Kim Yong Chol, le bras droit pur et dur de Kim Jong Un

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Le général nord-coréen Kim Yong Chol à la cérémonie de clôture des jeux Olympiques d'hiver à Pyeongchang, le 25 février 2018
Le général nord-coréen Kim Yong Chol à la cérémonie de clôture des jeux Olympiques d'hiver à Pyeongchang, le 25 février 2018
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© AFP, Patrick Semansky, POOL

AFP, publié le mercredi 30 mai 2018 à 14h13

Le général nord-coréen en route pour New York, en vue d'entretiens préparatoires à un sommet, est un faucon, un politique chevronné qui a prospéré sous trois générations de la dynastie au pouvoir à Pyongyang.

Kim Yong Chol, présenté comme le bras droit de Kim Jong Un, a quitté Pékin mercredi à destination de "l'ennemi impérialiste" afin de rencontrer le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo et peut-être le président Donald Trump.

L'homme accusé par Séoul d'être le cerveau du torpillage d'une corvette sud-coréenne en 2010 dans lequel 46 marins avaient péri, est le plus haut dignitaire du régime à se rendre aux Etats-Unis en près de 20 ans.

Ce voyage est la dernière illustration en date de l'effervescence diplomatique en cours alors que les deux pays préparent un sommet historique prévu le 12 juin à Singapour.

Le général quatre étoiles, réputé être septuagénaire, s'est retrouvé à l'avant-garde des efforts pour sortir la Corée du Nord de son isolement international.

Il a assisté à la cérémonie de clôture des jeux Olympiques d'hiver organisés au Sud, assis tout près d'Ivanka Trump, la fille du président américain.

Il se trouvait au côté de M. Kim quand le jeune dirigeant nord-coréen a rencontré fin avril le président sud-coréen Moon Jae-in. Il était présent également durant le deuxième sommet intercoréen surprise du 26 mai.

- "Dur labeur" -

La longue route pour devenir le général le plus proche de Kim Jong Un se caractérise par une certaine force de frappe intellectuelle, une habileté manœuvrière et une disposition à prendre des mesures extrêmes.

Kim Yong Chol endossa pour la première fois l'uniforme de l'Armée du peuple coréen dans les années 1960, quand il fut assigné à la surveillance de la frontière hautement militarisée qui divise la péninsule.

Diplômé de l'Université militaire d'élite Kim Il Sung, il s'est fait un nom en devenant expert du régime sud-coréen honni.

Il était capable "de tout expliquer de la situation politique et militaire de la Corée du Sud pendant plus d'une heure sans l'aide de notes", relevait en 2016 l'ancien colonel et transfuge Choi Joo Hwal dans le Daily NK, site d'informations établi à Séoul.

Il fut promu plusieurs fois sous la direction du père fondateur de la Corée du Nord Kim Il Sung, prenant même la tête d'une délégation militaire nord-coréenne pour des pourparlers avec le Sud en 1989.

Le général "s'est fait remarquer par les dignitaires du régime au moyen de son dur labeur et de ses accomplissements, pas par ses connections", écrit le site respecté 38 North.

M. Kim a continué de jouer le rôle d'interlocuteur militaire dans les relations avec le Sud sous Kim Jong Il, le père du dirigeant actuel, mais c'est son ascension en 2009 aux fonctions de numéro un du Bureau général de reconnaissance, chargé des opérations d'espionnage à l'étranger, qui a fait sa réputation.

Le général Kim fut montré du doigt par le renseignement sud-coréen quand la corvette Cheonan fut torpillée en 2010, de même que lors du bombardement par l'artillerie d'une île frontalière qui avait fait quatre morts.

- Purges -

Lors du processus de transmission du pouvoir entre Kim Il Jong et son fils, le général était à la manoeuvre pour témoigner de sa fidélité au régime. 

La transition s'acheva en 2011, avec l'arrivée aux manettes du jeune dirigeant qui s'employa à asseoir son pouvoir au moyen de purges et d'exécutions.

Kim Yong Chol y survécut, parachevant en 2013 sa réputation de faucon en menaçant de rompre le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53) et de transformer les Etats-Unis en "mer de flammes" grâce à une frappe nucléaire.

Plus récemment, il a cherché à se montrer sous un jour plus favorable.

Réputé être un linguiste doué, il s'est montré à l'aise sur la scène internationale, tentant même de plaisanter avec des journalistes sud-coréens présents à Pyongyang en avril pour un concert pop.

Mais la main de fer transparaissait derrière le ton badin: "je suis Kim Yong Chol, le type accusé par le Sud du naufrage du Cheonan".

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