Jordanie/virus: colère après sept décès causés par une panne d'oxygène en réanimation

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Manifestation de colère devant l'hôpital d'Al-Salt près d'Amman en Jordanie, le 13 mars 2021
Manifestation de colère devant l'hôpital d'Al-Salt près d'Amman en Jordanie, le 13 mars 2021
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© AFP, Khalil MAZRAAWI

, publié le samedi 13 mars 2021 à 16h46

Sept malades du Covid-19, en réanimation dans un hôpital près d'Amman, sont décédés samedi à la suite d'une panne d'alimentation en oxygène, provoquant une vive émotion dans le pays et la colère du roi en plein regain de l'épidémie en Jordanie.

Abdallah II, en uniforme militaire, s'est rendu à l'hôpital de Salt, situé 30 km de la capitale. Selon des images diffusées à la télévision, il a demandé au directeur de démissionner après lui avoir fait part de son mécontentement.

"Comment une telle chose a pu se produire ici? Comment se fait-il qu'il n'y ait pas d'oxygène dans cet hôpital? C'est inacceptable!", a lancé le souverain, visiblement furieux, au directeur Abdel Razak al-Khachman.

"Une panne d'alimentation en oxygène s'est produite pendant près d'une heure à l'hôpital gouvernemental de Salt et cela a vraisemblablement entraîné la mort" des patients, a affirmé sur place le ministre de la Santé Nazir Obeidat, face aux journalistes.

Le ministre a présenté sa démission, acceptée par le Premier ministre Bicher al-Khasawneh. Ce dernier a ensuite déclaré à des journalistes que le directeur de l'hôpital avait été démis de ses fonctions.

Le directeur des services provinciaux de santé a lui été suspendu en attendant les résultats de l'enquête ouverte, a ajouté le Premier ministre, précisant que le gouvernement "assumait l'entière responsabilité" de l'incident.

"Selon un nouveau bilan, quatre hommes et trois femmes âgés de plus de 40 ans sont décédés", a déclaré Adnane Abbas, directeur national de la médecine légale.

"Après l'autopsie et des prélèvements dans les poumons des victimes, il y a des signes évidents indiquant que les décès ont été provoqués par un manque oxygène", a-t-il ajouté.

Ces morts ont provoqué la colère de centaines de personnes, dont les familles des victimes, qui se sont rassemblées devant l'hôpital public de Salt, où sont soignés 150 malades du Covid.

"Nous espérons que Dieu aura pitié des victimes et nous voulons que les responsables de ce qui s'est passé soient jugés sévèrement", a déclaré à l'AFP Abou Abdallah qui a perdu un de ses proches.

Les forces de sécurité ont été déployées pour encadrer la manifestation.

- Tolérance zéro -

"Cet hôpital manquait déjà de médecins et d'infirmières, mais ce qui est arrivé aujourd'hui est encore plus grave, avec le manque d'oxygène qui a accru les souffrances des malades", a déclaré Souleimane Khreissat, un infirmier à la retraite qui a lui perdu deux de ses proches.

Une réunion extraordinaire du Parlement et du Sénat doit avoir lieu dimanche, a annoncé le président de la Chambre des députés Abdelmoneim Saleh.

"Dans ces temps difficiles, les institutions ne peuvent tolérer aucune négligence et aucune erreur, en particulier dans les traitements dispensés dans les hôpitaux", a-t-il dit.

"Aucune clémence ne peut être accordée aux responsables des négligences qui ont entraîné l'incident d'aujourd'hui et d'autres" par le passé, a ajouté M. Saleh.

La Jordanie a annoncé cette semaine l'extension du couvre-feu en vigueur depuis le 24 février ainsi que la fermeture des jardins publics, des écoles et universités, des clubs sportifs et des hammams, face au regain de l'épidémie dans le pays.

Le royaume de 10 millions d'habitants a enregistré plus de 464.000 cas d'infection, dont 5.200 décès, selon les autorités.

Depuis le lancement en janvier de sa campagne de vaccination, 65.000 personnes ont reçu au moins une dose du vaccin germano-américain Pfizer/BioNTech ou du vaccin chinois Sinopharm.

La Jordanie a aussi reçu vendredi une première livraison de 144.000 doses du vaccin AstraZeneca par le biais du dispositif Covax mis en place par l'OMS afin de faciliter l'accès des pays les plus défavorisés au vaccin.

Une deuxième livraison est attendue en avril, est-il précisé dans un communiqué conjoint de l'Unicef, de l'Union européenne et de l'OMS.

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