L'armée d'élite du régime en Iran proclame la fin de la "sédition"

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 Des manifestants prorégime défilent dans la ville sainte iranienne de Qom, à 130 km au sud de Téhéran, le 3 janvier 2018

Des manifestants prorégime défilent dans la ville sainte iranienne de Qom, à 130 km au sud de Téhéran, le 3 janvier 2018

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© AFP, Mohammad ALI MARIZAD
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AFP, publié le jeudi 04 janvier 2018 à 04h13

L'armée d'élite du pouvoir en Iran a proclamé la fin du mouvement de contestation qui a fait 21 morts et entraîné des centaines d'arrestations, dans la foulée de manifestations massives de soutien au régime.

Parallèlement, l'Iran s'est plaint auprès du Conseil de sécurité et du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres d'ingérence des Etats-Unis dans ses affaires intérieures, tout en cherchant à minimiser le mouvement de contestation, le premier de cette ampleur depuis celui de 2009 contre la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, qui avait été violemment réprimé.

Aucune manifestation antirégime n'a été rapportée durant la journée de mercredi. Les autorités ont bloqué sur les téléphones portables les réseaux sociaux Telegram et Instagram, utilisés selon elles pour appeler à protester.

"Aujourd'hui nous pouvons annoncer la fin de la sédition", a déclaré mercredi le chef des Gardiens de la révolution, Mohammad Ali Jafari, en soutenant que le nombre de manifestants antirégime n'avait "pas dépassé les 15.000 sur l'ensemble du pays".

"Un grand nombre de fauteurs de troubles, au centre de la sédition, ont reçu une formation de la contre-révolution", a-t-il dit en référence aux Moudjahidine du peuple, principale formation de l'opposition en exil. Ceux-ci "ont été arrêtés et il y aura une action ferme contre eux".

Le général Jafari a également fait valoir que des milliers de personnes avaient été "entraînés" par les Etats-Unis pour "fomenter des troubles en Iran".

Le numéro un iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a lui accusé les "ennemis" de l'Iran de porter atteinte au régime, sans les nommer, alors que le président Hassan Rohani a lui parlé d'une "petite minorité" de contestataires.

M. Rohani a en outre demandé à son homologue français Emmanuel Macron de prendre des mesures contre les activités des Moudjahidine, basés en France, selon la TV d'Etat.

- Nouvelles manifestations pro-régime jeudi -

La classe politique en Iran -réformateurs comme conservateurs- s'est positionnée contre les violences lors des manifestations, tout en soulignant la nécessité de trouver une solution aux problèmes économiques, principalement le chômage qui atteint 30% chez les jeunes.

Mercredi lors d'une massive mobilisation prorégime, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à travers le pays pour apporter leur soutien aux leaders religieux.

Munis de banderoles dénonçant les "fauteurs de troubles", les manifestants ont repris des slogans en faveur du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et crié "Mort à l'Amérique" ou "Mort à Israël".

La télévision d'Etat a montré des images en direct de manifestations massives. "Nous offrons à notre guide le sang qui coule dans nos veines", ont scandé les participants.

D'autres manifestations pro-régime sont prévues jeudi à Ispahan et Machhad.

Seules quelques petites protestations sporadiques en province ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et impossibles à vérifier, contrastant avec les précédentes nuits de contestation contre l'austérité économique et le pouvoir.

Les troubles, partis le 28 décembre de la deuxième ville d'Iran Machhad avant de se propager, ont été marqués par des violences et des attaques contre des biens publics, pouvoir ou médias mettant en cause des "contre-révolutionnaires" basés à l'étranger, mais aussi les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, rivale de l'Iran au Moyen-Orient. 

Durant les importantes protestations de jeudi à lundi soir, 21 personnes ont péri -en majorité des manifestants- et des centaines ont été arrêtées, dont 450 à Téhéran.

- 'Interventions' américaines -

A Téhéran, beaucoup d'habitants interrogés par l'AFP ont dit comprendre les motifs socio-économiques des protestations mais ont dénoncé les violences et les critiques américaines.

"L'administration américaine actuelle a franchi toutes les limites en enfreignant les règles et les principes du droit international régissant la conduite civilisée des relations internationales", a affirmé le représentant iranien à l'ONU, Gholamali Khoshroo, dans une lettre rendue publique mercredi par la mission diplomatique iranienne auprès des Nations unies.

"Au cours des derniers jours, l'administration américaine dirigée par le président américain a augmenté ses interventions d'une manière grotesque dans les affaires intérieures de l'Iran sous prétexte de fournir un soutien à des manifestations sporadiques", a-t-il souligné en reprenant l'argumentation de Téhéran d'une contestation ourdie de l'étranger.

Depuis le début de la contestation, M. Trump a pris fait et cause pour les protestataires et a condamné le régime. L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a demandé des réunions d'urgence du Conseil de sécurité et de celui des droits de l'Homme sur l'Iran.

Et un haut responsable de l'administration américaine a affirmé que "toutes les possibilités étaient examinées" concernant des sanctions américaines contre des organisations et des personnes en Iran susceptibles d'être visées pour des "infractions" aux droits de l'Homme, des actes de censure ou l'entrave à la liberté de rassemblement.

Contrastant avec la position américaine, les pays européens ont réagi avec prudence aux protestations, exprimant leur "préoccupation" et appelant au "dialogue".

