IVG contre conscience religieuse, éternel combat en Amérique

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 Des manifestants favorables à l'avortement devant la Cour suprême des Etats-Unis le 20 mars 2018

Des manifestants favorables à l'avortement devant la Cour suprême des Etats-Unis le 20 mars 2018

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© AFP, NICHOLAS KAMM
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AFP, publié le mardi 20 mars 2018 à 19h30

Dans ces centres répartis aux quatre coins des Etats-Unis, on peut trouver du personnel en blouse blanche, du matériel d'échographie obstétricale ou de la layette; mais il y a une chose que les femmes ne trouveront pas: la possibilité d'avorter.

Les "centres de crise de la grossesse", ainsi qu'ils se présentent, ont été au coeur d'un débat sensible mardi devant la Cour suprême américaine, saisie par des groupes chrétiens et conservateurs. 

Le litige concerne une loi californienne qui impose à ces organismes privés, opposés à l'avortement, d'informer leurs clientes enceintes qu'elles peuvent bénéficier d'une IVG ou d'une contraception gratuites ou à bas prix dans d'autres centres, subventionnés par l'Etat.

Le texte oblige ces lieux d'accueil à informer clairement leur clientèle s'ils sont habilités à l'exercice de la médecine. 

Les militants "Pro Life", c'est-à-dire opposés au droit à l'interruption volontaire de grossesse, considèrent que cette loi de 2015, d'inspiration démocrate, viole leur liberté de conscience, protégée par le premier amendement de la Constitution. 

"Le +droit fondamental+ à l'avortement est (devenu) plus fondamental que le droit fondamental à la liberté d'expression", ont dénoncé dans un argumentaire les avocats "pro life" de l'organisation Liberty Counsel.

"Pourtant le premier a été estimé fondamental il y a 45 ans et le second est établi constitutionnellement depuis 227 ans", ont-ils ajouté, en référence à l'arrêt Roe v. Wade, qui a légalisé l'avortement en 1973 dans tous les Etats-Unis, et au Bill of Rights de 1791. 

- Tactiques 'trompeuses' -

Rien qu'en Californie, il existe plusieurs centaines de "centres de crise de la grossesse", animés par des chrétiens conservateurs.

Sous le prétexte d'assister et de conseiller des femmes qui ne souhaitaient pas tomber enceintes, ils tentent en fait de les convaincre à tout prix de ne pas avorter.

Parfois qualifiés de "fausses cliniques", ces centres sont notamment accusés de faire croire aux femmes qu'elles pourront bénéficier de diverses options médicales, y compris d'une IVG.

"Ces faux centres de santé féminine ne peuvent fonctionner sans recourir au mensonge et à la duperie afin d'attirer les femmes", a commenté sur le parvis de la cour Ilyse Hogue, présidente de NARAL, organisation qui lutte contre les restrictions au droit à l'avortement.

Lors des débats mardi, plusieurs magistrats de la majorité conservatrice de la haute instance ont dit douter de la constitutionnalité de la loi californienne.

"Si vous souhaitez informer de ses droits une certaine catégorie de la population, c'est plutôt étrange de forcer un intervenant privé à le faire", a estimé Neil Gorsuch, un juge nommé par Donald Trump.

Le progressiste Stephen Breyer a lui rappelé que certains Etats républicains exigeaient des médecins qu'ils informent les femmes souhaitant avorter qu'elles pouvaient mener leur grossesse à terme et confier leur enfant à l'adoption.

"Dans ce cas pourquoi un Etat pro choix (favorable au droit à l'avortement, NDLR) ne pourrait-il pas exiger d'un médecin ou d'un centre qu'ils informent le public sur l'avortement ?", a-t-il interrogé.

- Offensive anti-avortement -

La décision que prendront les neuf sages de la haute cour aura probablement des répercussions au-delà des frontières de la Californie, tandis que le pays connaît une poussée anti-avortement depuis que Donald Trump est à la Maison Blanche. 

Dernier exemple en date, le gouverneur républicain de l'Etat du Mississippi, Phil Bryant, a promulgué lundi une loi très restrictive prohibant l'avortement au-delà de 15 semaines de grossesse, y compris en cas de viol ou d'inceste.

"Les neuf juges (de la Cour suprême) vont prendre une décision très importante pour tous les Américains, et pas seulement les femmes", a souligné mardi Xavier Becerra, le procureur général de la Californie.

La Cour suprême rendra son jugement dans ce dossier avant fin juin.

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11 commentaires - IVG contre conscience religieuse, éternel combat en Amérique
  • On oblige pas les croyants à avorter alors pourquoi veulent-ils interdire aux autres la liberté d'avorter.
    Ce n'est pas leur problème, c'est le problème de la personne et de sa conscience pas des autres.

  • chacun et surtout chacunes devraient avoir le droit de choisir selon sa conscience et son histoire aucune morale religieuse quel qu'elle soit ne devrait imposer par la force la culpabilité la stigmatisation ses dogmes et préceptes qu'elle voudrait ériger en vérité universelle. Au nom de la religion certain fanatiques se croient investis d'une mission qui est de convertir plus ou moins de force les autres a leurs certitudes et convictions, nous nous devons de tolerer les diverses croyances mais les croyants se doivent aussi de tolerer les non croyants

  • avant d'arriver à l'ivg il y a la contraception... ou alors l'abstinence

  • je soutiens ces citoyens un peu moins suivistes et hédonistes que beaucoup de français ! L'IVG est une tolérance acceptable dans des cas extrêmes (loi Veil initiale) et non un moyen contraceptif ! Si certains sont pour le suicide des sociétés aisées c'est leur problème ! Mais tous ne sont pas d'accord et croient en l'avenir !

    Très bonne intervention Humanisme

    avatar
    Dame-Hermeline  (privé) -

    Quel degré de stupidité faut-il atteindre pour s'imaginer qu'une femme va se faire avorter comme elle prendrait la pilule...? Pourquoi pas pour le plaisir, tant qu'on y est ? Levez-vous : vous êtes assis sur votre cerveau, c'est mauvais pour son irrigation.

  • bravo à ce mouvement de fond qui ne s'arrêtera pas aux seuls USA.
    le premier des droits de l'homme c'est de vivre. D'un côté avortement massif jusqu'à 9 mois de l'autre PMA GPA tripatouillage d'embryons congelés ( abomination de l'abomination) et in fine la sédation finale. un progrès pour la femme pour l'homme pour l'enfant??? et la destruction de la famille du mariage qui protège quelle folie.

    Entièrement d’accord avec vous Odon