Kenneth Starr, ex-procureur de l'affaire Lewinsky, défendra Trump

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Kenneth Starr, l'ex-procureur indépendant qui a poursuivi Bill Clinton dans l'affaire Monica Lewinsky, devant la Cour suprême à Washington, le 7 décembre 2004
Kenneth Starr, l'ex-procureur indépendant qui a poursuivi Bill Clinton dans l'affaire Monica Lewinsky, devant la Cour suprême à Washington, le 7 décembre 2004
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© AFP

, publié le samedi 18 janvier 2020 à 04h37

L'ex-procureur Kenneth Starr, acteur central de l'affaire Lewinsky, et le constitutionnaliste Alan Dershowitz, qui fut l'avocat d'O.J. Simpson, feront partie de l'équipe de défense de Donald Trump dans son procès en destitution.

Si la Maison Blanche avait décidé de ne pas participer à l'enquête sur la mise en accusation du président, conduite à la Chambre des représentants où les démocrates sont majoritaires, elle sera donc représentée en force devant le Sénat, dominé par les républicains.

L'objectif est double: l'acquittement bien sûr, mais aussi une victoire dans la guerre de communication qui se jouera à l'extérieur de la vénérable chambre haute, avec en ligne de mire l'élection du 3 novembre 2020.

Le 45e président des Etats-Unis est mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Alan Dershowitz a défendu nombre de célébrités au fil des années. Il a en particulier été l'avocat du financier Jeffrey Epstein, accusé d'avoir exploité sexuellement des jeunes filles mineures et qui a été retrouvé mort en prison en août 2019.

Interrogé sur SiriusXM, Alan Dershowitz a tenu à minimiser son rôle et à prendre ses distances: "Je pense que c'est aller trop loin que de dire que je suis un membre de l'équipe Trump". 

"On m'a demandé de présenter mes arguments constitutionnels contre la destitution. Je serai présent pour une heure et c'est tout", a-t-il ajouté.

Kenneth Starr, dont le nom fit le tour du monde dans les années 90 en raison de son enquête, en tant que procureur spécial, sur la liaison du président Bill Clinton avec Monica Lewinsky, a depuis exercé comme avocat, professeur ou recteur d'université.

"C'est clairement le genre de journée où tu te dis +Vous vous foutez de ma gueule?", a réagi sur Twitter l'ancienne stagiaire de la Maison Blanche à l'annonce par les médias américains du futur rôle de l'ancien procureur.


Habitué des plateaux de télévision, Kenneth Starr a souligné à diverses reprises que la mise en accusation de Donald Trump n'était pas fondée, par contraste selon lui avec celle de Bill Clinton, qui avait été accusé d'avoir menti sous serment.  

Interrogé en 1999 sur Kenneth Starr à l'issue de la mise en accusation de Bill Clinton, Donald Trump l'avait qualifié de "cinglé".

- "Nous sommes prêts!" -

L'équipe rapprochée de Donald Trump martèle que tout est en place pour un procès dont il sortira, assure-t-elle, renforcé.

"Nous sommes prêts!", affirmait il y a quelques jours Kellyanne Conway, très combative conseillère du président. "Nous avons une équipe de défense en place" et elle n'hésitera pas à "passer à l'offensive".

"Le président Trump n'a rien fait de mal et est persuadé que cette équipe le défendra lui, les électeurs et notre démocratie face à cet +impeachment+ infondé, illégitime", a abondé vendredi soir, dans un communiqué, la Maison Blanche, annonçant la composition de l'équipe qui va défendre le président.   

C'est Pat Cipollone, avocat de la Maison Blanche, qui sera en première ligne.

Plutôt discret, peu habitué des plateaux de télévision, ce fils d'immigrés italiens ayant grandi dans le Bronx, fervent catholique et père de 10 enfants, a peu de choses en commun avec le tempétueux magnat de l'immobilier.

"Il est du genre solide et silencieux", soulignait Donald Trump il y a quelques semaines lors d'une cérémonie à la Maison Blanche, ne tarissant pas d'éloges sur "Pat" et son "équipe extraordinaire".

Il va devoir s'adapter à un nouveau rôle, en pleine lumière, devant les sénateurs et des millions de téléspectateurs.

Il s'est jusqu'ici surtout fait remarquer par sa plume incisive: c'est lui qui a rédigé les courriers dénonçant la procédure de mise en accusation du président, à la tonalité très agressive et où l'on sentait le souffle de Donald Trump.

Après un courrier particulièrement offensif daté du 15 mai 2019, il s'était attiré les foudres de Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants. "Cette lettre qui a été envoyée depuis la Maison Blanche était une blague, indigne de la présidence des Etats-Unis (...). Honte à eux", avait-elle lancé.

Jay Sekulow, avocat personnel de Donald Trump, sera également de la partie. Il avait représenté M. Trump dans l'enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016, menée par le procureur spécial Robert Mueller. Il est aussi en première ligne dans le combat judiciaire que mène le président pour ne pas rendre publiques ses déclarations d'impôt.

De leur côté, les démocrates ont continué vendredi à distiller des éléments à charge contre le locataire de la Maison Blanche. 

Ils ont publié des échanges datant de février à mai qui impliquent Lev Parnas, associé de Rudy Giuliani, l'avocat personnel de Donald Trump et un conseiller de l'élu républicain Devin Nunes qui attestent d'efforts menés pour faire pression sur l'Ukraine afin d'obtenir des informations sur Joe Biden, potentiel rival de Donald Trump à l'élection de novembre.

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