L'ex-patron de l'agence de mannequins Elite visé par une enquête pour viols sur mineures

L'ex-patron de l'agence de mannequins Elite visé par une enquête pour viols sur mineures
Gérald Marie, le 3 septembre 2001 à Nice, au concours Elite Model Look

, publié le lundi 28 septembre 2020 à 14h15

Gérald Marie, l'ancien patron de l'agence de mannequins Elite en Europe est accusé par quatre femmes de viols et agressions sexuelles pour des faits qui se seraient déroulés entre 1980 et 1990.

Il est une des figures emblématiques de l'industrie de la mode. Gérald Marie, 70 ans, est visé par une enquête pour viols sur mineures.

L'ancien directeur en Europe de la célèbre agence de mannequins Elite fait l'objet d'une plainte d'une ex-journaliste de la BBC, et de trois signalements d'anciens modèles, a-t-on appris lundi 28 septembre auprès du parquet de Paris. 

Cette plainte et ces signalements, révélés par 20 minutes samedi, rapporte des faits qui se seraient déroulés entre 1980 et 1998 et qui pourraient être prescrits. Une enquête pour "viol et agression sexuelle ainsi que viol et agression sexuelle sur mineur" et confiée à la Brigade de protection des mineurs a été ouverte. 


Il l'a "chevauchée alors qu'elle était assise sur une chaise"

Lisa Brinkworth, ex-journaliste de la BBC affirme ainsi dans sa plainte avoir été victime d'agression sexuelle la nuit du 5 au 6 octobre 1998. La journaliste avait infiltré comme mannequin l'industrie de la mode afin de travailler sur la question "des comportements sexuels inappropriés de certains agents de mannequins", dans le cadre d'un documentaire destiné à la BBC et qui avait fait scandale.

Gérald Marie, qu'elle a suivi dans un club, l'a "chevauchée alors qu'elle était assise sur une chaise" et "a commencé à lui enfoncer son sexe dans le bas ventre", la laissant "gravement traumatisée. 

La journaliste n'avait jamais rapporté ces faits publiquement, mettant en cause un accord de 2001 entre la BBC et l'agence Elite suite à une plainte en diffamation de la seconde. Lisa Brinkworth a finalement porté plainte, malgré la probable prescription des faits, n'étant "pas légalement liée par cet accord" et n'ayant "rien à voir avec celui-ci", même si la BBC lui a affirmé qu'elle n'était en aucun cas autorisée à évoquer publiquement les événements qu'elle avait vécus au cours de son enquête", affirme la plainte, qui y voit un motif pour suspendre le délai de prescription. Contactée par l'AFP, la BBC n'avait pas encore répondu lundi.

"Une première étape encourageante et un soulagement pour les victimes"

"Je ne peux que saluer cette décision qui, au vu des éléments apportés par les différentes victimes, s'imposait", a réagi auprès de l'AFP l'avocate de Lisa Brinkworth, Maître Anne-Claire Lejeune.

"Cette enquête permettra, je l'espère, à d'autres d'avoir le courage de prendre la parole. C'est une première étape encourageante et un soulagement pour les victimes", a ajouté l'avocate.

La plainte est accompagnée de trois signalements d'ex-mannequins pour des "viols" à Paris : Carre Sutton dénonce "d'innombrables" viols en 1986, alors qu'elle était âgée de 17 ans ; Ebba Karlsson, née en 1969, dénonce elle un viol qui se serait produit en 1990 et Jill Dodd évoque elle un viol qui serait produit en 1980, dans l'année de ses 19 ans. Autant de faits qdont la justice déterminera ou non leur prescription. 

Hormis une déclaration de Gérald Marie ce samedi au Sunday Times où il "démentait catégoriquement" ces accusations, le septuagénaire, toujours en activité, n'a pas donné signe de vie.

Sur Twitter, les messages de soutien se multiplient, certains utilisateurs regrettant que la vague de "MeToo" n'arrive "que maintenant" dans le milieu du mannequinat. Le mouvement débuté il y a deux ans a fait grand bruit dans celui du cinéma, allant jusqu'à provoquer en France la "démission collective" de la direction de l'Académie des César en février 2020, en signe de protestation à la nomination du réalisateur Roman Polanski, accusé de violences sexuelles par douze femmes. 
 

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