Israël lance des raids aériens contre Gaza en riposte à des tirs de roquettes

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Les dégâts provoqués par un raid aérien israélien, le 17 octobre 2018 à Rafah, dans la bande de Gaza
Les dégâts provoqués par un raid aérien israélien, le 17 octobre 2018 à Rafah, dans la bande de Gaza
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© AFP, SAID KHATIB

AFP, publié le mercredi 17 octobre 2018 à 18h36

L'aviation israélienne a mené mercredi une série de raids contre le Hamas à Gaza, en réponse aux premiers tirs de roquettes depuis des semaines en provenance de l'enclave palestinienne, sur fond de tensions grandissantes.

Ces hostilités ont fait un mort et trois blessés. Elles ravivent les craintes d'une nouvelle confrontation entre Israël et les groupes armés à Gaza, qui se sont livré trois guerres depuis 2008, et font redouter l'échec des efforts diplomatiques de l'ONU et de l'Egypte. 

L'ONU et l'Union européenne ont condamné les tirs de roquettes et appelé à la "désescalade". 

Le Hamas, mouvement islamiste palestinien qui dirige la bande de Gaza, et son principal allié, le Jihad islamique, ont nié toute implication dans les tirs de roquettes, laissant entendre que des éléments incontrôlés seraient responsables. 

Israël a redit tenir le Hamas pour responsable de tout ce qui se passe dans l'enclave palestinienne sous blocus, le Premier ministre Benjamin Netanyahu prévenant qu'Israël ferait cesser ces agissements s'ils ne s'arrêtaient pas. 

Le calme est revenu dans la journée après les frappes israéliennes.

- Passages fermés -

Dans la nuit, une roquette de moyenne portée tirée de Gaza a atteint Beersheva (sud d'Israël) et une autre est retombée au large de l'agglomération de Tel-Aviv (centre), dans les deux cas à des dizaines de kilomètres de distance.

A Beersheva, une mère de famille, dont la maison a essuyé de gros dégâts, a sauvé la vie à ses trois enfants en les réveillant pour se précipiter vers un abri, a dit l'armée.

Israël a riposté. Ses avions et probablement ses drones ont frappé une vingtaine d'objectifs militaires, parmi lesquels un tunnel et une fabrique d'armes, selon l'armée.

Cette dernière a aussi diffusé une vidéo montrant un groupe d'hommes semblant préparer le lancement d'une roquette puis l'un d'eux disparaître dans une déflagration, probablement une frappe israélienne ciblée.

C'est vraisemblablement le même homme, Naji al-Zaanen, 25 ans, dont les autorités gazaouies ont annoncé la mort.

Israël a fermé pour une durée non précisée ses deux points de passage avec la bande de Gaza, renforçant davantage l'enfermement du territoire qui ne dispose que d'une autre voie de sortie, vers l'Egypte.  

Il a aussi réduit de six à trois milles nautiques la zone de pêche au-delà de laquelle les pêcheurs gazaouis sont interdits et s'exposent aux tirs de la marine israélienne.

Dans un communiqué conjoint avec des groupes armés alliés, le Hamas a condamné les tirs de roquettes et rejeté "toutes les tentatives irresponsables" qui viseraient à affaiblir les efforts en vue d'une trêve pérenne.

"Le Hamas porte l'entière responsabilité", a répondu un porte-parole de l'armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. De tous les groupes armés présents à Gaza, seuls le Hamas et le Jihad disposent de roquettes comme celles lancées la nuit, a-t-il dit, sans catégoriquement exclure l'intervention d'éléments incontrôlés au sein du Hamas.

- "Conséquences terribles" -

L'autorité du Hamas a aussi été contestée par le passé par des groupes salafistes.

Après ces violences, M. Netanyahu a réuni ses responsables de sécurité et son ministre de la Défense, Avigdor Lieberman.

"Si ces attaques ne cessent pas, nous les ferons cesser", a-t-il prévenu, "Israël agira de manière très vigoureuse".

Dans le même temps, une nouvelle médiation égyptienne est en cours, mais certains responsables israéliens et gazaouis ont fait assaut d'intransigeance. 

Le Hamas veut voir lever le blocus israélien qui étouffe depuis plus de 10 ans la bande de Gaza, minée par les guerres, la pauvreté, les pénuries et le chômage. Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir le Hamas, son ennemi.

M. Lieberman dit ne pas croire un arrangement possible.

Israël et le Hamas observent un cessez-le-feu régulièrement remis en cause depuis le dernier conflit en 2014.

Depuis le 30 mars, plusieurs milliers de Gazaouis manifestent régulièrement le long de la clôture qui les sépare d'Israël, donnant lieu à des heurts avec les soldats israéliens postés de l'autre côté. L'armée israélienne et les groupes palestiniens ont échangé à plusieurs reprises des tirs de roquettes, d'obus et de missiles.

Au moins 207 Palestiniens ont été tués depuis cette date. Un soldat israélien a trouvé la mort.

L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov, a qualifié les tirs de roquettes de "dangereuse escalade" et "provocation". Il a réclamé une "désescalade" sous 48 heures pour permettre de poursuivre l'effort de trêve. "Sinon, les conséquences seront terribles pour tout le monde", a-t-il dit devant le président israélien Reuven Rivlin.

L'Union européenne a elle dénoncé une attaque "inacceptable" contre les civils tandis que la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a averti qu'elle "n'hésiterait pas à prendre les mesures qui s'imposent" dans le cadre de son mandat.

"Je suis particulièrement préoccupée par la poursuite des violences, perpétrées par les acteurs des deux camps", a dit Mme Bensouda dans un communiqué.

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