L'Indonésie envoie des renforts en Papouasie où les troubles continuent

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Heurts entre manifestants et police à Timika, le 21 août 2019 dans la province indonésienne de Papouasie
Heurts entre manifestants et police à Timika, le 21 août 2019 dans la province indonésienne de Papouasie
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© AFP, SEVIANTO PAKIDING

AFP, publié le mercredi 21 août 2019 à 20h18

La province indonésienne de Papouasie occidentale a connu mercredi un troisième jour de manifestations qui ont par endroits dégénéré en affrontements, poussant Jakarta à envoyer quelque 1.200 militaires et policiers en renfort.

Le gouvernement a appelé au retour au calme dans cette région pauvre de l'extrême est de l'Indonésie. Les émeutes ont commencé lundi après l'arrestation pendant le week-end sur l'île de Java de 43 étudiants papous et les injures à caractère raciste dont ils ont été la cible.

Quelque 5.000 personnes ont manifesté mercredi à Timika (sud), où un journaliste de l'AFP a vu des protestataires jeter des pierres vers les fenêtres de l'assemblée locale et tenter de détruire la barrière y donnant accès. La foule n'a été dispersée dans cette ville qu'après des tirs de sommation de la police.

Les médias indonésiens ont fait état de 45 arrestations, dont celles de personnes accusées d'avoir incité à manifester et provoqué des dégâts dans des bâtiments.

- Des villes paralysées -

Des centaines de manifestants ont aussi défilé dans les rues de Sorong et de Fakfak, deux autres localités de cette province. La police a tiré des grenades lacrymogènes à Fakfak pour disperser des protestataires qui ont incendié un marché et détruit des distributeurs automatiques de billets et des magasins.

Le ministre indonésien de l'Intérieur Wiranto (un seul nom) s'est rendu mercredi soir en Papouasie où est également attendu le président Joko Widodo.

Certaines villes de cette région riche en matières premières étaient paralysées mercredi, dont le chef-lieu Manokwari où des émeutiers ont mis le feu lundi à des boutiques et au parlement local. 

Plusieurs policiers ont été blessés, selon les autorités, et des informations non confirmées ont fait état de manifestants blessés.

La police était lancée à la poursuite de plus de 250 détenus qui se sont évadés d'une prison de Sorong incendiée par les émeutiers.

Quelque 900 policiers et 300 militaires ont été déployés à Manokwari et à Sorong, ont déclaré mercredi les autorités.

Le porte-parole de la police nationale Muhammad Iqbal a estimé que la situation restait "globalement sous contrôle", précisant les forces de l'ordre n'étaient pas équipées de balles réelles.

Ce déploiement pourrait néanmoins aggraver les tensions, et rendre "les Papous encore plus en colère" a estimé l'avocate Veronica Koman, spécialisée dans la défense des droits de l'homme.

La colère s'est répandue à travers la Papouasie occidentale après des informations sur l'arrestation samedi de 43 étudiants papous par la police à Surabaya, la deuxième plus grande agglomération indonésienne.

La police antiémeute a investi un dortoir pour en déloger des étudiants papous qui avaient été accusés d'avoir détruit un drapeau indonésien le jour de la fête de l'Indépendance de l'Indonésie. Les policiers les ont arrêtés et interrogés avant de les libérer.

Parallèlement s'est déroulée une manifestation contre la présence des étudiants papous au cours de laquelle des propos racistes ont fusé.

Le président indonésien Joko Widodo a promis une enquête sur les incidents survenus à Surabaya et devrait se rendre la semaine prochaine dans la province de Papouasie occidentale.

Aujourd'hui divisé en deux provinces, l'ouest de l'île de Nouvelle Guinée, riche en ressources naturelles, est en proie à une rébellion indépendantiste sporadique contre le gouvernement indonésien.

L'Indonésie a pris par la force le contrôle de ce territoire en 1963, l'année ayant suivi le départ des Néerlandais qui en avait fait une colonie, et l'a officiellement annexé en 1969.

De nombreux Papous réclament l'indépendance.

La Papouasie Nouvelle-Guinée, l'autre moitié de la grande île, l'a obtenue en 1975 après avoir appartenu à l'Australie.

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