Jour du dépassement : l'humanité vit désormais à crédit sur les ressources de la Terre

Jour du dépassement : l'humanité vit désormais à crédit sur les ressources de la Terre
La biocapacité forestière mondiale est en baisse de 0,5%, "due en grande partie au pic de déforestation en Amazonie" (Vue aérienne d'une zone déboisée près de Sinop, dans l'Etat du Mato Grosso, au Brésil, le 7 août 2020)

publié le jeudi 29 juillet 2021 à 08h25

Selon les calculs de l'ONG américaine Global Footprint Network, l'humanité a déjà consommé jeudi 29 juillet l'ensemble des ressources planétaires que la Terre est capable de régénérer en un an. Il faudrait cette année 1,7 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale de façon durable.

Jeudi 29 juillet marque cette année "le jour du dépassement", qui se produit quand la pression humaine dépasse les capacités de régénération des écosystèmes naturels en un an, avertit l'ONG américaine Global Footprint Network. Autrement dit, l'humanité a déjà épuisé le budget planétaire de ressources biologiques pour 2021. 




La date est calculée en croisant l'empreinte écologique des activités humaines (surfaces terrestre et maritime nécessaires pour produire les ressources consommées et pour absorber les déchets de la population) et la "biocapacité" de la Terre (capacité des écosystèmes à se régénérer et à absorber les déchets produits par l'Homme, notamment la séquestration du CO2).

Cet indice a pour but d'illustrer la consommation toujours plus rapide d'une population humaine en expansion sur une planète limitée. Pour le dire de façon imagée, il faudrait cette année 1,7 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale de façon durable. "Si nous avions besoin d'un rappel de l'urgence climatique et écologique à laquelle nous sommes confrontés, le Jour du Dépassement de la Terre s'en charge", a déploré dans un communiqué publié mardi Susan Aitken, responsable politique à Glasgow, ville qui accueillera la COP26 sur le climat en novembre prochain.
 
Ce "jour du dépassement" ne cesse de se creuser depuis 50 ans, selon Global Footprint Network : 29 décembre en 1970, 4 novembre en 1980, 11 octobre en 1990, 23 septembre en 2000, 7 août en 2010. En 2020, cette date avait été repoussée de trois semaines sous l'effet des confinements liés à la pandémie de Covid-19.




Le rebond cette année s'explique à la fois par une hausse de l'empreinte carbone de 6,6% ainsi qu'une diminution de la biocapacité forestière mondiale de 0,5% "due en grande partie au pic de déforestation en Amazonie", selon l'ONG. Si l'empreinte carbone liée aux transports reste inférieure aux niveaux antérieurs à la pandémie, celle liée à l'énergie devrait nettement rebondir.

"Ces données montrent clairement que les plans de relance de l'ère post-Covid 19 ne peuvent réussir à long terme que s'ils s'appuient sur la régénération et la gestion raisonnée des ressources écologiques", estime Laurel Hanscom, PDG de Global Footprint Network, cité dans le communiqué.
 

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