Israël rouvre un passage vital vers Gaza après des semaines de tensions

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Un camion chargé de marchandises au point de passage de Kerem Shalom entre Israël et la bande de Gaza le 15 août 2018
Un camion chargé de marchandises au point de passage de Kerem Shalom entre Israël et la bande de Gaza le 15 août 2018
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© AFP, SAID KHATIB

AFP, publié le mercredi 15 août 2018 à 21h01

Israël a rouvert mercredi un point de passage vital pour les marchandises vers Gaza, signe d'apaisement provisoire coïncidant avec les efforts diplomatiques pour empêcher une nouvelle guerre dans l'enclave palestinienne sous blocus.

Un responsable israélien a indiqué sous couvert d'anonymat après une réunion du cabinet de sécurité qu'Israël avait accepté de rouvrir le point de passage de Kerem Shalom après un retour au calme grâce à l'entremise de l'ONU et du voisin égyptien, et à la suite d'un certain nombre de "points d'entente" avec le mouvement islamiste palestinien Hamas qui gouverne Gaza.

Des centaines de camions se sont pressés à nouveau au terminal, seul point de passage pour les biens entre Israël et l'enclave où deux millions de personnes se débattent avec les blocus israélien et égyptien, la pauvreté et les pénuries.

Les camions ont délivré les marchandises essentielles à la survie économique de l'enclave, mais aussi le carburant indispensable pour faire fonctionner les générateurs des hôpitaux ou des installations d'assainissement confrontés aux privations d'électricité.

Israël avait fermé ce cordon vital le 9 juillet à tout autre transit qu'"humanitaire" (aliments, médicaments, équipements médicaux) en représailles aux "actes hostiles" en provenance de Gaza, notamment l'envoi de cerfs-volants incendiaires qui ont mis le feu à des milliers d'hectares de terres israéliennes.

Le 17 juillet, il avait aussi suspendu les livraisons de combustible et de gaz.

La bande de Gaza n'a d'autre frontière qu'avec l'Egypte. Elle est fermée quasiment en permanence depuis des années mais si elle a rouvert récemment, le volume de marchandises souffre de la comparaison avec Kerem Shalom (Karm Abou Salem en arabe).

Or les abords de la barrière séparant Gaza d'Israël sont le théâtre depuis le 30 mars de violences qui font craindre une quatrième guerre depuis 2008. Le secteur a ainsi vécu au rythme des manifestations contre le blocus et des heurts avec les soldats israéliens postés à la barrière. Au moins 169 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens et un soldat israélien a été tué le 20 juillet, pour la première fois depuis 2014. 

- Lieberman met en garde -

Depuis juillet, l'enclave palestinienne et ses pourtours israéliens ont connu trois accès de violences entre l'armée et les groupes armés palestiniens.

Le 9 août, l'aviation israélienne a riposté à un barrage de tirs de roquettes et d'obus en frappant plus de 150 "sites militaires" du Hamas à Gaza. Une fragile trêve a été instaurée le soir même par l'intermédiaire de l'Egypte et l'ONU, selon une source proche des négociations.

Tout en bandant les muscles, le Hamas et le gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu se sont cependant employés à éviter une nouvelle guerre.

Après le violences du 9 août et de nouveaux heurts le lendemain près de la barrière, "les quatre derniers jours ont été les plus calmes sur la frontière de Gaza depuis le 30 mars", a dit le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman pour justifier la réouverture de Kerem Shalom.

Mais "si le Hamas recourt à nouveau à la violence, nous riposterons immédiatement et de manière bien plus vigoureuse", a-t-il prévenu. 

Israël a en outre décidé de ramener à neuf milles nautiques la zone de pêche au large des côtes gazaouies en Méditerranée.

- "Réconciliation"? -

Sur le plan diplomatique, l'ONU et l'Egypte poursuivent leurs bons offices pour éloigner les uns et les autres de ce que l'envoyé spécial onusien Nickolay Mladenov a appelé "le bord du gouffre" et oeuvrer à un cessez-le-feu durable.

Les représentants du Hamas et d'autres factions à Gaza ont été appelés au Caire à cette fin ces derniers jours, selon une source du mouvement palestinien.

Cependant, "il n'y aura pas d'accord réel avec le Hamas sans le retour de nos fils et de nos citoyens et l'assurance du calme pour une longue période", a dit le responsable israélien s'exprimant après le cabinet de sécurité.

Les dépouilles de deux soldats israéliens tués pendant la guerre de 2014 seraient aux mains du Hamas. Par ailleurs, deux civils israéliens, tous deux déclarés mentalement instables, sont présumés vivants et captifs à Gaza.

L'issue de l'entreprise diplomatique reste incertaine, compte tenu des exigences des deux camps et de leurs contraintes respectives.

Un écueil de taille consiste dans le rôle qui serait imparti à l'Autorité palestinienne --internationalement reconnue à la différence du Hamas mais évincée de Gaza--, et donc dans la réconciliation entre frères ennemis palestiniens.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a affirmé mercredi soir lors d'une réunion de l'Organisation de libération de la Palestinien (OLP) à Ramallah en Cisjordanie que "le Hamas n'avait pas de volonté réelle de réconciliation". "Nous n'accepterons pas moins qu'une réconciliation totale".  

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