L'ex-président péruvien Garcia, soupçonné de corruption, demande asile à l'Uruguay

L'ex-président péruvien Garcia, soupçonné de corruption, demande asile à l'Uruguay
Peruvian former president Alan Garcia arrives at the prosecutor's office in Lima on November 15, 2018

AFP, publié le dimanche 18 novembre 2018 à 22h11

L'ancien président péruvien Alan Garcia a demandé asile à l'ambassade d'Uruguay à Lima après avoir été interdit de sortie du territoire le temps d'une enquête pour corruption, a annoncé dimanche le ministère des Affaires étrangères du Pérou.

Le ministère a déclaré dans un communiqué avoir été informé par l'ambassade d'Uruguay que M. Garcia y avait demandé asile dans la nuit de samedi à dimanche.

Celui qui a présidé le Pérou à deux reprises est soupçonné d'être impliqué dans le gigantesque scandale de pots-de-vin versés dans plusieurs pays d'Amérique du Sud par le géant brésilien des travaux publics Odebrecht. 

M. Garcia est plus précisément accusé d'avoir perçu de l'argent illégalement à l'occasion de la construction d'une ligne de métro dans la capitale au cours de son second mandat (2006 à 2011).

Odebrecht a reconnu avoir versé 29 millions de dollars de pots-de-vin à des officiels péruviens au cours de trois présidences.

Samedi, un tribunal de Lima a prononcé une interdiction de sortie du territoire de 18 mois à l'encontre de l'ex-président social-démocrate, qui réside en Espagne. Il était arrivé au Pérou jeudi pour témoigner devant la justice. 

La presse a en outre affirmé qu'Alan Garcia avait reçu 100.000 dollars - provenant de fonds illégaux d'Odebrecht - en paiement d'une conférence donnée devant des entrepreneurs brésiliens à Sao Paulo en mai 2012.

"J'accepte la demande d'interdiction de sortie du pays", avait déclaré jeudi Alan Garcia à des journalistes à Lima. Il a précisé avoir chargé son avocat de communiquer sa décision "par écrit, au juge et au parquet", assurant qu'il avait déclaré l'argent reçu pour cette conférence.

Le procureur financier José Domingo Pérez a de son côté réclamé la prison préventive pour la cheffe de l'opposition péruvienne Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), accusée d'avoir reçu de manière illicite 1,2 million de dollars (1,05 million d'euros) de la part d'Odebrecht pour sa campagne présidentielle de 2011.

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