. Cela pourrait durer des jours, voire plusieurs semaines". 

Au total, entre un et trois millions d'usagers pourraient être victimes de coupures de courant dans les deux Etats de Caroline, a indiqué le fournisseur d'électricité Duke Energy, basé dans la région. Près de 3.000 électriciens de tout le pays étaient arrivés jeudi en renfort des 20.000 professionnels réquisitionnés pour rétablir le courant une fois le gros de la tempête passée, a indiqué la compagnie sur Twitter.

Plus de 1.000 vols ont déjà été annulés en raison de l'ouragan, selon les médias américains. 

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