Joe Biden reconnaît le génocide arménien 

Joe Biden reconnaît le génocide arménien 
Joe Biden le 23 avril 2021 à Washington

publié le samedi 24 avril 2021 à 18h37

Joe Biden a reconnu samedi le génocide arménien, devenant le premier président des Etats-Unis à qualifier ainsi la mort d'un million et demi d'Arméniens massacrés par l'Empire ottoman en 1915.

La déclaration traditionnelle de la Maison Blanche à l'occasion de la journée de commémoration, le 24 avril, mentionne pour la première fois le mot "génocide".

"Les Américains honorent tous les Arméniens qui ont péri dans le génocide qui a commencé il y a 106 ans aujourd'hui", a écrit Joe Biden.

"Nous affirmons l'histoire. Nous ne faisons pas cela pour accabler quiconque mais pour nous assurer que ce qui s'est passé ne se répète jamais", a-t-il ajouté.

Immédiatement après la diffusion du communiqué de la Maison Blanche, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé "la politisation par des tiers" du débat autour de cette époque de l'histoire.

Le génocide arménien est reconnu par plus d'une vingtaine de pays et de nombreux historiens mais il est vigoureusement contesté par la Turquie.

Joe Biden, qui avait promis durant sa campagne électorale de prendre l'initiative sur ce dossier, a informé vendredi de sa décision son homologue turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conversation téléphonique.

Les deux dirigeants ont convenu de se rencontrer en juin en marge du sommet de l'Otan à Bruxelles.

Il s'agit "d'honorer les victimes, pas d'accabler qui que ce soit", a souligné une responsable américaine, sous couvert de l'anonymat.

"Nous continuons de considérer la Turquie comme un allié crucial au sein de l'Otan", a-t-elle ajouté.

"Il y a de nombreux intérêts partagés, mais en même temps ce n'est un secret pour personne qu'il y a aussi des divergences entre nos pays", a-t-elle encore dit.

Selon elle, "le président veut vraiment promouvoir le respect des droits humains à travers le monde, et travailler pour faire en sorte que de telles atrocités ne se répètent pas". 

"Une part cruciale de ce processus est de prendre acte des faits historiques", a-t-elle plaidé.

Dans son communiqué, Joe Biden insiste sur la nécessité de se tourner vers le futur, "vers le monde que nous voulons construire pour nos enfants".

"Réaffirmons notre engagement commun à éviter de futures atrocités où que ce soit dans le monde", a-t-il ajouté.

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