Israël : Netanyahu et Gantz discutent d'un gouvernement d'union

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Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu (G) et son principal rival Benny Gantz (D), avec au centre le président Reuven Rivlin, à Jérusalem le 19 septembre 2019
Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu (G) et son principal rival Benny Gantz (D), avec au centre le président Reuven Rivlin, à Jérusalem le 19 septembre 2019
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© AFP, YONATAN SINDEL

AFP, publié le lundi 23 septembre 2019 à 22h15

Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu et son principal rival Benny Gantz se sont entendus lundi soir pour discuter de la formation d'un éventuel gouvernement d'union après des législatives qui n'ont pas réussi à les départager.

Ni M. Netanyahu, à la tête du parti de droite Likoud, ni Benny Gantz, à la tête du parti centriste Kahol Lavan ("Bleu-blanc"), ne sont en mesure de réunir 61 députés, la majorité absolue au Parlement. 

Dans ce scénario, il revient au président israélien Reuven Rivlin de choisir un élu qui aura pour mission de tenter de former le prochain gouvernement. Il prend cette décision après des consultations avec les députés. 

Le président Rivlin a plaidé encore lundi pour la formation d'un "gouvernement d'union", et mené des discussions conjointes en soirée avec MM. Netanyahu et Gantz à sa résidence de Jérusalem. 

"La responsabilité de former un gouvernement vous incombe. La population s'attend à ce que vous trouviez une solution (...) même si vous devez en payer le prix d'un point de vue personnel ou idéologique", a déclaré le président à l'issue de cette rencontre à trois.

Les deux rivaux ont ensuite discuté brièvement ensemble et se sont entendus pour poursuivre les discussions mardi et mercredi, via leur émissaire respectif.

MM. Netanyahu et Gantz "ont discuté des moyens de faire avancer l'unité d'Israël et ont convenu que les chefs des négociateurs des deux partis se rencontreront demain", selon un communiqué conjoint.

Les négociateurs en chef des deux partis, Yariv Levin pour le Likoud et Yoram Turbowitz pour la liste "bleu-blanc", doivent se rencontrer dès mardi. 

Benjamin Netanyahu et Benny Gantz, qui revendiquent chacun le poste de chef du prochain gouvernement, doivent ensuite retourner mercredi soir à la résidence du président pour faire le point sur l'état de ces négociations de coulisses. 

Le président pourrait alors désigner celui qui aura le mandat de former le prochain gouvernement et ainsi suspendre le règne de Benjamin Netanyahu, plus pérenne des Premiers ministres de l'histoire d'Israël avec plus de 13 ans au pouvoir, dont la dernière décennie sans discontinuer.

- Mission difficile -

Soupçonné de "corruption", "d'abus de confiance" et de "malversations", M. Netanyahu doit être auditionné par la justice début octobre et joue sa survie politique dans ces tractations.

Il cherche à obtenir une immunité du Parlement au cas où il serait inculpé, mais cette immunité pourrait être plus difficile à obtenir s'il ne dirige pas le prochain gouvernement.


Mais face à lui se dresse aussi la "Liste unie" des partis arabes. Arrivée en troisième position aux législatives du 17 septembre avec 13 sièges, cette liste a recommandé le centriste Benny Gantz pour le poste de prochain Premier ministre afin de barrer la route à M. Netanyahu.

Les partis arabes accusent entre autres M. Netanyahu d'avoir mené une politique discriminatoire envers la minorité arabe israélienne, qui représente 20% des neuf millions d'habitants du pays.

Mais trois représentants de la liste ont annoncé lundi qu'ils ne soutenaient pas cette recommandation.

De son coté, Avigdor Lieberman, chef de la formation nationaliste laïque Israël Beitenou, considéré comme un "faiseur de roi" potentiel après avoir remporté 8 sièges, a confirmé qu'il ne recommanderait ni Benjamin Netanyahu ni Benny Gantz.

"Nous ne ferons pas partie du bloc avec les haredim (juifs ultra-orthodoxes) et les messianistes. Nous ne recommanderons pas Netanyahu au président pour cette raison", a déclaré M. Lieberman.

- Top chrono -

Et "nous ne pouvons pas recommander Benny Gantz qui envisage un gouvernement soutenu par la liste arabe", a ajouté l'ancien ministre de la Défense. "Les haredim sont nos adversaires politiques, mais les Arabes sont nos ennemis".

Le président Rivlin, dont la fonction est quasi symbolique, jouera un rôle politique clé en désignant celui qui sera chargé de former le gouvernement, à moins que MM. Netanyahu et Gantz lui proposent un accord de partage jugé satisfaisant.

Celui qui héritera de la tâche former le gouvernement disposera alors de 28 jours, avec une possible prolongation de deux semaines.

Si toutes les tentatives échouent, Reuven Rivlin pourra décider d'attribuer la tâche à quelqu'un d'autre.

En avril, des législatives s'étaient déjà terminées sans vainqueur et M. Netanyahu n'avait pas été en mesure de former une coalition, conduisant à l'organisation d'un nouveau scrutin le 17 septembre.

Le président Rivlin a promis de tout faire pour éviter un troisième scrutin. 

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