Kurdistan : à Istanbul, les soutiens d'Erdogan promettent une défaite à Macron

Kurdistan : à Istanbul, les soutiens d'Erdogan promettent une défaite à Macron

leparisien.fr, publié le samedi 31 mars 2018 à 10h45

Les habitants d'Istanbul sont en phase avec leur président, qui a rejeté l'offre de médiation française

« Erdogan a raison : on ne s'assied pas à la table de terroristes », tranche Hayati après que son président « extrêmement peiné » a qualifié la tentative de médiation d'Emmanuel Macron d'« erronée ». Erdogan a même été plus que peiné : ulcéré. Et l'a fait savoir à la France en des termes d'une rare violence entre pays alliés : « Qui êtes-vous pour parler de médiation entre la Turquie et une organisation terroriste ? »

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Hayati, qui possède un snack dans un quartier conservateur d'Istanbul, pointe du doigt son cuisinier kurde comme preuve de la bonne entente entre citoyens. Sourire gêné derrière ses brochettes, celui-ci refuse de s'exprimer. Mais Hayati parle pour deux : « La France joue avec les kurdes, elle veut juste réduire le pouvoir d'une Turquie grandissante ». Plus loin, un serveur prône le dialogue comme garantie de la paix avant de s'interrompre par crainte que les clients de la table à côté ne « mésinterprètent » ses propos. Il avoue être kurde et partisan de l'opposition HDP aujourd'hui asphyxiée.

Mustafa aussi est kurde mais pour lui « l'important c'est la nation turque ! ». Sous un portrait délavé d'Ataturk, fondateur de la République, et un drapeau du pays épinglé au mur, il garde les yeux rivés sur les chaînes de télé inféodées au pouvoir. « Les YPG ont pris les armes, alors c'est trop tard pour dialoguer. Macron cherche la bagarre ? Il perdrait car nous avons une grande armée ! », menace-t-il.

« Ce ne sont pas vos affaires »Malgré le démenti de l'Elysée, la déclaration de représentants des forces armées kurdes syriennes assurant que Paris leur enverrait des soldats en renfort ne passe pas. « Ce ne sont pas vos affaires. La Turquie, elle, est concernée. Elle partage la même frontière, subit le PKK (organisation considérée par Ankara comme terroriste) et accueille 3 millions de réfugiés syriens ! », s'exclame Mehmet, qui conclue avec une mise en garde dont les autorités ici savent jouer : « La Turquie est un allié important au sein de l'Otan, vous devriez garder vos amis ! »

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