L'art des bâtons d'encens géants perpétué en Malaisie pour le Nouvel an lunaire

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Workers spend months using a traditional method to craft the sticks -- some as tall as two metres (6.5 feet)
Workers spend months using a traditional method to craft the sticks -- some as tall as two metres (6.5 feet)
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© AFP, MOHD RASFAN

, publié le mercredi 22 janvier 2020 à 07h49

Des milliers de bâtons d'encens géants, la plupart ornés de tête de dragons, sont alignés dans un atelier en Malaisie, en prévision des célébrations du Nouvel an lunaire.

Pendant des mois, les artisans de Kubang Semang, ville du nord-ouest du pays, les confectionnent selon une méthode traditionnelle. 

Les bâtons, dont certains atteignent deux mètres, sont peints de couleurs vives et décorés suivant les motifs du zodiaque chinois, avant d'être livrés dans les magasins.

Les ventes s'accélèrent avant le Nouvel an lunaire quand les communautés chinoises et d'autres pays d'Asie allument ces bâtons d'encens qui se consument dans de grands nuages odorants au cours de cérémonies traditionnelles.

Si la Malaisie est un pays en majorité musulman, elle abrite une importante communauté d'origine chinoise et de nombreuses villes marqueront le Nouvel an lunaire qui tombe cette année le 25 janvier.

Le patron des ateliers faits de bois et de tôle ondulée, Ong Chin Chye, souligne que ses bâtons d'encens réalisés à la main sont bien plus beaux que ceux produits dans des usines.

"Avec des machines, pensez-vous que l'on arriverait à faire de telles têtes de dragon ?", demande l'entrepreneur de 60 ans en désignant les têtes sculptées.

Les bâtons sont fait à partir de sciure de bois: un mélange de meranti, un bois dur local et de calambac, une résine odorante. La poudre est mélangée avec de l'eau pour donner une pâte permettant de former les bâtons. 

La nouvelle année sera celle du Rat, la première créature du zodiaque chinois qui en compte 12, mais les acheteurs sont peu demandeurs de bâtons à l'image du rongeur.

"Le gens ne veulent pas de rats qui volent la nourriture. On ne les aime pas", plaisante le patron. 

En revanche, les dragons, stars du zodiaque chinois, et symboles de force et de chance en Asie, sont toujours très appréciés.

Les bâtons sont vendus entre huit et 80 ringgits (1 et 17 euros) pièce selon la qualité et leur taille. Outre le Nouvel an lunaire, l'atelier les fabrique aussi pour d'autres festivités.

Ong Chin Chye estime à une trentaine au maximum les fabriques traditionnelles de bâtons d'encens qui subsistent en Malaisie. Mais souligne que le secteur est en perte de vitesse ces dernières années.

Les jeunes "ne veulent plus de ces emplois, c'est un travail difficile et il n'y a pas d'air conditionné".

De nombreux bâtons d'encens vendus en Asie du Sud-Est sont aujourd'hui importés de Chine.

En Malaisie, plus de 60% des 32 millions d'habitants sont des musulmans d'ethnie malaise. 

Mais environ un quart de la population est d'origine chinoise, et le pays abrite aussi une importante minorité originaire d'Inde.

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