L'ONU exhorte les Etats-Unis à cesser de séparer les enfants de leurs parents migrants

L'ONU exhorte les Etats-Unis à cesser de séparer les enfants de leurs parents migrants
Pour Donald Trump, c'est l'administration précédente qui est responsable de la situation. Il a promis l'abrogation de la mesure... contre la construction de son mur, à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

leparisien.fr, publié le mercredi 06 juin 2018 à 15h18

Les Nations unies ont appelé Washington à cesser immédiatement de séparer les enfants de leurs parents arrêtés après avoir passé clandestinement la frontière avec le Mexique ce mardi.

« La politique migratoire du gouvernement de Trump est un crime et elle est immorale. » Comme Gustavo Torres, responsable de Casa, organisation d'aide aux immigrés latinos, ils sont nombreux ces derniers jours à s'être rassemblés à travers les États-Unis pour protester contre la séparation des enfants de leurs parents migrants à la frontière mexicaine.

Ce mardi, Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, a fait écho à ces mouvements de protestation. « Nous sommes profondément préoccupés par le fait que la politique de tolérance zéro récemment mise en place le long de la frontière sud des États-Unis a fait en sorte que des personnes prises en flagrant délit d'entrée irrégulière dans le pays font l'objet de poursuites pénales et que leurs enfants - y compris des enfants extrêmement jeunes - leur sont retirés », a-t-elle déclaré lors d'un point de presse.

« Les États-Unis devraient immédiatement mettre fin à cette pratique de séparer des familles et cesser de criminaliser ce qui devrait tout au plus être une infraction administrative, celle de l'entrée ou de séjour irrégulier aux États-Unis », a-t-elle ajouté, arguant du fait que séparer des familles et détenir des enfants étaient une « violation grave des droits de l'enfant ».

Une augmentation des traversées illégales depuis le Mexique

Reste que Donald Trump se défend d'être à l'origine de cette politique, tenant le gouvernement précédent pour responsable de cette mesure. Cette loi, effectivement déjà en vigueur sous l'administration Obama, avait rarement été appliquée. Mais depuis quelques mois, le nombre de traversées illégales à la frontière mexicaine a augmenté, bien que le président ait fait de la lutte contre les clandestins une priorité de son mandat. En avril, ce sont près de 51 000 personnes dont 9 500 familles qui ont été arrêtées sur le sol américain selon la police aux frontières.

Le ministre de la Justice, Jeff Sessions, a donc durci le ton début mai, prônant la « tolérance zéro » pour les clandestins arrêtés, désormais inculpés pour « entrée illégale » avant même de pouvoir déposer une demande d'asile. « Si vous faites passer (NDLR : illégalement) un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme requis par la loi », a-t-il prévenu.

Les familles comme monnaie d'échange ?

Face aux protestations qui s'en sont suivies, Donald Trump a fini par conditionner l'abandon de cette mesure au financement d'un mur à la frontière mexicaine pour stopper les clandestins. « Mettez la pression sur les démocrates pour mettre fin à la loi horrible séparant les enfants de leurs parents quand ils ont passé la frontière », a-t-il tweeté la semaine dernière. L'organisation de défense des droits civiques ACLU a dénoncé l'utilisation des familles « comme monnaie d'échange contre un mur à la frontière ».

Selon Ravina Shamdasani, plusieurs centaines d'enfants ont été séparés de leurs parents à la frontière depuis octobre, y compris un enfant d'un an. « Nous demandons aux autorités américaines d'adopter des alternatives non privatives de liberté qui permettent aux enfants de rester dans leur famille », a conclu la porte-parole du Haut-Commissariat.

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