Italie : la Lombardie met en avant sa richesse pour obtenir plus de vaccins

Italie : la Lombardie met en avant sa richesse pour obtenir plus de vaccins
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, publié le mardi 19 janvier 2021 à 13h37

"En Italie, la santé est un bien public fondamental, garanti par la Constitution, pas un privilège pour ceux qui ont plus", a immédiatement tranché le ministre de la Santé italien.

Les autorités de la région de Lombardie -poumon industriel de l'Italie- ont provoqué un tollé mardi 19 janvier dans le pays, en proposant l'idée de distribuer les doses de vaccins anti-Covid-19 en fonction de la richesse produite par un territoire.

Letizia Moratti, "ministre" de la Santé de Lombardie et vice-présidente de cette région tenue par la droite et l'extrême droite, a demandé au gouvernement l'introduction de quatre paramètres dans les critères de distribution des vaccins. Outre la densité de la population, elle demande la prise en compte de la mobilité, de l'impact de l'épidémie de nouveau coronavirus, et du Produit intérieur brut. Or la Lombardie remplit tous les critères.

Elle a la plus forte concentration démographique de l'Italie, la mobilité internationale y est la plus importante du fait de la présence de nombreuses usines et sièges d'entreprises, elle est la région la plus touchée par la pandémie (le tiers des 82.000 décès y a été recensé) mais aussi la plus riche (elle pèse environ un quart du PIB italien).


Dans une lettre au responsable du programme de vaccination italien, dont la presse a publié des extraits, Letizia Moratti justifie "une accélération de la distribution des vaccins dans une région à forte densité d'habitants et d'entreprises, et qui constitue un des principaux moteurs économiques du pays".

"Il ne s'agit pas de donner davantage de vaccins aux régions les plus riches (...) mais en aidant la reprise de la Lombardie, on contribue automatiquement à la reprise de tout le pays", a-t-elle ajouté.

Le ministre de la Santé italien a immédiatement rejeté la proposition. "Tout le monde a le droit au vaccin, indépendamment de la richesse du territoire sur lequel il vit. En Italie, la santé est un bien public fondamental, garanti par la Constitution. Pas un privilège pour ceux qui ont plus", a réagi Roberto Speranza. "J'espère qu'il s'agit d'une 'fake news'", a commenté pour sa part l'ex-ministre de la Santé Beatrice Lorenzin.

L'association des consommateurs ADUC rappelle l'avertissement lancé lundi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), assurant que le monde ferait face à un "échec moral catastrophique" en cas de distribution inégale du vaccin. "Le jour même où le directeur de l'OMS a lancé un appel pour éviter que les pays riches accaparent des vaccins au détriment des pays pauvres (...) Letizia Moratti demande que les vaccins soient distribués en fonction du PIB de la région, donc plus tu as de l'argent, plus tu peux obtenir de vaccins", dénonce l'ADUC dans un communiqué.

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