A Beyrouth, Hassan Nasrallah, le chef du mouvement libanais Hezbollah financé par Téhéran, a affirmé que les "espoirs de Trump ont été déçus, tout comme ceux des Israéliens et des responsables saoudiens qui pariaient sur des protestations plus importantes qui provoqueraient la chute du régime en Iran".

 
55 commentaires - L'armée d'élite du régime en Iran proclame la fin de la "sédition"
  • C'est donc le début de la sédation !

  • armée d'élite, le Shah aussi avait son armée d'élite, appelée les "immortels" ils ont foutu le camp, tout comme fera cette "armée d'élite " et c'est tant mieux, espérons que l'armée fasse comme en Egypte et soutienne la révolution

  • Les corrompus au pouvoir et ses séides sont toujours aussi prompts à taxer d'ingérence étrangère toute tentative du peuple pour reprendre ses droits légitimes.

  • Armée d'élite pour combattre son peuple intelligent et cultivé et obéissant aux ordres de religieux moyenâgeux. Je plains les prisonniers qui seront torturés, exécutés dans des prisons dont on ne connaît même pas l'existence même en haut lieu. Et ça se pare du nom de république !

  • Pour le bien des populations, on ne peut en effet que souhaiter la chute des régimes religieux ultra conservateurs. C'est vrai pour l'Iran, mais ça l'est aussi pour les Etats Unis!

    Et les principaux alliés des Etats Unis dans la région, ils ne sont pas mal non plus niveau droits de l'homme

    Ah bon ? Et quelle est la religion précise des USA ?

    le christianisme!

    Todlav aux USA prévaut le christianisme dévoyé des milliardaires

    La religion des USA, c'est celle des faibles d'esprit qui n'ont pas encore compris que la Bible n'était pas un manuel d'existence et de gouvernance à prendre au pied de la lettre. Ce n'est pas non plus un livre d'Histoire, ni un traité de climatologie!

    Mais quel Christianisme ?
    Catholicisme , luthéranisme, calvinisme , baptisme , évangéliques , pentecôtistes , adventistes , quackers, mennonites …etc …il y a aussi une forte communauté juive et une musulmane aussi, sans compter les bouddhistes etc…
    Cette diversité contraste avec le monolithisme intolérant et fanatique de la religion en Iran , oū la conversion à une autre religion d’un musulman est punie de mort ……alors , s’il vous plait , comparez ce qui est comparable quand vous parlez de « régime religieux « : si ce terme convient parfaitement à l’Iran , il ne veut absolument rien dire pour les USA ; pays de tolérance exemplaire en matière religieuse

    avatar
    humaminor  (privé) -

    Bush participant à de grandes messes, accompagné de ses militaires en Irak,pendant l'invasion du pays, tout cela filmé, pour la propagande subversive de sa religion.

    Exemplaire, c'est à voir! Ils sont tellement tolérants que toutes les sectes, des plus farfelues aux plus dangereuses sont également autorisées, ainsi que tous les partis politiques les plus extrémistes, à condition qu'ils soient extrémistes de droite, bien entendu!
    Mais le christianisme sous toutes ses formes y est quand même dominant à plus de 90% et quand on lit "In God we trust" sur leurs dollars, on sait bien que celui qui a eu cette bonne idée pensait au dieu barbu qui orne le plafond de la Sixtine!

    A conguijradore et A humaminor : vous êtes tellement peu habitué à la tolérance que vous mélangez tout.
    Une messe , fut elle grande , c’est catholique …je ne sais pas quelle est la dénomination de GW Bush , mais ce n’est pas le Catholicisme …s’il faisait de la propagande pour sa religion , on saurait au moins pour laquelle , ou alors c’est parler sans savoir.
    Que le Christianisme ( vous devriez même dire LES Christianismes ) soit la religion dominante des USA n’est pas une grande originalité : c’est le cas de tous les pays les plus évolués oū existe la laicité , la liberté de conscience et de parole.

    Ci dessus un troupeau de bels âneries, Mais l'Iran se moque de nos réflexion surtout religieuses!
    Que les EU ne mettent pas leur nez encore une fois dans les affaires d'un pays qui n'approuve pas la politique agressive vis à vis des palestiniens.
    Les pro-israéliens ne se réjouissent pas de la montée en puissance de L'Iran bien épaulé par la Chine et la Russie au PO et au MO. Si cela pouvait diminuer les ambitions belliqueuses d'Israël ce serait un bien pour toute cette région.

    L’Iran est à la manœuvre pour implanter des bases militaires importantes en Syrie ,prétextant la guerre contre Daesh ; et au Liban , par le biais du Hezbollah . Pour cela , il a besoin de l’aide et de la logistique fournie par les Russes .
    Le but de l’Iran est d’attaquer Israel à la fois par la Syrie et par le Liban .
    C’est toujours la même histoire : dictatures contre démocratie

    L’Iran est à la manœuvre pour implanter des bases militaires importantes en Syrie ,prétextant la guerre contre Daesh ; et au Liban , par le biais du Hezbollah . Pour cela , il a besoin de l’aide et de la logistique fournie par les Russes .
    Le but de l’Iran est d’attaquer Israel à la fois par la Syrie et par le Liban .
    C’est toujours la même histoire : dictatures contre démocratie

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