L'Elysée dénonce la "grossièreté" et "l'outrance" d'Erdogan

L'Elysée dénonce la "grossièreté" et "l'outrance" d'Erdogan
Le président turc Recep Tayip Erdogan et le président français Emmanuel Macron.

, publié le samedi 24 octobre 2020 à 19h16

Plus tôt dans la journée, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait remis en question "la santé mentale" de son homologue français Emmanuel Macron en raison de son attitude envers les musulmans.

Aussitôt après sa réaction, la France a annoncé le rappel pour consultations de l'ambassadeur de France à Ankara.


"Nous exigeons d'Erdogan qu'il change le cours de sa politique car elle est dangereuse à tous points de vue. Nous n'entrons pas dans des polémiques inutiles et n'acceptons pas les insultes", poursuit la présidence françaie.

"La France note par ailleurs l'absence de messages de condoléances et de soutien du Président turc après l'assassinat de Samuel Paty", ajoute l'Elysée, une semaine après le meurtre par un islamiste de cet enseignant, décapité à proximité de son collège de la banlieue parisienne.

La présidence française relève également les "déclarations très offensives de ces derniers jours" du président turc, "notamment sur l'appel au boycott des produits français".

"Tout ce qu'on peut dire d'un chef d'Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c'est: allez d'abord faire des examens de santé mentale", avait auparavant déclaré le président Erdogan dans un discours télévisé.

Il y a deux semaines, le président turc, dont les passes d'arme verbales avec Emmanuel Macron sont récurrentes, avait dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le "séparatisme islamiste" et la nécessité de "structurer l'islam" en France.

L'Elysée réclame de nouveau samedi "que la Turquie mette fin à ses aventures dangereuses en Méditerranée et dans la région", et dénonce le "comportement irresponsable" d'Ankara au Haut-Karabakh.

"Des exigences sont posées. Erdogan a deux mois pour répondre. Des mesures devront être prises à la fin de cette année", déclare ainsi l'Elysée à propos de la Méditerranée orientale.

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