L'ombre de l'Iran va planer sur le sommet arabe en Arabie saoudite

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Réunion des ministres arabes des Affaires étrangères le 12 avril 2018 à Ryad pour préparer le sommet annuel arabe prévu dimanche en Arabie saoudite
Réunion des ministres arabes des Affaires étrangères le 12 avril 2018 à Ryad pour préparer le sommet annuel arabe prévu dimanche en Arabie saoudite
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© AFP, GIUSEPPE CACACE

AFP, publié le vendredi 13 avril 2018 à 22h05

Les chefs d'Etat arabes se pencheront dimanche en Arabie saoudite sur les conflits en Syrie et au Yémen ainsi que sur l'avenir de Jérusalem, mais Ryad devra profiter de ce sommet annuel pour mobiliser ses partenaires contre l'Iran, son grand rival au Moyen-Orient.

"Les Saoudiens feront pression pour une position beaucoup plus dure sur l'Iran, pas nécessairement sur le dossier nucléaire, mais sur l'influence iranienne dans les pays arabes, en particulier l'Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen", indique Karim Bitar de l'Institut des relations internationales et stratégiques basé à Paris.

Vingt-et-un des 22 Etats membres de la Ligue arabe participeront au sommet qui se tiendra à Dhahran (est de l'Arabie saoudite). La Syrie de Bachar al-Assad a été suspendue de l'organisation depuis le début de la guerre en 2011.

"L'argument de l'endiguement de l'Iran est principalement avancé par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, ainsi que par d'autres pays arabes, y compris l'Egypte", explique Andreas Krieg du King's College de Londres.

"L'Arabie saoudite s'est également tournée vers l'Irak pour tenter de nouer des liens et de contrer des milices (pro-iraniennes) là-bas", dit M. Krieg à l'AFP. "On peut dire que l'Iran sera au centre du sommet".

Alors que Washington, Paris et Londres menacent de frapper le régime syrien après une attaque chimique, les positions ont peut-être évolué sur le sort qui doit être réservé au président Assad.

"Certaines puissances régionales, auparavant déterminées à faire tomber le régime syrien --en particulier l'Arabie saoudite et la Turquie--, ont maintenant accepté le statu quo pour qu'Assad reste", affirme M. Bitar.

"Les mécènes iraniens de Bachar sont également conscients que leur protégé ne peut pas diriger seul et commencent à accepter l'idée qu'ils devront négocier des sphères d'influence dans les territoires syriens".

- Mobilisation palestinienne -

Au Yémen, où une guerre par procuration se poursuit depuis trois ans entre Ryad et Téhéran, faisant près de 10.000 morts, on assiste depuis quelques mois à une escalade avec la multiplication des tirs de missiles des rebelles Houthis, soutenus par Téhéran, vers l'Arabie saoudite.

La coalition sous commandement saoudien qui intervient au Yémen en soutien des forces progouvernementales a d'ailleurs annoncé vendredi avoir intercepté un missile dans le ciel du sud de l'Arabie saoudite pour la troisième fois en trois jours, imputant chacun de ces tirs aux rebelles yéménites basés dans le nord du pays.

Ryad accuse Téhéran de fournir ces missiles aux Houthis et dénonce une "agression directe". 

Si ce sujet sera discuté, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a, en revanche, exclu que la crise autour du Qatar figure à l'agenda.

L'Arabie saoudite, les Emirats, l'Egypte et Bahreïn ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusé de "soutenir le terrorisme", et cette crise se poursuit depuis 10 mois en dépit des efforts du Koweït et des Etats-Unis pour la désamorcer.

Enfin, le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki a déclaré que la Ligue arabe soutenait la tentative de son gouvernement de bloquer une tentative israélienne visant à décrocher un siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.

Alors que des Palestiniens se mobilisent de nouveau sur le terrain contre l'occupation israélienne, la responsable palestinienne Hanane Acharoui espère que le sommet arabe débouchera sur une résolution officielle concernant l'avenir de Jérusalem.

"Nous devons maintenir une dose de scepticisme sain, mais j'espère que le sommet sera à la hauteur du défi, car nous sommes confrontés à une période sans précédent (...) qui compromet les chances de paix et qui victimise encore plus les Palestiniens", dit-elle à l'AFP.

Rompant avec ses prédécesseurs, le président Donald Trump a annoncé en décembre que Washington reconnaissait officiellement Jérusalem comme la capitale d'Israël et allait y transférer l'ambassade américaine, provoquant la colère des Palestiniens. Ce transfert de Tel-Aviv à Jérusalem est prévu vers la mi-mai.

Bien que les signes de rapprochement stratégique se soient multipliés entre Israël et l'Arabie saoudite --qui ont un ennemi commun, l'Iran--, Ryad n'a pas modifié sa position officielle sur les Palestiniens et Jérusalem.

Le roi Salmane a "réaffirmé la position inébranlable du royaume (saoudien) sur la question palestinienne et les droits légitimes du peuple palestinien à un Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale", lors d'un entretien téléphonique le 2 avril avec le président Trump.

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