L'inquiétante passe d'armes entre Israël et Iran

L'inquiétante passe d'armes entre Israël et Iran
Plateau du Golan, le 10 mai. Des chars de combat israéliens sont déployés à la frontière syrienne.

leparisien.fr, publié le jeudi 10 mai 2018 à 21h15

L'État hébreu a mené, dans la nuit de mercredi à jeudi, des raids aériens meurtriers contre des cibles iraniennes en Syrie, affirmant réagir à des tirs de roquettes.

La communauté internationale a fait part ce jeudi de son inquiétude et appelé à la désescalade entre Israël et l'Iran après une violente confrontation militaire qui fait désormais craindre le pire.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, Tsahal a mené des dizaines de raids aériens contre des cibles présentées comme iraniennes en Syrie. Des représailles, selon l'État hébreu, à des tirs de roquettes -une vingtaine- contre ses implantations sur le plateau du Golan, région syrienne occupée depuis cinquante ans. Des tirs qu'il attribue à Al-Qods, la brigade iranienne pour les opérations extérieures -émanation des gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime-, dont les forces sont présentes sur le territoire syrien.

Si les roquettes qui visaient Israël n'ont pas fait de victimes, les missiles israéliens ont, eux, causé la mort d'une vingtaine de combattants, essentiellement iraniens. Des camps du Hezbollah libanais en Syrie auraient aussi été détruits ainsi que des sites de renseignements et de logistique.

Contexte général déjà très tendu

Selon Tsahal, cela fait des années que l'aviation israélienne n'avait plus mené une opération aussi importante contre des cibles iraniennes. Il faut dire que l'attaque directe contre ses positions au Golan serait une première en près de deux décennies d'hostilité entre les deux pays.

L'État hébreu s'alarme de l'expansion iranienne dans la région et ne cesse de proclamer qu'il ne permettra pas à la république islamique de se servir de la Syrie comme tête de pont contre lui. Les frappes de ce jeudi -comme celles menées ces derniers mois- ont été l'occasion de faire passer le message.

Cet épisode intervient dans un contexte général déjà très tendu avec la dénonciation, mardi soir, par Donald Trump de l'accord sur le nucléaire iranien, le transfert attendu lundi de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem et la célébration le lendemain de nakba (la «catastrophe») pour les Palestiniens de la création d'Israël il y a 70 ans.

Moscou a appelé les deux camps à la « retenue » tandis que Paris, Berlin et Londres ont souhaité une désescalade. La Maison Blanche a, elle, dénoncé les « attaques provocatrices » et affirmé « le droit d'Israël à agir pour se défendre ».

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