JO Tokyo : une athlète biélorusse emmenée de force à l'aéroport pour avoir critiqué ses coachs

JO Tokyo : une athlète biélorusse emmenée de force à l'aéroport pour avoir critiqué ses coachs
Krystsina Tsimanouskaya, tout à gauche

publié le dimanche 01 août 2021 à 16h40

Cette athlète biélorusse dit avoir été conduite à l'aéroport pour être rapatriée de force.

"Je ne retournerai pas en Biélorussie." Krystsina Tsimanouskaya, une athlète biélorusse de 24 ans présente aux JO de Tokyo, assure  être forcée à suspendre sa participation aux Jeux olympiques de Tokyo et à quitter le Japon ce dimanche 1er août après avoir critiqué sa fédération sur les réseaux sociaux.


"Je demande au Comité international olympique de m'aider, j'ai subi des pressions et on essaye de me faire partir du pays sans mon accord", a déclaré l'athlète de 24 ans. "Je demande que le CIO intervienne", a-t-elle ajouté.


"Le CIO a vu les articles dans les médias, étudie la situation et a demandé des explications au CNO (comité national olympique)" biélorusse, a déclaré un porte-parole du CIO. Selon la Fondation biélorusse de solidarité sportive, Krystsina Tsimanouskaya se trouvait dimanche 1er août soir à l'aéroport Haneda de Tokyo, terminal 3.


"L'athlète biélorusse est en train d'être évacuée de Tokyo par la force", a affirmé cette Fondation, en précisant avoir sollicité l'intervention de la police japonaise pour empêcher ce départ. La Fondation a assuré ensuite que la jeune femme avait été placée sous protection policière et qu'un représentant du ministère japonais des Affaires étrangères se rendait à l'aéroport pour la rencontrer.  

Demande d'asile politique 

L'athlète envisage de demander l'asile politique auprès de l'ambassade d'Autriche à Tokyo. Pour sa part, le comité olympique dirigé par Viktor Loukachenko, fils du président Alexandre Loukachenko, a assuré dans un communiqué que la sportive avait dû suspendre sa participation aux JO sur "décision des médecins, en raison de son état émotionnel et psychologique".

Une déclaration qualifiée aussitôt de "mensonge" par l'athlète devant la presse à l'aéroport. 

Forcée à participer ? 

Krystsina Tsimanouskaya a violemment critiqué cette semaine la Fédération biélorusse d'athlétisme, en affirmant avoir été forcée à participer au relais 4x400 mètres, alors qu'elle était censée initialement courir le 100 mètres et le 200 mètres, car deux autres athlètes n'avaient pas réalisé un nombre suffisant de contrôles antidopage, selon elle. 

"Pourquoi nous devons payer pour vos erreurs? C'est de l'arbitraire", s'est-elle insurgée dans un post sur Instagram. "Je n'aurais jamais réagi de manière si sévère, si on m'avait dit à l'avance, expliqué toute la situation et demandé si j'étais capable de courir un 400 mètres. Mais on a décidé de tout faire dans mon dos", a-t-elle précisé. 

Depuis des mois, le régime du président Loukachenko poursuit sans relâche une répression visant opposants, journalistes et militants, avec l'espoir de mater définitivement le mouvement de contestation historique de 2020 contre sa réélection à un cinquième mandat. 

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