Italie : Berlusconi ouvre la voie à un gouvernement antisystème

Italie : Berlusconi ouvre la voie à un gouvernement antisystème
Matteo Salvini (à gauche), chef de la Ligue, et Luigi Di Maio, à la tête du Mouvement 5 Etoiles, discutent pour former un gouvernement.

leparisien.fr, publié le jeudi 10 mai 2018 à 12h38

Depuis deux mois, l'Italie cherche à constituer un gouvernement majoritaire.

Un gouvernement populiste pourrait prendre forme en Italie. Depuis les élections du 4 mars, le pays se cherche une majorité gouvernementale. Mais les discussions s'accélèrent depuis mercredi.

La Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 Etoiles (M5S) poursuivent ce jeudi leurs discussions pour tenter de former ce qui serait le premier gouvernement antisystème en Italie et en Europe. Silvio Berlusconi, le milliardaire qui a dirigé la droite italienne pendant 25 ans, a ouvert la voie à la formation d'un tel gouvernement en donnant mercredi soir son feu vert à un accord entre son allié, la Ligue, et le M5S.

A quelques heures d'un gouvernement technique

Dans un communiqué, Silvio Berlusconi a répété que les élus de son parti Forza Italia (FI) ne voteraient jamais la confiance à un gouvernement du M5S, jugeant qu'il n'a « pas la maturité politique pour assumer cette responsabilité. Si une autre force politique de la coalition de droite veut assumer la responsabilité de former un gouvernement avec les 5 étoiles, nous prendrons acte de ce choix avec respect », a-t-il ajouté.

La Ligue et le M5S, qui disposent de la majorité au Parlement depuis les élections législatives du 4 mars, doivent cependant encore s'entendre sur un chef de gouvernement et sur un programme commun.

Après plus de deux mois de discussions, le président italien Sergio Mattarella avait prévu d'annoncer mercredi après-midi le nom d'une personnalité qui serait chargée de diriger un gouvernement technique avant de nouvelles élections. Mais la Ligue et le M5S, fermement opposés à un gouvernement technique, ont demandé un délai.

Trouver un accord de gouvernement

« Nous allons nous asseoir autour d'une table et nous allons commencer à parler des thèmes pour le pays. Ensuite nous parlerons des noms », a déclaré Luigi Di Maio, chef de file du M5S. « Soit on conclut, soit on retourne voter », a pour sa part estimé Matteo Salvini, patron de la Ligue. Ensemble, Ligue et M5S ont une majorité de sept voix au Sénat et de 32 voix à la Chambre des députés. Ils pourraient bénéficier au coup par coup du soutien actif ou au moins d'une abstention des partenaires de la coalition de droite, dont Forza Italia.

Depuis deux mois, Silvio Berlusconi apparaissait comme le principal obstacle à ce dialogue. Pour Luigi Di Maio, il était le symbole de tous les maux de l'Italie et donc infréquentable ; pour Matteo Salvini, il restait au contraire un allié précieux qu'il a toujours refusé de lâcher. Pour Salvini, la victoire est totale puisque son vieil allié assure qu'un tel choix « ne marquera pas la fin de l'alliance » entre FI et la Ligue, en particulier dans les régions qu'ils dirigent ensemble, dans le nord de l'Italie.

Les divergences semblent en tout cas importantes entre la Ligue et le M5S. La Ligue, formation nationaliste proche du Front national français, a fait le plein des voix dans le Nord sur la promesse de baisses massives d'impôts. Le M5S, plus ambivalent sur l'Union européenne et plébiscité par le Sud, a promis un revenu de citoyenneté. Mais outre l'ambition de leurs jeunes dirigeants, les deux partis ont en commun un rejet des forces politiques traditionnelles et des promesses voisines en matière de retraites, de lutte contre l'immigration ou de moralisation de la vie politique.

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